Foot Mercato : Tout d’abord Geremi, comment allez-vous ?

Geremi N’Jitap : Et bien, ça va merci. Physiquement, je me sens bien. Tout va bien.

FM : Vous êtes arrivé cet été en Grèce, à Larissa. Comment vous sentez-vous là-bas ?

GN : À dire vrai, ça ne se passe pas très bien. D’autant plus que nous ne sommes pas très bien classés. On a souvent l’habitude, quand ça ne se passe pas bien, de pointer du doigt certaines personnes. Je crois que la personne concernée s’est reconnue, puisqu’elle a déposé les armes. Je ne préfère pas lui tirer dessus, il a pris ses responsabilités. Là, nous sommes pour le moment sans entraîneur. Nous sommes derniers du classement et on attend l’arrivée d’un entraîneur. Par rapport à l’effectif qu’on a, je ne crois pas qu’on mérite de se retrouver dans cette position. Pour le moment, cela ne se passe pas bien.

FM : Que s’est-il passé avec l’entraîneur pour que cela tourne mal ?

GN : On n’a pas eu de résultats avec lui. On l’a fait partir, ou bien il a démissionné. En tout cas, tout ce que je sais c’est qu’il est parti. Pourquoi ? Parce que nous n’avions pas les résultats que l’on attendait.

FM : Comment jugez-vous le niveau du championnat grec ?

GN : C’est vrai que j’ai joué dans plusieurs championnats. Il faut l’avouer, c’est un championnat où il y a des équipes assez compétitives. La preuve, c’est que la majorité des joueurs qui jouent ici ont joué dans des grands championnats. Bien évidemment, ça se répercute sur le niveau. C’est un niveau assez élevé.

FM : Sidney Govou doit faire face à la dureté de la presse grecque. Comment jugez-vous les médias là-bas ?

GN : Le Panathinaikos, c’est une équipe d’Athènes. Et à Athènes, on m’a dit qu’il y avait pratiquement 13 compagnies de presse. Athènes, c’est la capitale et la presse doit bien avoir quelque chose à écrire. Il ne faut pas trop chercher. À Paris, il n’y a même pas 7 journaux qui sortent chaque jour... C’est ça le truc.

FM : Avant la Grèce, vous avez évolué en Turquie. Quelles différences ou quels points communs trouvez-vous entre ces deux pays ?

GN : Ce sont deux championnats relativement identiques. On voit d’ailleurs jusqu’où les clubs de ces deux pays vont sur la scène européenne. Ils sont assez similaires. Ce sont des mentalités différentes, mais c’est relativement pareil. Quand je suis arrivé en Turquie, c’était pratiquement pareil qu’en Angleterre au niveau de l’ambiance. Et en Grèce c’est pareil, ils sont à fond. Avec les médias, on sait comment ça se passe en Angleterre, et bien évidemment ça a des répercussions partout. Quand on voit comment les supporters se comportent, les supporters ici essaient de copier et de se comporter pareil.

FM : Vous qui avez également joué au Real Madrid, qu’avez-vous pensé du 5-0 encaissé face au FC Barcelone ?

GN : Comme la majorité des personnes ayant vu le match ce jour-là, c’était une équipe de première division contre une équipe d’amateurs. Je suis peut-être dur dans mes mots, mais c’est ma manière de dire que le FC Barcelone a dominé son sujet sur tous les plans. Je parle d’équipe d’amateurs parce qu’on a vu des gestes qui ne sont pas ceux de professionnels. Je vais prendre l’exemple de Sergio Ramos, qui s’est senti dépassé et qui a dû utiliser des moyens autres que footballistiques pour s’exprimer. Ça, ce sont des gestes d’amateurs. Mes mots sont durs, mais il n’y avait pas ce jour là d’opposition pour le FC Barcelone. En tant que téléspectateur, on attendait un bon match.

FM : Pensez-vous malgré tout que le Real peut inverser la tendance et devenir champion ?

GN : Oui, bien sûr. Le championnat ne se gagne pas sur un seul match. Mais bon, le clasico a une autre signification au niveau des supporters. Même si le Real Madrid remporte le titre, j’étais au Real et je peux vous dire que les supporters ne vont jamais l’oublier. Cette blessure ne peut guérir qu’au retour, si le Real Madrid lamine aussi Barcelone. À ce moment-là, ils seront guéris de cette blessure. Mais si le match retour ne se passe pas bien et que le Real est quand même champion, ils ne l’oublieront jamais.

FM : On parle beaucoup de Benzema, dont on compare la carrière à Madrid à celle d’Anelka. Pensez-vous qu’il peut s’imposer au Real ?

GN : Il a de grandes qualités. Il travaille avec un très grand entraîneur. Il est jeune, et il a une bonne marge de progression. J’espère qu’il apprendra encore chaque jour. C’est une chance de pouvoir se retrouver là, d’en profiter et de devenir encore plus grand. Déjà, s’il est là, ça veut dire qu’il est un grand joueur. Il est dans la cour des grands et il ne peut devenir que plus grand.

FM : Autre club que vous avez connu, Chelsea. Comment jugez-vous la mauvaise passe des Blues ? Certains n’hésitent pas à remettre en cause Roman Abramovitch...

GN : Roman, ce n’est pas quelqu’un qui se mêle du football. Le foot va vite. Quand on regarde l’effectif de Chelsea, on peut constater qu’il y a beaucoup d’absents en ce moment. À l’infirmerie, il y a au moins 5-6 joueurs de premier plan. Ce n’est que récemment que Mickael Essien ou John Terry sont revenus. Mais ça, ça peut arriver à toutes les équipes, ça fait partie d’un championnat. Il ne faut pas leur trouver d’excuses. Mais ce sont les joueurs de premier plan qui peuvent te faire gagner des matches et gagner le titre. Si on regarde l’infirmerie de l’Inter Milan, c’est pareil. Et tout de suite, ça se répercute sur les résultats du club.

Un avenir qui pourrait se dessiner en Ligue 1

FM : Vous n’avez jamais connu la Ligue 1, une telle expérience pourrait vous tenter ?

GN : C’est quelque chose que je souhaiterais, sincèrement. Je l’ai toujours dit, je souhaiterais jouer en Ligue 1. C’est à côté de tout, j’ai des proches là-bas, ce serait l’idéal pour moi. Donc oui, si j’ai une opportunité, sincèrement je n’hésiterai pas.

FM : Par le passé, avez-vous eu des contacts avec des clubs français ?

GN : Oui, j’ai eu des contacts. C’était même des contacts assez avancés. Mais bon, j’étais aussi sous contrat ce qui a fait qu’on n’a pas trouvé d’accord et qu’on n’a pas pu aller plus loin. Quand on est sous contrat, il faut respecter son employeur. Mais j’ai toujours été tenté. La Ligue 1, c’est un bon championnat, ça se voit. Comme je l’ai dit plus tôt, je suis en Grèce, à Larissa. Je n’ai que 6 heures pour arriver en France. Donc si j’ai une opportunité, je ne réfléchirai pas beaucoup.

FM : Y a-t-il des clubs en particulier qui vous intéresseraient ?

GN : Quand on est footballeur, on veut toujours jouer dans un grand club, compétitif et ambitieux. Je pense que tout footballeur dirait ça : trouver un club bien structuré et qui peut te donner des facilités pour faire ce que tu sais faire.