Battue trois buts à un par l’Allemagne hier soir, la Belgique ne participera pas à l’Euro 2012 en Pologne et en Ukraine. Troisième du groupe A, le Plat pays s’est fait chiper sa place de barragiste sur le fil par la Turquie qui s’est imposée chez elle face à l’Azerbaïdjan (1-0). Une élimination de plus qui fait mal. En juin prochain, cela fera en effet dix ans que les Diables Rouges n’ont plus été présents dans une grande compétition internationale.

Un constat amer pour les médias belges. « Il n’y a pas eu de miracle » titre sobrement la Dernière Heure, tandis que 7sur7 se montre plus incisif. « Dix ans, cela fait beaucoup. Beaucoup trop. Nous n’avions sans doute jamais été aussi proches d’une qualification pour les barrages que cette année. Mais encore une fois, nous avons raté le coche. Depuis la Coupe du Monde 2002 en Corée et au Japon, les Belges n’ont fait que nous décevoir et les moments de joie ont été rares, très rares. »

Des erreurs qui coûtent cher

Si la déception est de taille chez nos voisins (même si l’Allemagne et la Turquie ont été deux adversaires de taille), c’est parce que le réservoir de talents ne manque pas dans la sélection de Georges Leekens. Kompany, Pocognoli, Vertonghen, Vermaelen, Dembelé, Defour, Fellaini, Hazard, Vossen, Witsel, Lukaku sont autant de joueurs promis à un grand avenir, mais qui ne parviennent toujours pas à briller en sélection. Si la moyenne d’âge (22 ans) des éléments cités ci-dessus peut expliquer ce manque d’expérience lors des grands rendez-vous, beaucoup d’entre eux évoluent tout de même chez les A depuis trois ou quatre ans déjà.

Dès lors, certaines contre-performances comme celles en Azerbaïdjan (1-1) ou à domicile face à l’Autriche (4-4) ne peuvent être occultées, surtout lorsque l’on voit que la Belgique a terminé son parcours à deux petits points des Turcs. Un constat que partage le sélectionneur de la Nationalmannschaft, Joachim Löw. « Pour eux, c’était le match de l’année. Ils m’ont un peu surpris : cette équipe n’aurait jamais dû faire autant de fautes durant cette campagne, comme ce match nul en Azerbaïdjan. La sélection de Georges Leekens a les qualités pour jouer l’Euro et elle aurait dû le jouer. »

La pression pour le Mondial 2014

Désignée comme étant l’une des générations les plus prometteuses du football belge, la bande d’Eden Hazard sera donc plus que jamais attendue au tournant lors des éliminatoires de la coupe du Monde 2014. Un défi qu’est prêt à relever Leekens. « Nous avons encore besoin d’un peu de temps : pour les qualifications à la coupe du Monde, l’équipe sera prête. Les Diables Rouges seront présents avec l’Allemagne au Brésil. (…) Je suis sous contrat jusqu’en 2014 et j’ai l’intention de l’honorer. Je crois en ce que je fais et je crois au chemin que nous empruntons. »

Placée dans le groupe A avec la Croatie, la Serbie, le Pays de Galle, l’Écosse et la Macédoine, la Belgique a toutes ses chances d’être du voyage au Brésil. Mais attention, car la pression sera plus pesante. D’une part parce que les Diables Rouges auront plus d’expérience. Et enfin parce que pour la première fois depuis les éliminatoires de l’Euro 2004, aucune équipe du top 5 du classement FIFA ne se dressera sur le chemin de la Belgique.