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Entretien avec... Mehdi Lacen : « 40 % de chances que l’OL élimine Barcelone »

01/03/2009 - 16 h 19 -

Mehdi Lacen suit un parcours atypique, au gré des circonstances qui l’ont finalement amené en Espagne en 2005. Méconnu en France, où il n’a jamais joué au sein de l’élite, il explose cette saison avec le Racing Santander. Titulaire quasi indiscutable de l’équipe, il s’affirme comme un excellent milieu défensif, à qui le club de Laval n’avait pas donné sa chance. Pour FootMercato, le joueur de 24 ans nous parle de sa saison avec Santander, de sa concurrence avec Peter Luccin qu’il a relégué sur le banc de touche, et évoque la grande tâche qui attend l’OL au Nou Camp dans une semaine et demie, lui qui avait réussi à faire match nul dans l’antre barcelonaise.



FootMercato : Comment se passe votre saison au Racing Santander ?

Mehdi Lacen : Bien. Au classement, on est plus ou moins tranquille. On avait l’espoir de lutter pour la Coupe de l’UEFA cette saison comme l’an dernier. Mais je pense que ça va être dur. Là, on a trois matches importants qui viennent. Il faudra obtenir des résultats positifs pour ne pas jouer le maintien dans les dernières journées.

FM : L’objectif reste donc une qualification européenne ?

ML : Oui, mais on a vu dernièrement que nos résultats n’étaient pas bons. L’objectif est difficile à atteindre. Si on prend 9 points lors des trois prochaines journées, on peut encore l’envisager. Mais pour le moment, on le met entre parenthèses.

FM : Personnellement, vous vous épanouissez à Santander ?

ML : Oui. Ça se passe bien. Je joue souvent. Je ne peux être que content. Pour une première saison en D1 avec Santander, je joue pratiquement tous les matches.



« On s’entend vraiment bien avec Peter »

FM : Vous attendiez-vous à être propulsé titulaire d’autant plus que le club a recruté Peter Luccin ?

ML : Quand j’ai signé, Santander n’avait aucun milieu défensif. Donc je savais que j’avais plus ou moins de chance de jouer. Et au 31 août, ils ont fait signer Peter. Là je me suis dit que ça allait être plus difficile. En fin de compte, certaines circonstances ont joué en ma faveur. Le coach m’a sorti pendant deux matches et l’équipe a perdu les deux rencontres. Peter a ensuite été suspendu donc j’ai joué. Et on a gagné 4-2 à Valence. On a fait une super série de résultats à partir de ce match-là et il ne m’a plus sorti de l’équipe. Mais bon, ça peut aller vite. Il suffit que j’enchaîne quelques mauvais matches et Peter sera là derrière pour prendre la place, c’est normal.

FM : La concurrence est saine entre Peter et vous ?

ML : Oui. C’est dommage d’ailleurs qu’il y ait de la concurrence entre nous, car on s’entend vraiment bien, mis à part le fait qu’on soit français. J’ai déjà eu d’autres Français avec moi dans d’autres clubs et cela ne s’est jamais aussi bien passé. C’est un peu chiant quand arrive le week-end et qu’un seul de nous deux doit jouer. On n’a disputé que 3 rencontres ensemble. C’est l’entraîneur qui décide.

FM : Parlez-nous des étapes importantes de votre carrière.

ML : La première étape importante, c’est quand je n’ai pas signé mon premier contrat pro avec Laval. Je ne me souviens plus de la date. Bref, ils ne m’ont pas fait signer pro. Ils me laissent libre. J’ai la chance que le directeur du centre de formation de l’époque s’entende super bien avec l’entraîneur de Valence (NDLR : le club français). Il me trouve un essai là-bas. On était en mi-août et j’étais avec l’UNFP, au chômage. On m’avait conseillé de ne pas y aller, car le club avait de gros problèmes financiers et n’était pas sûr de repartir. J’y suis allé quand même et l’essai s’est bien passé. J’ai finalement signé mon premier contrat pro là-bas. On a fait une super année et on est monté en Ligue 2. Malheureusement, cela a été refusé à cause des problèmes d’argent du club. À partir de là, je connaissais un agent qui a réussi à m’ouvrir les portes du championnat espagnol sans faire d’essai. Je suis donc passé du National en France à la Liga avec Alaves. J’ai vraiment eu la chance de connaître les bonnes personnes au bon moment. Aujourd’hui,sans ça, je serai en train de faire autre chose que du foot.



« J’aimerais bien revenir en France »

FM : Comment vous êtes-vous retrouvés à Santander après trois ans à Alaves ?

