Alvaro Recoba a suivi le parcours habituel de tout talentueux footballeur sud-américain qui se respecte. Début professionnel précoce dans son pays natal, transfert chez un grand sur le Vieux Continent, prêt à un club moins huppé pour s’aguerrir, et enfin confirmation chez le grand en question. En l’occurrence pour l’Uruguayen : début pro à 16 ans avec le Danubio puis le Nacional Montevideo, arrivée à l’Inter Milan à 21 ans suivie d’un prêt à Venise, et retour chez les Nerazzurri pour laisser exploser son talent lors de la saison 99-00.

El Chino est ainsi le joueur vedette de l’Inter lors de ses années de purgatoire entre les périodes Ronaldo et Ibrahimovic. Doté d’une patte gauche exceptionnelle, il distille les offrandes à la pelle, et expédie régulièrement coups francs et tirs de loin dans les lucarnes adverses. Son pied magique est d’ailleurs souvent comparé à celui de Diego Maradona. Recoba dribble, déstabilise, caresse le ballon à sa guise, et surtout il frappe, juste et fort. En 2001, il devient même le footballeur le mieux payé de la planète, avec le salaire exorbitant de 6 M€ par an.

Un talent mal exploité

Seulement le génial attaquant, même à ses heures de gloire, ne parvient pas à amener le moindre titre à l’Inter. Certes il est capable de buts d’anthologies, mais son apparente nonchalance et ses replis défensifs peu rigoureux en font rapidement un génie incompris. Au fil des saisons, son statut de vedette s’étiole peu à peu, et il devient sans conteste le remplaçant le plus riche de l’histoire du football.

Il n’y a guère qu’en sélection qu’il garde une image de leader. En Italie, son statut de star est bel et bien envolé. Dans un Inter qui commence à régner sur le Calcio, Recoba fait figure de boulet dont le club ne parvient à se défaire et doit assumer le lourd salaire. En 2007, il est prêté au Torino, et se rachète là-bas une réputation. Bien décidé à quitter l’Italie, il est annoncé tour à tour à Blackburn, Porto puis à l’AS Monaco. Mais il s’engage finalement avec l’équipe grecque du Panionios.

Un rebondissement exotique

Pas épargné par les blessures, il ne parvient à jouer que peu de matches. À 33 ans, l’Uruguayen est à l’évidence sur le déclin. Son nom lui ouvre toutefois les portes d’un championnat exotique qui tient à se faire connaître.
C’est ainsi que The Sydney Morning Herald annonce que des négociations auraient été ouvertes entre le joueur et le club australien Perth Glory. Il rejoindrait ainsi une ancienne gloire européenne en A-League, en la personne de Robbie Fowler. Le quotidien australien affirme que Recoba demanderait la modique somme de 1,2 M€ par saison.

Il y a quelques années, le père d’Alvaro Recoba, chauffeur de taxi, déclarait dans France Football : « Chaque jour passé dans ma voiture à conduire des touristes est un message adressé à mon fils footballeur : “Dans la vie, il faut toujours travailler.” J’aurais honte de rester oisif et de vivre en assisté sous prétexte qu’Alvaro gagne beaucoup d’argent. » Et au final, il semblerait que son fils n’ait pas perdu la valeur du travail, et encore moins celle de l’argent.