L’année 2019 est terminée depuis quelques heures pour l’équipe de France, qui a remporté son dernier match des éliminatoires de l’Euro 2020 dimanche soir contre l’Albanie (2-0). Mais seulement sur les terrains. Car le 30 novembre prochain, le tirage au sort du prochain Championnat d’Europe (du 12 juin au 12 juillet) va avoir lieu à Bucarest, et les Bleus connaîtront leurs premiers adversaires pour l’été prochain. En attendant, il est temps de faire le bilan de l’année civile des champions du Monde en titre. Et sur le plan statistique, les chiffres sont plutôt dans le vert. Sur leurs onze rencontres en 2019 (dix en qualifications, un match amical), les hommes de Didier Deschamps ont frôlé le sans-faute.

Raphaël Varane et ses coéquipiers ont effectivement remporté neuf rencontres cette année. Les plus larges ? Des 4-0 contre l’Islande en mars et face à Andorre en juin. Et on peut dire que les Bleus ont eu une bête noire : la Turquie. Sur la pelouse du Konya Buyuksehir Belediye Stadium, les Bleus ont d’abord chuté le 8 juin (0-2), enregistrant leur seule défaite de l’année civile. Et quelques mois plus tard, les Tricolores ont été accrochés par les Turcs au Stade de France sur le score de 1-1. Mais l’ensemble est plus que satisfaisant. Avec neuf victoires, l’équipe de France a remporté 81,8% de ses matches. Un bon ratio ajouté à la qualification pour l’Euro : l’année 2019 est donc réussie.

Ces joueurs qui ont marqué des points

Sur toute l’année 2019, Didier Deschamps s’est présenté à cinq reprises devant la presse pour dévoiler sa liste pour la prochaine trêve internationale. Si des joueurs semblent indiscutables, d’autres sont venus et sont repartis. Alors qui a fait forte impression lors de ces onze rencontres, et qui a un peu flanché ou perdu des points ? Du côté des bons élevés, on peut déjà parler de Clément Lenglet. Certes, contre la Moldavie jeudi soir, le défenseur du FC Barcelone a fait une petite bourde entraînant l’ouverture du score adverse. Mais cette année, le natif de Beauvais a su saisir sa chance. Appelé pour la première fois en A en juin dernier, ce dernier a fait forte impression. Et avec la blessure de son coéquipier en club Samuel Umtiti, il a pu enchaîner les matches pour marquer des points. Son duo avec Raphaël Varane fonctionne bien et on devrait certainement revoir cette charnière centrale l’an prochain.

Toujours sur le plan défensif, Lucas Digne a aussi été performant. Avec les blessures au genou de Lucas Hernandez et les méformes de Benjamin Mendy, Didier Deschamps a décidé de faire appel à lui, et le sélectionneur tricolore a bien fait. Souvent aligné côté gauche, notamment depuis septembre, le joueur d’Everton, avec un profil également offensif, a beaucoup apporté dans les matches des Bleus. On peut donc dire que DD a enfin trouvé un concurrent à Hernandez. Et le couloir gauche a bien changé cette année. Devant le natif de Meaux, Kingsley Coman a également été intéressant. Gêné par ses nombreuses blessures ces dernières années, l’ailier du Bayern, revenu en équipe de France en juin, a donné satisfaction, notamment lors de la trêve de septembre avec un doublé contre l’Albanie et un but face à Andorre. Sauf revirement de situation, l’ancien Bianconero sera du voyage pour l’Euro 2020. Tout comme Corentin Tolisso.

Avec les blessures de Paul Pogba et N’Golo Kanté, le coéquipier de Coman au Bayern a rendu de bonnes copies. Depuis septembre, l’ancien Lyonnais a disputé toutes les minutes avec les Bleus. Et ça n’est pas vraiment une surprise, le joueur de 25 ans ayant très souvent fait le boulot dans l’entrejeu. Une bonne année pour lui, qui est terminée avec ce bon match contre l’Albanie et son premier but avec les Bleus. Ces quatre joueurs sont donc passés sur le devant de la scène ces derniers mois, mais ils ne sont pas les seuls. Bien évidemment, on peut également parler de Steve Mandanda, séduisant sous le maillot de l’Olympique de Marseille, et rappelé en octobre par Didier Deschamps suite à ses performances en club. Et avec la blessure d’Hugo Lloris, le gardien âgé de 34 ans a eu du temps de jeu. Bien évidemment, si le portier de Tottenham revient en forme avant l’Euro 2020, Mandanda devrait rapidement retrouver sa place sur le banc, mais ce dernier sera très certainement numéro 2 lors de la compétition. Antoine Griezmann, encore à un haut niveau en 2019, ou par exemple Olivier Giroud, souvent décisif, font bien évidemment aussi partie des bons élèves, comme Raphaël Varane, pour ne citer qu’eux.

Ces Bleus qui en ont perdu...

Malheureusement, il n’y a pas eu que du positif cette année en équipe de France. D’autres joueurs ont eux fait l’inverse, à commencer par Samuel Umtiti. L’année avait bien débuté pour le joueur formé à l’OL puisqu’il était titulaire lors des quatre premiers matches de l’équipe de France. Placé ensuite sur le banc, le défenseur du Barça a derrière manqué les rassemblements à cause d’une blessure au pied... En attendant, Clément Lenglet, comme expliqué ci-dessus, a saisi l’opportunité et lui est tout simplement passé devant dans la hiérarchie des défenseurs centraux. Avec seulement deux apparitions cette saison avec le champion d’Espagne, le natif de Yaoundé n’a pas encore eu l’occasion de montrer son talent pour taper dans l’œil du sélectionneur tricolore. Il lui reste plusieurs mois pour inverser la tendance. Et il y a un autre joueur du FC Barcelone, souvent apparu sous le maillot bleu, qui s’est fait doubler : Ousmane Dembélé.

