Fin 2010, la Fédération internationale de football (FIFA) a attribué, après un vote, l’organisation de la Coupe du monde 2022 au Qatar. Mais depuis, les débats se font autour des conditions du vote d’attribution alors que certains dossiers semblaient en avance sur celui du petit émirat du Moyen-Orient (notamment celui des États-Unis d’Amérique). Des enquêtes menées conjointement par la FIFA et la justice suisse ont permis de mettre un coup de pied dans la fourmilière et de permettre l’arrestation de certains membres et la destitution du président en place, Joseph « Sepp » Blatter.

Tandis qu’on croyait que l’enquête était enterrée après les révélations du rapport de 430 pages de l’ex-procureur américain Michael Garcia restées sans suite, il semble que rien ne soit terminé en réalité. En effet, ce dimanche, Mediapart révélait que le Federal Bureau of Investigation (FBI) et la justice brésilienne avaient mis la main sur de nouveaux éléments. Les procureurs des deux pays lorgneraient la banque française Crédit mutuel-CIC qui aurait pu servir, via une entreprise filiale, de plateforme de corruption.

Un chèque de 22 millions pour le patron de la CBF

En effet, les enquêteurs ont découvert un virement de 22 millions de dollars en provenance du Qatar sur un compte ouvert à la banque Pasche Monaco pour l’ancien grand patron du football brésilien (CBF) Ricardo Teixeira et cela juste après le vote de décembre 2010 qui a décidé de l’organisation de la Coupe du monde 2022 (21 novembre-18 décembre 2022). Le président de la CBF avait dû démissionner le 12 mars 2012, éclaboussé par moult scandales de corruption et, surtout ,pour avoir pris part au système de corruption supposé mis en place par le Qatar pour obtenir le Mondial. Teixeira fait aujourd’hui l’objet d’un mandat d’arrêt international.

Mais ce n’est pas tout ! Toujours d’après les informations du média français, début 2013, plusieurs virements sont émis le même jour depuis son compte, à destination de personnes physiques désignées ainsi : «  Warner Bros », « Mohammed » et « Leoz ». Trois dénominations qui pourraient être celles de trois anciens présidents de fédération : Jack Warner (président de la confédération de football d’Amérique du Nord Amérique centrale et Caraïbes), Mohamed bin Hammam (président de la confédération de football asiatique) et Nicolas Leoz (président de la confédération d’Amérique du Sud). Reste maintenant à savoir jusqu’où iront les autorités et si de nouvelles révélations sont à prévoir dans les jours ou semaines à venir. Enfin, personne ne sait quelles pourraient être les conséquences si la corruption était avérée.