Uruguay-France : les notes du match

Uruguay-France : les notes du match

11/06/2010 - 22 h 58 Coupe du monde » Afrique du Sud 2010 Commentaires

Malgré Diaby, la France n'a pas su battre l'UruguayMalgré Diaby, la France n'a pas su battre l'Uruguay©Maxppp

L'équipe de France n'a pu faire mieux que match nul face à l'Uruguay ce soir (0-0). Dominateurs, les hommes de Raymond Domenech s'en voudront sans doute de n'avoir pas su marquer pour l'emporter et s'installer en tête du groupe A. Prochain rendez-vous pour les Bleus jeudi à 20h30 contre le Mexique.

La première journée de la Coupe du monde 2010 était placée sous le signe du match nul. Après le sympathique (1-1) dans l’après-midi entre l’Afrique du Sud et le Mexique, la France et l’Uruguay se sont également séparés dos à dos (0-0). Et pourtant, il y avait largement la place pour empocher les trois points face à la Celeste. Les Tricolores pourront s’en vouloir de n’avoir pu concrétiser au moins une de leurs quelques occasions, surtout après l’expulsion de Nicolas Lodeiro en fin de seconde période.

Deux explications au mutisme des Bleus. La première est évidemment la belle prestation de la défense celeste. Bien regroupée devant Fernando Muslera et menée de main de maître par Diego Lugano, elle n’a laissé que très peu d’espace à Franck Ribéry et les siens, comme cela était prévisible. La deuxième réside dans le manque de présence dans la surface de vérité uruguayenne, Nicolas Anelka délaissant trop souvent son poste de pointe pour piétiner la zone de Yoann Gourcuff, très effacé ce soir. Une animation offensive bien plus percutante en fin de match grâce à la fraîcheur des entrants.

Au rayon des satisfactions, comment passer à côté de la prestation d’Abou Diaby ? Titulaire surprise, le Gunner a été le meilleur Français ce soir sur la pelouse. À saluer également l’abattage de Jérémy Toulalan, l’invincibilité d’Hugo Lloris et sa défense et enfin l’impact de Thierry Henry, Florent Malouda (pourquoi était-il absent au coup d’envoi ?) et d’André-Pierre Gignac. Il faudra cependant faire beaucoup plus dès jeudi face au Mexique pour marquer et espérer aller plus loin dans la compétition.

L’homme du match : Diaby (6,5) : plébiscité par le public et surprise de Raymond Domenech au coup d’envoi, le protégé d’Arsène Wenger n’a pas déçu. Son impact physique lui a permis de récupérer de nombreux ballons dans l’entrejeu. Son excellente condition physique lui a ensuite permis de les bonifier, à l’image de sa chevauchée dans la défense sud-américaine (26e). Il est l’un des rares à jouer entre les lignes et a fait un bien fou aux Bleus. On en redemande.

Uruguay :

Muslera (5,5) : la France a fait le siège devant sa surface, mais au final le gardien uruguayen n’aura quasiment eu aucun gros arrêt à réaliser, hormis une énorme parade sur un coup franc de Gourcuff qui allait en pleine lucarne droite (17e). Le manque de présence offensive dans la surface des Bleus lui aura été bénéfique. À noter également une très bonne qualité de relance.

Victorino (5) : auteur d’une obstruction sur Diaby juste avant la pause, il aurait pu coûter un penalty aux siens. Souvent aidé par M. Pereira sur son côté droit pour maîtriser Ribéry, il a bien tenu son rang. Mais une fois la mi-temps passée, il a été débordé par le duo Evra-Ribéry. Combatif, il a été souvent à la limite.

Lugano (5) : avec un Anelka se positionnant très bas ou sur le côté droit, le capitaine de la Celeste n’a presque jamais été mis en danger dans l’axe. Au cœur dans une défense centrale à trois qui n’avait qu’un attaquant tricolore pour adversaire, il a été impérial de la tête. Il a toutefois eu beaucoup plus de travail en deuxième période notamment quand Henry a remplacé Anelka.

Godin (5) : pris de vitesse par Govou en tout début de match (6e), il s’en sort bien suite à l’incroyable raté du Français face au but. Moins sollicité que Victorino sur son coté gauche, l’Uruguayen a, à l’image du reste de la défense, été plus en difficulté en fin de rencontre lorsque les attaques françaises ont déferlé. Il peu toutefois remercier A. Pereira qui a fini le match en position d’arrière gauche.

M. Pereira (4) : moins offensif que son homonyme, il a surtout permis à sa défense de neutraliser durant une bonne partie du match Franck Ribéry. Mais s’il a tenu, les dernières minutes ont été un calvaire.

Perez (5) : très connu en France pour son jeu dur, le Monégasque s’est distingué ce soir par très peu de fautes commises malgré une opposition face a Ribéry. Si la forte domination des Bleus à partir de la seconde période l’a poussé à ressortir les tacles dont il a le secret, il s’est sacrifié avec Rios pour tenir le match nul. Remplacé par Eguren (87e).

Rios (5) : peu de ballons perdus, il a été un très bon élément complémentaire à Perez. Le milieu celeste a tenté de jouer en très peu de touches. À l’instar de ses coéquipiers, il a tout de même dû reculer très bas au fur et à mesure que le match avançait. Du coup, il y a eu beaucoup plus de déchets et plus de pertes de balles.

