Les relations entre les sélectionneurs nationaux et les entraîneurs de clubs ne sont pas toujours au beau fixe. Niko Kovac et Didier Deschamps peuvent en témoigner tant ils n’ont pas été d’accord sur la gestion du cas Lucas Hernandez. Le défenseur international français, et champion du Monde en 2018, revient d’une blessure au genou et le Bayern Munich ne voulait pas qu’il soit sélectionné pour cette trêve internationale. Position pas prise en compte par le staff des Bleus.

Entre 2001 et 2006, Sven-Göran Eriksson, le Suédois, a été sélectionneur national de l’Angleterre et il a eu affaire à Sir Alex Ferguson, alors sur le banc de Manchester United. Alors qu’il était en train de finir de soigner son métatarsien, Wayne Rooney est convoqué par le Suédois pour participer à la Coupe du Monde, qui a lieu en Allemagne. Et cela n’a pas du tout plu à l’Écossais, technicien emblématique des Red Devils. C’est le Suédois qui a raconté cette histoire au Times.

« Avec Alex, ce qui était étonnant, c’était qu’il était sept heures du matin ou plus tôt. Toujours. Quand il était en colère. Et ce n’était jamais "bonjour Sven, comment vas-tu ?" C’était "whuurssshhhh". J’ai pensé qu’il allait me tuer. Il a dit : "je vais te tuer. Tu es fini." Mais je représentais l’Angleterre et vous vous devez de faire face », a-t-il commencé par expliquer avant d’enchaîner sur les détails de cette communication téléphonique qu’on peut qualifier d’houleuse.

« Vas te faire foutre, qu’est-ce qui ne va pas chez toi ? »

« Ce qui est juste est juste et ce qui est mauvais est mauvais. Quand il m’a dit "ne prends pas Rooney parce que sinon je vais te tuer...", j’ai répondu : "vas te faire foutre, qu’est-ce qui ne va pas chez toi ?" Et il criait. À chaque fois qu’il a été comme ça, ça n’avait pas de sens. C’est pourquoi j’ai dit : "Alex, je vais choisir Rooney. Maintenant, passez de bonnes vacances. Ciao, au revoir" », conclut-il en mimant sa façon de poser son téléphone sur une table.

Le caractère dur et sulfureux de Sir Alex n’a donc pas vraiment empêché Eriksson de faire son travail et de sélectionner, même encore blessé, la pépite du football anglais de l’époque. Rooney ne démarrera que la troisième rencontre de poules, sans trouver le chemin des filets. Il enchaînera avec une titularisation lors du huitième de finale contre l’Equateur (1-0), puis le quart contre le Portugal (0-0, défaite aux tirs au but 1-3). On peut donc dire que Rooney aurait peut-être dû rester à la maison cet été-là. Pour le plus grand bonheur de Sir Alex Ferguson.