Les cinq pays africains sont fixés. Ils ont attendu avec appréhension le tirage au sort auquel ont procédé d’anciennes gloires du football vendredi 1er décembre au palais du Kremlin à Moscou. Le Sénégal, le Maroc, la Tunisie, le Nigeria et l’Egypte ont arraché leur ticket à l’issue de rudes phases éliminatoires qui ont vu tomber des poids lourds du continent tels que le Cameroun, le Ghana et la Côte d’Ivoire. Un plateau 2018 largement renouvelé par rapport à 2014 et marqué par des grands retours. Dans cette liste, trois ont hérité d’un groupe jouable alors que les deux autres ont bénéficié d’une poule difficile.

L’Egypte a une carte à jouer

Absents d’un Mondial depuis 1990, les Pharaons ont enfin réussi à se qualifier pour une nouvelle phase finale d’une Coupe du monde en octobre dernier. Pour leur retour dans cette épreuve, ils ont été placés dans le groupe A, celui du pays organisateur la Russie pas flamboyant ces derniers temps. Les Égyptiens se jaugeront aussi avec l’Arabie Saoudite, adversaire le plus prenable, et l’Uruguay. La Celeste se présente comme le favori pour occuper la première position (8e de finale en 2014 et demi-finaliste en 2010) alors que les autres sélections se disputeront probablement la deuxième. L’Egypte a le profil pour gêner ses concurrents. Pas spectaculaires et très disciplinés, les Pharaons encaissent très peu de buts et s’imposent souvent par la plus petite des marges (1-0 est leur score préféré). Ils peuvent compter sur quelques joueurs de très bon niveau, dont Mohamed Salah (Liverpool), l’un des meilleurs footballeurs africains du moment, pour se qualifier au deuxième tour.

Le Maroc mal loti

Comme les Égyptiens, les Marocains n’ont plus disputé une phase finale de Coupe du Monde depuis un certain moment. Leur dernière participation remonte à 1998 en France. 20 ans après, les Lions de l’Atlas joueront une nouvelle phase finale d’un mondial. Tombé dans le groupe B avec l’Espagne, le Portugal et l’Iran, le Maroc n’a pas d’autres choix que de réaliser l’exploit pour rejoindre les 8es de finale. Pour cela, il faudra se débarrasser de l’épouvantail du deuxième chapeau l’Espagne ou bien du champion d’Europe 2016 le Portugal. En plus de ces deux cadors, les hommes d’Hervé Renard devront prendre le dessus sur l’Iran, la meilleure sélection asiatique du moment. Elle enchaîne une deuxième phase finale consécutive en Coupe en Monde. Pour franchir ses obstacles, les Lions de l’Atlas peuvent s’appuyer sur leur défense de fer (zéro but encaissé lors du troisième tour des éliminatoires).

Le Nigeria retrouve l’Argentine

Première nation africaine qualifiée pour la Coupe du Monde 2018, le Nigeria retrouve l’Argentine de Lionel Messi comme en 2014 au Brésil. Les Super Eagles et les Argentins se sont affrontés en novembre dernier en match amical en Russie avec un succès de prestige pour les Nigérians (4-2). Une performance qu’il faudra rééditer l’été prochain afin de pouvoir participer à la phase éliminatoire de cette Coupe du monde comme il y a quatre ans. Impressionnants lors des qualifications en éliminant l’Algérie et le Cameroun, champion d’Afrique 2017, les hommes de Gernot Rohr disposent d’atouts techniques et athlétiques pour rivaliser avec la Croatie de Luka Modric et l’Islande de Gylfi Sigurdhsson. Par rapport à la dernière édition où ils avaient comme adversaires (Argentine, Bosnie et Iran), les Super Eagles se frotteront à des adversaires plus coriaces. La confirmation ne sera donc pas un long fleuve tranquille.

La Tunisie pas chanceuse

Privé de mondial depuis 2006, la Tunisie est parvenue à se qualifier pour l’édition 2018 en Russie. Leur groupe G ressemble à celle du Maroc en terme de difficulté avec la présence de deux grandes nations européennes la Belgique et l’Angleterre et d’un nouveau venu le Panama. Les Aigles de Carthage devront se surpasser pour passer le premier tour, ce qu’ils n’ont jamais réussi lors de leurs quatre participations précédentes. Les Tunisiens devront être prêts d’entrée puisqu’ils affronteront les deux sélections européennes lors des deux premiers matchs. La confrontation contre le Panama qui semble la plus abordable sur le papier sera la dernière affiche de ce premier tour très périlleux pour les coéquipiers de Wahbi Khazri dont rien n’a été épargné.

Le Sénégal peut espérer

On termine avec le Sénégal de retour en phase finale de Coupe du monde 16 ans après sa première participation. Logés dans le groupe H avec la Pologne de Robert Lewandowski, la Colombie de Ramadel Falcao et le Japon de Yuto Nagatomo, les joueurs d’Aliou Cissé disposent de belles chances de figurer dans les deux premières places. Pour cette deuxième épopée, les Lions de la Téranga défieront des sélections qui détiennent des statuts d’outsiders durant ce mondial russe. Ils n’ont pas tiré un cador mondial durant cette phase de poules contrairement aux autres sélections africaines. Leur groupe ressemble à celle de la Côte d’Ivoire en 2014 (Grèce, Japon, Colombie). Comme les Éléphants en 2014, les Sénégalais débuteront face aux Nippons. Invaincu en qualifications et disposant d’un secteur offensif de qualité avec Sadio Mané, comme tête d’affiche, le Sénégal peut prétendre à passer les poules comme leurs aînés de 2002.

Quelques jours après le tirage au sort, la Confédération africaine de football (CAF) a dévoilé la nature du soutien qu’elle compte apporter aux cinq représentants africains lors de cette 21e édition du mondial de football. Elle a décidé d’octroyer 500 000 dollars à chaque équipe qualifiée au tournoi. Les équipes africaines ont réalisé des performances admirables lors des dernières éditions de la Coupe du Monde. Elles n’ont absolument pas à pâlir devant leurs adversaires et peuvent bien espérer rejoindre le cap des huitièmes de finale comme l’ont fait le Cameroun en 1990, le Sénégal en 2002 ou encore le Ghana en 2010. Réponse entre le 14 juin et le 15 juillet 2018.