Dans quelques jours, la France a rendez-vous avec son destin au Brésil et va tenter d’arracher un deuxième sacre mondial après celui glané en 2001 par la bande à Florent Sinama Pongolle et Anthony Le Tallec. Après avoir échoué en 1/2 finale de l’Euro, la formation coachée par Jean-Claude Giuntini va tenter de briller loin de la France. Et si la France pourra compter sur quelques pépites déjà aperçues chez les pros tels que Adil Aouchiche (PSG), Lucien Agoumé (Inter Milan) ou encore Isaac Lihadji (OM), d’autres cadres de cette équipe n’ont pas eu encore les honneurs du football professionnel. Parmi ces joueurs, penchons-nous sur le cas de Melih Altikulac, latéral gauche franco-turc de 17 ans qui évolue à l’Olympique Lyonnais.

Remplaçant au début de l’Euro U17 en Irlande, le natif de Strasbourg a peu à peu gagné sa place dans le onze titulaire et devrait occuper le poste de latéral gauche, sauf retournement de situation, pour la phase de poules de ce Mondial U17 face à la Corée du Sud, Haïti et le Chili. Un véritable conte de fées donc pour un joueur qui a la particularité d’évoluer avec son frère jumeau Semih à l’Olympique Lyonnais. D’ailleurs, en avril dernier, les deux frères ont fait parler d’eux en jouant… l’un contre l’autre. L’un (Semih) portait les couleurs de la Turquie pendant que l’autre (Melih) jouait avec la France. Un moment historique qui a ravi la famille.

Formé au RC Strasbourg Alsace puis passé par le SC Shiltigheim, Melih Altikulac est détecté et recruté par l’OL durant l’été 2017 comme nous l’explique l’un de ses proches. « Melih a commencé le football à l’âge de 4 ans à l’AS Elsau Portugais de Strasbourg avant d’être repéré par le RC Strasbourg à l’âge de 8 ans. À 10 ans, il rejoint le SC Schiltigheim puis intègre le Pôle espoir Grand Est avant de rejoindre l Olympique Lyonnais durant l’été 2017. » Latéral gauche de formation dont le profil explosif et technique se rapproche toutes proportions gardées d’un Raphaël Guerreiro (Dortmund) ou d’un Jordi Alba (FC Barcelone), il va connaître des premiers pas difficiles entre Rhône et Saône. « Ça n’a pas été simple pour lui au début, car l’intégration a été difficile d’autant que l’éloignement de la famille et une blessure qui l’a écarté pendant trois mois, sont venus compliquer ses premiers pas lyonnais », nous explique-t-on.

Une progression éclair depuis 2018

Mais le jeune joueur est solide et ne baisse pas les bras. Il redouble d’efforts pour gravir peu à peu tous les échelons et va finir titulaire en U17 à Lyon. Une progression express qui va lui permettre d’intégrer l’Equipe de France en mars 2019 avec le succès qu’on lui connaît. Avec 14 sélections en 7 mois, (y compris 4 matches de l’Euro U17 dont la demi-finale perdue face à l’Italie), le latéral gauche né en 2002, est d’ailleurs le seul représentant du club rhodanien dans cette équipe de France U17. Le jeune défenseur vit clairement un rêve éveillé. Mais le principal intéressé ne veut pas s’arrêter en si bon chemin. Désormais, il veut frapper aux portes de l’équipe première même s’il sait que cela ne sera pas facile avec la féroce concurrence qui sévit à son poste à l’OL.

L’un de ses proches nous explique d’ailleurs pourquoi il est persuadé qu’il va percer au plus haut niveau. « Melih sera toujours reconnaissant envers l’OL parce que ça fait 2 ans qu’il est là-bas et il a beaucoup appris depuis son arrivée. Et une des raisons pour laquelle je suis sûr qu’il va réussir, c’est parce qu’il a une grande qualité : son mental. Vraiment il a un mental d’acier. » Au poste de latéral gauche, où la concurrence est moindre qu’en défense centrale, au milieu de terrain ou même en attaque dans le football moderne, Melih Altikulac a une route toute tracée devant lui, même s’il sera attendu au tournant au Brésil avec les Bleuets. Une belle occasion de prendre un peu la lumière et de se rapprocher encore plus du groupe pro de l’OL…