ML : J’ai fait une bonne saison à Alaves en seconde division l’année dernière. Et l’actuel coach de Santander (NDLR : Juan Lopez Muñiz) vient lui de Malaga, qui était aussi en D2 et qu’il a fait monter. Donc il m’avait vu jouer l’an dernier. Je savais que Duscher devait partir à Séville, donc une fois qu’il était parti, j’avais une chance de signer ici. Le 10 août, Duscher est parti, le 15 je suis arrivé.

FM : Êtes-vous parti pour passer toute votre carrière en Espagne ?

ML : Honnêtement, je ne sais pas du tout. À terme, j’aimerais bien revenir en France. Je ne sais vraiment pas ce qui peut se passer. Le championnat espagnol est bon, la vie est agréable ici. Le jour où je rentrerais, c’est pour avoir quelque chose en plus de ce que j’ai ici. Je ne veux pas rentrer à reculons. J’espère honnêtement que j’arriverais à jouer en France, car j’en ai envie. Si je ne peux pas, ce n’est pas non plus très grave. Je me plais ici.

FM : Avez-vous envie de revenir en Ligue 1 pour montrer que vous en avez largement le niveau ?

ML : Non, ce n’est pas forcément un désir de revanche. Je ne veux pas revenir uniquement pour montrer que j’ai le niveau. Si je joue en Liga, je pense pouvoir jouer en Ligue 1. Je ne dis pas que je peux jouer à Bordeaux ou à Lyon.



« Un rêve de jouer au Parc des Princes »

FM : Revenir au Parc des Princes pour la Coupe UEFA a dû vous faire plaisir, vous qui êtes de la région.

ML : Ça a toujours été mon rêve de jouer au Parc des Princes. Je l’ai réalisé en venant jouer en plus un match de Coupe d’Europe. Je suis un supporter du PSG, j’allais très souvent au stade avec mes parents pour soutenir le PSG.

FM : Le fait d’être méconnu en France ne vous embête pas ?

ML : Non, même en Espagne, je ne suis pas à la recherche de cela. Je sais qu’en France je ne suis pas connu, c’est normal. Je n’ai fait qu’une saison en National avec Laval et quelques matches en Ligue 2 avec Laval. Si je reviens en France, ce n’est pas pour me faire connaître.

FM : Avez-vous eu des contacts avec des clubs français depuis votre séjour en Espagne ?

ML : Je n’ai jamais eu de contact direct. La première année à Alaves, quand le club était encore en Liga, mon agent m’avait parlé d’un intérêt de Sochaux, mais je n’en savais pas grand-chose. Il n’y a eu que cela. En même temps, c’est un peu logique. J’ai passé deux saisons difficiles à jouer le maintien en seconde division donc ça n’intéresse pas tellement les clubs français. J’aurais signé mon contrat pro à Laval, cela aurait été peut-être différent.



« Contre le Barça, on n’avait fait que défendre »

FM : Santander a fait match nul en début de saison au Camp Nou face à Barcelone. Comment aviez-vous fait ?

ML : On avait couru, couru, couru (rires). Bon, il faut dire que ce n’était que la deuxième journée de championnat donc le Barça n’était pas encore rôdé. Honnêtement, on n’avait fait que défendre. On avait eu une ou deux occasions. On avait eu la chance que notre gardien fasse un match exceptionnel. Il avait sorti des arrêts incroyables. Quand on joue contre le Barça, on défend 70 % du temps. La différence entre Lyon et nous, c’est que Lyon a la qualité pour mieux ressortir les ballons et à développer un bon jeu de contre-attaque.

FM : Quels conseils pourriez-vous donner à l’OL ?

ML : Au match aller, ils les ont bien gênés. Une des solutions est de les presser, mais ils ne jetteront jamais le ballon. Et le problème de ce pressing-là, c’est que s’il est mal fait, ils sont tellement bons techniquement qu’ils s’en sortent facilement. Il faut que le pressing soit parfait. Quelqu’un en retard, quelqu’un qui se loupe, ça peut faire but. Malheureusement, il n’y a pas de solutions miracles. Je n’en ai pas trouvé. Au match retour, on avait bien résisté. On gagnait 1-0 jusqu’à la 60e minute et on perd 2-1. Messi rentre et met deux buts... Le match là-bas va être costaud, il va falloir courir derrière le ballon.

FM : A combien estimez-vous les chances lyonnaises ?

ML : J’aimerais bien que Lyon passe. À chaque fois, ils ne passent jamais les quarts de finale. Franchement, je pense qu’ils vont se faire éliminer. Allez, je dirais 60-40 en faveur du Barça.

FM : Mis à part Messi, quel joueur vous a impressionné en Liga ?

ML : Il y a beaucoup de très bons joueurs en Espagne. Dernièrement, celui que j’ai trouvé très bon, c’est Giuseppe Rossi (NDLR : le buteur de Villarreal). Il avait fait un super match contre nous.

->Aurélien Léger-Moëc

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