C’est certainement le joueur polonais que les fans de football (des années 2000) connaissent le mieux. En effet, Jacek Bąk (43 ans) a porté la tunique de deux grands clubs de ce 21e siècle : Olympique Lyonnais (1995-2002) et le RC Lens (2002-2005). Après un voyage exotique au Qatar au Al Rayyan Club(2005-2007) et un ultime passage à l’Austria Vienne (2007-2010), l’international polonais (96 sélections) s’est retiré des terrains. « L’après-carrière n’est jamais facile, c’était même très difficile pour moi. C’était en mai 2010, tu ça toute ta vie et tout à coup, tu dois arrêter, c’est bizarre. Tu as beaucoup de temps, je suis parti de ma ville Lublin, quand j’avais 18 ans et j’y suis revenu à 37 ans. Au début, j’ai pris de longues vacances, j’ai pris mon temps. Mais le football, c’est toute ma vie. J’ai fait plusieurs affaires, mais le football c’est tout ce que j’aime. Les moments difficiles, il ne faut pas y penser, il vaut mieux garder les bonnes choses », nous confie-t-il dans un français très agréable.

Justement, la France, c’est un pays qui a beaucoup compté dans sa longue carrière. « Les souvenirs de la France ? Bien sûr, ce n’est pas juste les petites Tour Eiffel vendues aux touristes (rires) ! C’est ma deuxième maison pendant 12 ans. Un grand pays avec une belle culture, même si bien sûr en tant que football j’ai plus visité les stades ! Je n’ai pas de mauvais souvenirs de la France, c’est grâce à Monsieur Bernard Lacombe qui a donné le feu vert pour mon arrivée, je le remercierai à vie pour ça. Lyon c’était tout nouveau pour moi, un gamin venu de Pologne, c’était le vrai monde du football que j’allais connaître. Après, je pensais que ça allait être bizarre d’aller à Lens après les bonnes saisons à l’OL, mais j’avais besoin de nouveaux défis. Dans le nord, c’est un peu comme la Pologne, pour moi je considère beaucoup de gens comme de ma famille. Le Racing, c’est une grande famille, les Sang & Or, ça se voit aujourd’hui, L1 ou L2, le stade est rempli », se remémore-t-il.

Ambassadeur pour la sélection polonaise et vers le métier d’agent

Coupé du football depuis maintenant 6 ans en tant que joueur et onze avec la France, les contacts ne sont pas toujours restés. « Bien sûr, les contacts ne sont plus les mêmes que pendant l’entraînement, ou dans le vestiaire. Mais j’aimerais bien renouveler le lien avec certains, car j’ai passé de très bons moments. J’espère qu’ils vont me passer un coup de fil après cette interview », rie-t-il, un brin nostalgique. Mais que fait l’ancien défenseur central aujourd’hui ? « Aujourd’hui je suis ambassadeur de l’équipe nationale des moins de 18 ans et de 19 ans, je voyage avec eux, j’essaye de les aider. Pour moi c’est comme une nouvelle expérience de se retrouver de l’autre côté », explique-t-il.

Mais compte-t-il se cantonner à ce rôle ? « Je vais vous dire quelque chose, lorsque j’ai rencontré pour la première fois l’attaché de presse de l’équipe nationale en 2006, j’ai vu qu’il avait le potentiel pour être agent, il parlait plusieurs langues. Cet homme c’est David Przemyslaw Pantak (de f-mg.com, football management group, ndlr), je suis fier de lui, car il a fait le plus grand transfert de l’histoire de la Pologne avec Milik à Naples, je lui donne des conseils, peut -être que moi-même un jour, je vais essayer de négocier des transferts, et pourquoi pas en France ? Les Polonais commencent bien à maîtriser et à arriver dans les grands clubs comme l’OL, le PSG et Monaco  », confesse-t-il alors.

Des pépites pour les clubs français ?

Justement est-ce que Jacek Bąk a des petites pépites à proposer aux clubs français aujourd’hui ? « Ils ont un grand potentiel ! J’observe bien les jeunes joueurs depuis quatre années et je sais que dans quelques années plusieurs noms vont faire du bruit. Karol Świderski (attaquant, 19 ans, Jagiellonia Białystok), Kamil Jóźwiak (milieu, 18 ans, Lech Poznan), Marcin Listkowski (attaquant, 18 ans, Pogoń Szczecin) ou encore le capitaine des moins de 20 ans Tomasz Kędziora (défenseur, 22 ans, Lech Poznan). J’espère qu’ils vont faire un bon résultat pendant l’Euro U23 dans notre pays (2017), car vous allez voir, il est mûr ce garçon », soumet-il.

Enfin, quel regard porte-t-il sur sa sélection nationale qui a fait un bel Euro français (éliminée par le Portugal en quart de finale) ? « Elle a montré qu’elle avait du potentiel. Il y avait des chances d’aller plus loin. Les supporters étaient heureux après la victoire aux tirs au but (contre la Suisse en 1/8e) et ils étaient très malheureux après la défaite toujours aux tirs au but (Portugal, en 1/4), c’est une belle leçon. Maintenant l’objectif c’est le mondial 2018 en Russie avec des joueurs comme Lewandowski et Milik qui marqueront encore plus de buts ! », sourie-t-il. La Pologne va mieux au niveau international, certains joueurs commencent à pointer le bout de leur nez que ce soit en France ou dans les grands clubs européens et Jacek Bąk est de retour aux affaires, qu’est-ce que Zbigniew Boniek, le président de la fédération polonaise pourrait demander de mieux ?

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