Depuis la rencontre de Ligue des Nations contre les Pays-Bas il y a un peu plus d’un an, l’ancien ailier du Borussia Dortmund n’a plus rejoint les Bleus. On ne l’a pas vu une seule minute cette année avec les Tricolores, et son cas fait beaucoup parler. Pas épargné par les blessures, l’élément offensif du Barça n’impressionne pas lors de ses sorties, notamment dans cet exercice 2019-2020 (7 apparitions toutes compétitions confondues). Encore interrogé sur le sujet, Didier Deschamps avait été clair le 7 novembre dernier : « Ousmane Dembélé a un potentiel incroyable. Qu’il ne fasse pas en sorte de ne pas gâcher ce qu’il est capable de faire. (...) Il fait partie des jeunes joueurs ayant connu pleins de choses rapidement. On a le droit d’attendre plus que ce qu’il fait dernièrement. Il faut qu’il se donne tous les moyens. Il a cette capacité d’accélération, de déstabilisation. C’est un candidat sérieux pour être dans la liste. Ces derniers temps, il est encore loin de son meilleur niveau. » « Dembouz » sait donc ce qui lui reste à faire. Sur le plan offensif, et presque au même poste en équipe de France, Thomas Lemar a aussi disparu de la circulation en 2019.

Contrairement à Ousmane Dembélé, le joueur de l’Atlético de Madrid a participé à tous les rassemblements des Bleus cette année. Utilisé comme second couteau, le joueur de 24 ans n’a cependant pas marqué les esprits lors de ses entrées en jeu. Face à la Bolivie en match amical, au mois de juin, il avait marqué un but, son quatrième sous la tunique tricolore. On retiendra également son match face à l’Albanie en septembre. Une rencontre qu’il avait débutée et durant laquelle il avait été plutôt à son avantage. Mais avant l’Euro 2020, Lemar va devoir être intéressant avec les Colchoneros pour garder sa place dans la liste de Deschamps, d’autant plus que les places sont chères devant. Le constat est d’ailleurs le même pour Wissam Ben Yedder. Sur tous les fronts avec l’AS Monaco, l’avant-centre de 29 ans n’a pas forcément été flamboyant, surtout lors des dernières trêves. Enfin, au niveau défensif, on peut citer Djibril Sidibé dans ces joueurs qui n’ont pas marqué de points. Sur le banc en mars et octobre, le joueur prêté à Everton est ensuite resté en club lors des autres rassemblements, le sélectionneur préférant par exemple lancer Léo Dubois en Bleu. Les performances du joueur appartenant à l’AS Monaco seront donc suivies de près dans les prochains mois, afin de savoir s’il peut revenir pour la compétition tant attendue.

Le cas Olivier Giroud, casse-tête de l’année

Comment faire un bilan de l’année des Bleus sans parler d’Olivier Giroud ? Joueur de Chelsea depuis janvier 2018, l’attaquant français est en perte de temps de jeu en 2019. Sous les ordres d’Antonio Conte la saison passée, l’ancien Montpelliérain a moins joué avant l’été. Mais la situation est encore pire avec Frank Lampard comme entraîneur. Depuis le lancement de l’exercice 2019-2020, le joueur de 33 ans n’a fait que six petites apparitions, jouant 211 minutes au total... Un joueur sur la touche peut-il donc jouer en sélection ? La réponse est clairement oui dans la tête de Didier Deschamps, du moins pour le moment. Encore questionné sur le cas Olivier Giroud, l’ancien milieu de terrain avait justement fait le point début novembre : « Olivier est un joueur important pour nous. Il le prouve sur le terrain quand il marque et ça lui arrive fréquemment. Et même quand il ne marque pas, c’est un joueur important. La situation n’a malheureusement pas évolué en sa faveur depuis le dernier stage. Mais il est là parce que j’ai confiance en lui par rapport évidemment à ce qu’il a fait avant, notamment lors du dernier rassemblement. »

Et les chiffres ne mentent pas ! Présent lors des cinq rassemblements, Olivier Giroud a prouvé qu’il n’avait pas perdu son talent. Le Chambérien a par exemple inscrit six buts sur l’année civile, faisant de lui le meilleur buteur en 2019. Mais ce n’est pas tout. Avec ses réalisations, l’avant-centre de Chelsea n’est plus qu’à deux buts de Michel Platini, qui avait trouvé le chemin des filets à 41 reprises en équipe de France. Le meilleur buteur de l’histoire des Bleus, Thierry Henry, est encore un peu loin (51 buts). Mais le constat est là : malgré un faible de temps de jeu en club, Olivier Giroud arrive à conserver la confiance de Didier Deschamps en enchaînant les bonnes performances et empilant les buts. Et tout le monde le sait, l’ancien entraîneur de l’OM apprécie le profil du champion du Monde. Le plus dur reste cependant à venir pour Giroud : retrouver un bon de temps de jeu dans les mois à venir pour garder le rythme. Car pendant quatre mois, le joueur formé à Grenoble ne pourra pas toucher le ballon avec les Bleus, comme tous les autres. Rendez-vous donc en mars pour la prochaine trêve.

Le XI type de l’année, basé sur le nombre de titularisations :