C’était le dernier de l’équipe de France en cette année 2017. Vainqueurs du Pays de Galles il y a quatre jours de manière plutôt convaincante, même si la seconde période fut plus laborieuse, les Bleus se déplaçaient cette fois-ci à Cologne pour y défier l’Allemagne. Le Champion du Monde est en confiance après une campagne de qualification brillante (10 victoires en autant de matches) et se permettait même d’envoyer une formation un peu remaniée. Trapp, Can, Süle, Plattenhardt, Draxler ou encore Werner étaient titulaires. Didier Deschamps aussi profitait de ce match de gala pour aligner quelques remplaçants habituels. Mandanda, Jallet, Digne, Rabiot, Tolisso, Martial et surtout Lacazette jouaient gros ce soir.

L’Allemagne, qui n’a plus perdu, depuis la demi-finale de l’Euro battue par la France, commençait fort dans les premières minutes avec deux situations chaudes sans conséquence. Les Bleus se reprenaient vite et affichaient un bon visage. Ils prenaient le dessus sur la Mannschaft avec une première reprise de Matuidi hors cadre (7e) puis une frappe de Lacazette depuis les 20 mètres (19e). Supérieurs dans le jeu, les Français contrôlaient la rencontre malgré la qualité technique adverse. Mbappé n’aidait pas Martial sur un magnifique contre (28e) puis manquait de peu l’ouverture du score (32e). C’est finalement Lacazette qui récompensait la bonne prestation des Bleus.

Le doublé de Lacazette et un Martial en feu n’auront pas suffi

Après une ouverture sur la gauche, Digne centrait en retrait en première intention pour Martial. Le Mancunien mystifiait Sule et servait l’attaquant d’Arsenal qui n’avait plus qu’à pousser au fond (0-1, 34e). L’Allemagne réagissait en fin de période avec une percée de Werner (38e) et une frappe contrée de Khedira (45e+1) mais c’est bien la France qui menait et faisait la meilleure impression sur la pelouse à la pause. La donne changeait au retour des vestiaires. Les hommes de Didier Deschamps reculaient et offraient des solutions à la Mannschaft. Jallet montrait de plus en plus de difficultés sur son côté ce dont profitait Draxler. Le Parisien déposait le Niçois pour offrir à Rüdiger une grosse occasion (53e).

C’est encore Jallet qui oubliait de s’aligner et permettait à Werner de remporter son duel face à Mandanda (1-1, 56e). Martial répondait à l’égalisation par une lourde frappe bien repoussée par Trapp (58e) et les changements allaient faire du bien aux Bleus, notamment N’Zonzi. Ils redressaient la tête dans le jeu et montraient les crocs. Si Kroos frappait un coup-franc sur la barre (70e), Mbappé déposait un ballon parfait pour Lacazette qui marquait un doublé (1-2, 71e). La fin de rencontre devenait tendue avec un ballon très chaud dégagé par Varane (86e) et un duel perdu par Martial sur une offrande de Mbappé (89e). La France allait regretter cette énorme occasion car dans la dernière minute, Stindl égalisait sur une passe d’Özil (2-2, 90e+2). La rencontre s’achevait là-dessus. Les Bleus peuvent faire la grimace mais ils ont montré pas mal de bonnes choses. C’est donc un résultat contrasté.

Revivez le film de la rencontre ici.

L’homme du match : Martial (7,5) : il a probablement réalisé son meilleur match avec le maillot des Bleus. Mobile, précis dans ses dribbles, tranchant et doté d’un sacré coup de rein, il a tenté d’emballer la rencontre sans attendre. On l’a senti à l’aise devant avec un premier contre mal négocié (28e) puis un numéro de soliste qui a permis à Lacazette d’ouvrir le score (34e). Encore très présent en seconde période avec des percées balle au pied (49e, 88e) et une lourde frappe qui a inquiété Trapp (58e). Il a constamment mis le feu dans la défense et a largement pesé mais manque le but qui aurait dû tuer le match à 1-3 (89e).

Allemagne :

- Trapp (6) : remplaçant au PSG, le portier parisien a marqué quelques points avec la Mannschaft. Plusieurs interventions décisives en première mi-temps devant Lacazette (18e) ou MBappé (32e). Il ne peut rien sur le but de Lacazette (0-1, 34e), l’action étant trop bien léchée. Solide sur un boulet de canon de Martial (58e) et impuissant sur son face à face avec ce même Lacazette qui place le cuir entre ses jambes (1-2, 71e). Attentif pour attraper tel un félin un centre enroulé de Martial (87e) et vif sur une frappe écrasée de... Martial, bien sur (89e) !