A. Pereira (5) : très gênant avec ses accélérations sur le coté gauche, il a tenté de se montrer plus offensif en combinant avec Forlan. Mais il a fini en position de latéral pour faire face au pressing tricolore.

Gonzalez (4) : souvent par terre, il a perdu un grand nombre de ballons. Ce qui a eu le don d’énerver Forlan au plus haut point puisque sa lenteur a avorté pas mal de contres, la seule arme uruguayenne pour contrecarrer la domination française. Remplacé par Lodeiro (62e) qui a été expulsé suite à un énorme tacle sur Sagna (81e).

Forlan (5,5) : s’il a joué à Monsieur talonnades en début de match, le Colchonero a été l’atout offensif numéro de son équipe. Vif, technique, il est venu chercher le ballon très bas. Performant grâce à une bonne conservation de balle, il s’est mis en valeur dès le quart d’heure de jeu suite à un crochet extérieur enchaîné avec une frappe enroulée du droit bien stoppée par Lloris (15e). Plus actif que Suarez, il a beaucoup tenté comme une frappe du gauche dévissée (51e) et un coup franc direct sur Lloris (63e).

Suarez (3) : discret, le meilleur buteur européen n’a quasiment rien fait dans ce match. Souvent mis en position de hors jeu, il s’est beaucoup plaint à l’arbitre pour tenter d’obtenir un maximum de cartons pour nos Bleus. Remplacé par Abreu (73e), il n’a pas du tout été à la hauteur de Forlan.

France :

Lloris (5,5) : après une petite frayeur en début de match sur un rebond mal négocié, le Lyonnais s’est bien repris avec parade sur une frappe enroulée de Diego Forlan. Peu de travail par la suite hormis un coup franc du buteur de l’Atlético (64e) et une sortie aérienne (66e).

Sagna (5,5) : le Gunner a été au four et au moulin. Concentré sur son travail défensif, important du fait du penchant des Uruguayens pour le côté gauche de leur attaque, il s’est montré efficace. L’ancien Auxerrois nous a en prime gratifié de quelques montées et centres intéressants. Une belle copie.

Gallas (5) : s’il a parfois laissé un peu trop de liberté à Diego Forlan en première période, le défenseur central n’a jamais vraiment été mis en difficulté. À chaque fois qu’il a été provoqué en face à face, le Guadeloupéen n’a toutefois pas dégagé une énorme sérénité.

Abidal (5,5) : un match discret mais efficace de la part du Barcelonais. Il a collé aux basques de Luis Suarez durant toute la rencontre, si bien qu’on n’a jamais vraiment vu l’attaquant de l’Ajax Amsterdam à son avantage. Solide à l’image de son intervention décisive dans la surface (71e).

Evra (5) (cap.) : apparemment nerveux en début de rencontre, le Mancunien s’est longtemps contenté de défendre en première mi-temps avant de se libérer et de se porter un peu plus vers l’avant lors du second acte en bon capitaine, notamment après l’expulsion de Nicolas Lodeiro. Averti (12e).

Toulalan (6) : placé en milieu exclusivement défensif, il a donné sa pleine mesure. Le Gone a parfaitement muselé le meneur adverse Ignacio Gonzalez. Simple à la relance en une ou deux touches, l’ex-Nantais s’est même permis de prêter main forte à ses attaquants quand il le pouvait. Belle frappe (55e). Averti (68e).

Diaby (6,5) : voir ci-dessus

Gourcuff (4) : mis à part les coups de pied arrêtés, le talentueux Bordelais n’a eu que très peu voire aucune influence dans le jeu tricolore. Est-ce vraiment de sa faute ? Pas sûr, tant ses coéquipiers l’ont oublié alors qu’il était en position favorable... Remplacé par Florent Malouda (75e), qui s’est immédiatement mis en évidence par son envie et son jus, pour preuve sa belle frappe (79e).

Govou (4,5) : critiqué par les observateurs pour ses prestations en demi-teinte lors de la préparation, Sid a été l’un des Français les plus dangereux. Par deux fois, le Rhodanien aurait pu ouvrir le score (6e sur un centre au cordeau de Ribéry et 14e après une tête sur un corner de Gourcuff). Hélas, ses bons débuts n’ont été qu’un feu de paille et le n° 10 des Bleus s’est éteint au fil du match. Remplacé par André-Pierre Gignac (85e)

Ribéry (5) : plutôt actif sur le côté gauche, le Bavarois est l’un de détonateurs d’attaque des Bleus. S’il gêne énormément le flanc droit de la défense de la Celeste, le natif de Boulogne-sur-Mer n’a pas eu énormément de réussite dans ses choix. Beaucoup moins en vue en seconde période, car bien pris par la défense charrua. Averti (19e).

Anelka (4,5) : en première période, l’attaquant de Chelsea est retombé dans les travers entrevus lors de la préparation. À jouer trop bas, il a piétiné sur la zone de Yoann Gourcuff, mais il a également délaissé la surface de réparation. Un peu plus haut en deuxième mi-temps, l’ancien Parisien n’a pas vraiment eu de ballons intéressants à négocier. Remplacé par Thierry Henry (72e), qui a immédiatement fixé l’axe et pesé sur la défense uruguayenne.

La Rédaction FM

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