Pris en grippe depuis un petit moment, Kamil Glik peine à retrouver son niveau d’avant. Pourtant, tout avait bien commencé. Arrivé après un bel Euro 2016 en provenance du Torino, le défenseur international polonais a fait une excellente première saison en Principauté. Prestations qui ont aussi amené le club princier à un titre de champion de France, largement mérité. Mais depuis quelques semaines, voire quelques mois, rien ne va plus.

« Glik c’est un international, la Pologne est qualifiée, il est titulaire. Je regarde plusieurs fois nos matches. Beaucoup de fois, ce n’est pas Glik, le responsable de tous nos problèmes. Aujourd’hui, même si quelqu’un est tué, ce sera Glik. Mais il est costaud, grand et costaud. C’est un Polonais, il fort mentalement et il arrive à supporter cette charge. Il n’est pas très très performant, mais il fait des efforts. Il a déjà perdu trois kilos, il travaille toujours, c’est un excellent modèle pour tous les joueurs de l’effectif », avait quand même eu besoin d’expliquer son entraîneur, Leonardo Jardim, quand la vindicte populaire et médiatique se faisait trop pressante.

Le patron de la Pologne

Justement, le rapport avec la sélection nationale est absolument excellent. Avec les Aigles Blancs, il est probablement l’un des meilleurs sur le terrain. Il n’est pas étranger au fait que les Polonais ont gardé leur cage inviolée à quatre reprises au début des éliminatoires (Autriche, Lettonie, Macédoine et Israël). « Peut-être que les gens en dehors de Pologne ne savent pas, mais c’est le joueur le plus important de l’équipe nationale, plus encore que Robert Lewandowski », soulève Mateusz Święcicki, journaliste sur Sport Eleven.

En effet, grand patron de la défense, il semble quand même bien seul au front alors que ses performances ne déçoivent pas au pays. « Bien sûr, Lewandowski est une légende, un buteur phénoménal, mais si nous n’avons pas Glik, la défense est horrible. Nous savons que s’il joue, les trois autres défenseurs seront meilleurs. C’est d’ailleurs le seul défenseur qui n’est pas critiqué. Nous avons de bons buteurs. Milik et Piatek sont des alternatives à Lewandowski. Nous n’avons aucune alternative à Glik. Le sélectionneur a essayé, sans réussite et toutes les options ont été des désastres. C’est le plus important. Avec lui, même le gardien se sent mieux, il est absolument nécessaire », poursuit le journaliste polonais.

La Pologne, son bol d’air

Mais justement, comment expliquer cette situation compliquée avec l’AS Monaco alors que, si personne n’est prophète en son pays, Kamil Glik, lui, en est au moins le roi ? « C’est assez incompréhensible pour être franc. Car bien sûr il n’est plus jeune et traîne sa caravane, mais en sélection c’est toujours un combattant, il est présent au duel, balance un peu, mais moins qu’avec Monaco. Aux côtés de Bednarek, ça marche plutôt bien en plus. Je ne sais pas pour être franc si ce n’est pas le contexte monégasque », nous avance @OwskiMateusz de Footballski.fr et propriétaire du compte Pilka & Nozna.

Le contexte monégasque ? Depuis quelques semaines, il est la cible régulière d’attaques sur les réseaux sociaux. Il a donc fermé son compte Twitter suite à ça. Cela plus les performances générales de l’ASM expliquent peut-être en partie son état d’esprit et donc ses matches. On l’aperçoit souvent sourire sur les photos publiées par la fédération nationale polonaise alors que c’est rarement le cas sur les images que l’on peut voir de lui en Principauté.

L’Euro et puis s’en va ?

Peut-être qu’il va être remis en cause ? Que nenni selon celui qui observe ses performances à Monaco comme en sélection : « on va dire que Glik fait partie des cadres de la sélection et n’a jamais été remis en cause malgré ses performances en club et même plus que ça lorsqu’il ne joue pas ma défense de la sélection est perdue ». Remis en cause donc, probablement pas, en revanche vers l’arrêt de sa carrière internationale ça reste une possibilité.

« Je peux vous dire que sa blessure avant la Coupe du monde 2019 a été une terrible information pour notre équipe. Il est nécessaire. Et il est allé en Russie et il a joué le dernier match en phase de groupes (victoire contre le Japon, ndlr) et beaucoup de joueurs disaient que l’absence de Glik était la raison la plus importante de notre désastre. Je pense que le prochain Euro sera le dernier pour lui avec l’équipe nationale », conclut Mateusz Święcicki. Il aura déjà fort à faire d’abord contre Israël le 16 novembre prochain, puis contre la Slovénie le 19. Avant de, pourquoi pas, faire briller la Pologne pour ce qui devrait être sa dernière grande tournée avec les Blanc-et-Rouge.