- Can (4) : il a multiplié les appels sur un couloir droit qui n’est habituellement pas le sien. Et ça s’est vu. Un centre au troisième poteau (16e), une passe en profondeur mal dosée (36e), une perte de balle qui aurait pu coûter cher (60e). Défensivement, le joueur de Liverpool a fait parler l’expérience à quelques reprises, notamment face aux dribbles de Mbappé (30e). Remplacé par Stindl à dix minutes du terme, qui égalisa dans les dernières secondes (2-2, 90e+2).

- Hummels (4,5) : un match en demi-teinte dans son l’ensemble. À souligner pour le stoppeur du Bayern une très belle anticipation pour couper une passe en profondeur de Martial vers Mbappé (12e). Mais quelques manques par à-coups : il se fait dribbler par Lacazette sur l’occasion du Gunner (18e) et peine à revenir sur le contre éclair de Martial mal négocié (27e). Remplacé à la mi-temps par Rüdiger (6), qui manque d’égaliser sur un centre parfait de Draxler (53e) et fut solide défensivement. Son placement est très discutable sur le second but de Lacazette (71e).

- Süle (5) : tranquille en début de match mais mis à contribution malgré tout. Attentif pour couper un bon centre français (7e) mais les fesses à terre sur la feinte de Martial qui offre le but à Lacazette (1-0, 32e). Peu de travail pour le roc allemand en seconde période jusqu’au second but de Lacazette (71e).

- Plattenhardt (5,5) : appliqué défensivement pendant trente minutes, il est victime de la feinte supersonique de Mbappé qui précède un tir du Français (32e). Trapp veillait au grain. Plusieurs montées ponctuées de centres bien sentis en seconde période et un mauvais placement sur le second but plein de sang froid de Lacazette (71e).

- Khedira (6,5) : aucune erreur à mettre à l’actif du milieu de la Juventus. Il s’est contenté de jouer juste, accélérant le jeu quand il fallait, faisant tourner si nécessaire. Plusieurs tentatives de loin à son actif en fin de première mi-temps. Remplacé par Rudy, qui n’est pas entré au meilleur des moments du match.

- Kroos (7) : son coup franc téléguidé vers la lucarne droite de Mandanda est sorti de façon spectaculaire par le gardien de l’OM, aidé par sa transversale (71e). A part ça, du Toni Kroos dans l’art. Pas de déchet, que du jeu bien senti.

- Gündogan (5) : comme Draxler de l’autre côté, il a combiné avec Özil en une touche de balle. Défensivement parfois fébrile, comme quand il ne résiste pas à la volonté d’avancer de Lacazette sur l’occasion de l’attaquant français (18e). Un peu de déchet par moment. Sa batterie clignotait en seconde mi-temps, comme bientôt à plat. Remplacé en toute logique par Götze (65e), qui dévie à la perfection une passe d’Özil pour Stindl (90e+2) qui égalise (2-2).

- Özil (7) : dans un bon soir. Il met Mandanda à contribution dès la 3e minute en concluant de l’extérieur du pied un une deux avec Draxler. Autrement, le meneur de jeu d’Arsenal a distribué le jeu avec vitesse. Parfois, la défense des Bleus eut le tournis mais sans flancher pour autant. Jusqu’à cette 56e minute où sa passe en profondeur pour Werner est gagnante. A l’avant-dernière passe casseuse de ligne sur l’égalisation de Stindl (90e+2).

- Draxler (7) : on n’a pas eu l’impression qu’il était timoré par son rôle de remplaçant au PSG. Très mobile, doté d’une vraie palette technique. Beaucoup de combinaisons en une touche avec Özil ou Werner. Sa première tentative intervient à la 39e minute : une frappe enroulée captée par Mandanda. L’attaquant du PSG continue à se montrer dangereux après la pause. Son centre caviar est mal exploité par Rüdiger (53e). Belle partie.

- Werner (6,5) : dans un rôle de pivot façon Giroud pour décaler Draxler et Gundogan, l’attaquant du RB Leipzig a parfaitement tenu son rôle en début de match et fut moins en vue en fin de première mi-temps. Alors, l’avant-centre a tenté de prendre la profondeur, souvent servi dans le bon tempo mais bien pris par Umtiti. Son tir malicieux est capté par Mandanda (40e). Mais Werner a bien fait d’insister dans la profondeur car c’est de cette façon qu’il conclut sereinement une belle offrante d’Özil (1-1, 56e). Remplacé par Wagner (85e), auteur d’un attentat sur Pavard et averti pour l’occasion.

France :

- Mandanda (6) : mis à contribution dès le début de match (3e), le gardien s’est montré plein d’assurance dans ses relances malgré le pressing allemand et des ballons pas toujours bien donnés (46e). Il est suppléé par Varane face à Werner (38e). Une bonne sortie en dehors de sa surface (48e) et un coup-franc de Kroos « encaissé » sur sa barre (70e). Il ne peut rien faire face à Stindl dans les dernières secondes (90e+2).

