Yanis Henin sait ce qu’il veut dans la vie. Dès son plus jeune âge, le natif de Paris a attrapé le virus du football. « J’ai commencé au poste de gardien à l’âge de 6 ans au Montrouge Football Club. D’ailleurs, ma mère ne voulait pas au départ. Elle m’avait dit je t’inscris au foot pour courir. Moi, je ne voulais pas y aller si je n’étais pas gardien. J’ai vraiment aimé tout de suite ce poste. J’ai eu le déclic en regardant la télé. J’aimais bien des gardiens comme Lionel Letizi, Mickaël Landreau et Grégory Coupet ». Présent à Montrouge jusqu’en U15, Yanis Henin a intégré en parallèle l’INF Clairefontaine dans les catégories U14 et U15. « J’y suis resté deux ans. Je rentrais tous les week-ends chez moi. J’étais dans la même promotion que Moussa Sylla et Yassine Benrahou. J’ai aussi côtoyé Kylian Mbappé, qui a un an de plus que moi, et que j’ai pu retrouver à Monaco où j’ai signé par la suite ».Le portier avait tapé dans l’œil du club de la Principauté. « On faisait des matches avec l’INF Clairefontaine, c’est comme ça que Monaco m’a repéré. D’autres clubs me suivaient aussi. Mais le projet monégasque m’a convaincu. Ils me proposaient du temps de jeu, une formation et des études de qualité ».

Un centre de formation idéal à écouter le joueur. « Tout est très bien organisé pour les joueurs à Monaco. On a juste à penser au football. À côté de ça, on a des entraînements de qualité avec des entraîneurs qualifiés, des anciens pros. Flavio Roma a été l’un de mes entraîneurs. Tout ça fait que la formation à Monaco est excellente ». Durant ces cinq années sur le Rocher, le gardien a réussi à jongler parfaitement entre les études et le football. Côté scolaire, il s’en est très bien sorti. « Ce que je voulais, c’était ne pas lâcher les études jusqu’au bac. J’ai eu finalement un bac S. Cette année, je viens de passer mon BTS en management des unités commerciales. C’était important pour moi de poursuivre mes études tant qu’il n’y avait pas forcément un contrat pro. Je sais que je vais pouvoir continuer des formations en parallèle, car tout va très vite dans le foot ». Un discours sage de la part du jeune homme déterminé à aller au bout de ses projets. Côté terrain, Yanis Henin a pu progresser au jour le jour lui qui a évolué en U17 National, en U19 National, en Youth League et en National 2.

Henin a beaucoup appris à Monaco

« Cette saison, j’ai joué en N2. Au début, c’était Loïc Badiashile, qui est pro, qui jouait. Puis quand il a été prêté à Rennes, j’ai joué une grosse partie de l’année. Il y a eu une période où j’ai un peu moins joué puis à la fin j’ai pu retrouver du temps de jeu. J’ai aussi évolué en Youth League, jusqu’à ce qu’on soit éliminé par Chelsea. J’ai fait quelques entraînements durant les six derniers mois avec les pros. J’ai fait un banc en Ligue des Champions contre le Club Bruges, j’ai aussi été trois fois dans le groupe en L1, contre Dijon, Nîmes, Nice. C’est ce que j’étais venu chercher ici. C’était un accomplissement d’être dans le groupe pro. Au-delà de ça, ça m’a fait beaucoup de bien de pouvoir m’entraîner avec le groupe pro. Ça m’a fait du bien. On progresse beaucoup plus rapidement. J’ai pris de la confiance ; donc lors des prises de décision, c’est plus de confiance donc plus d’efficacité (...) J’ai pu m’entraîner au quotidien avec Danijel Subasic et Diego Benaglio. Ils m’ont donné quelques conseils, même si ce n’est pas leur priorité ils l’ont fait. Rien que le fait de les voir s’entraîner, de voir leur gestuelle, on copie forcément ».

Henin a aussi appris durant la période compliquée que Monaco a vécu cette saison. « C’est bien de connaître aussi une saison difficile, car ça m’arrivera sûrement d’en vivre d’autres. C’est toujours une expérience intéressante. Que l’on gagne ou que l’on perde, on s’enrichit plus que quand on est au milieu de tableau ». D’un point de vue personnel, le gardien de 19 ans est satisfait de son année. « Pour moi, j’ai fait une saison pratiquement aboutie. Je n’ai pas joué tous les matches en N2. Mais ça reste une belle saison. J’ai assumé mon rôle, que ce soit en réserve ou en Youth League. Être intégré au groupe pro était un bonheur. J’ai pu engranger de l’expérience. On touche un peu ce qu’on recherche depuis qu’on a commencé le football. On touche quelque chose d’un peu plus concret. Ça donne encore plus envie de réussir ». Et le porter a tout pour. « Au niveau de mon style de jeu, je pense avoir une bonne base technique, être fort techniquement, être fort sur ma ligne. Au niveau des sorties aériennes, je sors sans problème. Le petit moins que peux avoir, ce sont peut-être les sorties au sol ». Un point sur lequel il compte travailler dans son prochain club, puisqu’il va quitter l’ASM. 

En quête d’un nouveau challenge

« Je suis en fin de contrat, puisqu’il s’arrête le 30 juin. Je dois trouver un autre club. Cette année, il y avait trois gardiens professionnels dans le groupe et il y en avait trois autres prêtés. Du coup, on m’a répété toute l’année que si les trois revenaient ça allait créer des embouteillages, qu’il y aurait sept gardiens et qu’il faudrait prêter de nouveau. Cette année, Monaco est aussi dans une logique de dégraissage ». Une décision qui a un peu déçu le jeune homme. Mais ce dernier, qui se décrit comme une personne "joviale et qui croque la vie à pleine dent", reste très positif. « Ça m’a frustré. Sincèrement, quand j’ai vu l’année que j’avais faite, je ne me posais pas forcément de question. Maintenant, il ne faut pas s’arrêter à ça et enchaîner. C’est une page qui se tourne ». Henin est déjà tourné vers l’avenir. « J’aimerais un projet qui pourrait me permettre d’être au quotidien avec le groupe pro pour progresser de la manière dont j’ai envie. Ensuite si j’ai la possibilité, mais ça ne dépendra que de moi-même, de jouer équipe première et de m’y imposer, ça serait top. Jouer aussi dans l’équipe inférieure, si jamais il y a besoin ».

Il ajoute avec beaucoup d’humilité : « je vise des clubs de Ligue 1, de Ligue 2 ou de National. Ça me va. Même, évoluer à l’étranger, ça ne me dérangerait pas forcément. Mais pour l’instant je n’ai pas trop ouvert la porte". En attendant, le gardien né en 99 fait des essais. "J’ai passé un essai à Laval. Je vais y retourner d’ailleurs. Avant eux, il y a eu Chambly. Le Mans s’est aussi intéressé à moi. Mais comme j’étais encore sous contrat avec Monaco et que j’étais à ce moment-là dans le groupe professionnel, le club ne me laissait pas y aller ». Libre, cet élément, qui a pour modèle Hugo Lloris, est déterminé et prêt à apporter tout ce qu’il peut à un club. « Je suis une personne bien intégrée dans un groupe. Je ne reste pas dans mon coin. Je peux apporter dans la vie de groupe. Sur le terrain, je peux amener mon explosivité. J’ai aussi une bonne marge de progression ». De quoi aider un club en quête d’un renfort à ce poste !

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