- Digne (6,5) : des interventions pas toujours dans le bon timing en début de rencontre mais il réagit bien face à l’impuissance de Can et d’un Gündogan pas à son poste. Il s’est illustré offensivement avec un centre parfait et surtout très intelligent en retrait pour un Martial qui mystifie toute la défense (34e). Il a plutôt bien bouché son couloir et réalise l’une de ses meilleures performances avec les Bleus. Remplacé par Kurzawa (81e).

- Umtiti (7) : lui aussi a affiché de belles dispositions ce soir. Dès le début de la rencontre, il a montré toute son autorité face à Werner (2e). Il devance encore l’attaquant du RB Leipzig dans la surface (24e, 72e) et lui a globalement fait vivre un calvaire tout comme Varane. Le défenseur du Barça a réalisé un bon pressing sur quelques ballons qui ont transpercé le milieu de terrain ce qui a retardé et même annihilé quelques attaques adverses. Ça va trop vite lors de l’égalisation de Stindl (90e+2).

- Varane (7) : on lui a tellement rabâché son duel perdu face à Hummels en Coupe du Monde en 2014 qu’il s’est fait une priorité de museler le défenseur allemand sur coups de pied arrêtés (6e, 16e). Très serein derrière et habile à la relance, il a étouffé le malheureux Werner. Régulièrement bien placé et rapide, il a même suppléé Mandanda sur sa ligne (38e). C’est encore lui qui vient nettoyer sa surface après un ballon relâché par son gardien (86e). Le capitaine a fait du bien derrière.

- Jallet (4) : il a vécu une rencontre défensive compliquée entre la présence de Draxler (3e, 53e) et les montées de Plattenhardt. Il a tenu comme il a pu, souvent à l’arrache comme face à Draxler (22e) et les occasions allemandes sont venues de son côté la plupart du temps. C’est aussi lui qui s’aligne mal et laisse partir Werner sur l’égalisation (56e). Il a su apporter du soutien offensif avec notamment ce centre pour Matuidi (7e) et globalement une bonne présence dans 30 derniers mètres adverses (50e). Remplacé par Pavard (63e) qui a apporté un peu de tonus et de sang frais dans le couloir droit. Quelques centres dangereux à son actif.

- Matuidi (5,5) : il n’a pas rayonné au milieu mais son profil tout terrain a rendu service. Il a fait le boulot aux autres coins du terrain entre des retours précieux dans son camp (11e, 60e), des relais dans les combinaisons offensives (55e) et même un apport offensif avec notamment une reprise pas loin du cadre (7e). Il a souvent été utile dans son placement pour empêcher les Allemands d’accélérer dans l’axe. Remplacé par N’Zonzi (63e) qui a fait du bien en bouchant quelques espaces et récupérant des ballons. Une très bonne entrée qui coïncide avec le redressement des Bleus en seconde période.

- Rabiot (4) : la sentinelle devant la défense réalise une belle première période. Précis dans ses transmissions, il a su lancer le jeu français à quelques reprises et s’entend déjà pas mal avec Tolisso. Il a régulièrement pris le dessus sur Özil et Gündogan (16e). Le Parisien a affiché plus de difficultés en seconde période avec les dézonages des milieux de terrain adverses. Il a baissé le pied notamment dans l’impact. Il est monté d’un cran après l’entrée de N’Zonzi mais on ne l’a pas vu davantage. Encore décevant.

- Tolisso (6) : jolie prestation de sa part même si, comme Rabiot, il a manqué de régularité sur l’ensemble du match. Concentré dès le début, il a rapidement su se mettre dans le sens du jeu (5e, 10e) et ouvrir les espaces dans le dos de la défense à pas mal de reprises. On l’a vu aider Jallet parfois en difficulté dans le couloir droit. On a senti le Munichois à la recherche de son second souffle après la pause car plus en retard dans ses interventions.

- Martial (7,5) : voir ci-dessus.

- Lacazette (7) : très agressif sur le porteur de balle, c’est d’ailleurs grâce à sa hargne et sa technique qu’il s’offre un premier tir de 20 mètres cadré (19e). Il profite d’un incroyable dribble de Martial dans la surface pour marquer une première fois (34e). Pas toujours à son aise face à la paire allemande, il parvient tout de même à se jouer du mauvais alignement de la défense pour inscrire un second but plein de sang-froid (71e). Un reproche, il a commis trop de fautes dans les 25 derniers mètres français. Remplacé par Griezmann (75e).

- Mbappé (6) : remuant sur son côté droit, il a commencé par bien combiner avec Jallet sur le côté. Il joue très mal un contre éclair mené par Martial (28e) mais se rattrape bien sur un numéro dans la surface (32e). Plus discret par la suite, il a affiché, comme souvent, du déchet dans son jeu, privilégiant trop la solution individuelle plutôt que collective. C’est pourtant dans ce second registre qu’il fait la différence avec une passe décisive pour Lacazette (71e) puis une balle de but offerte mais manquée par Martial (88e).