En signant au Club Africain cet été, Soumaila Konaré pensait sans doute voir sa carrière décoller. Au lieu de cela, c’est un véritable calvaire qu’il doit subir en Tunisie. Contacté par nos soins, le joueur vous raconte son cauchemar : « Je vis quasiment un calvaire avec le Club Africain. Cet été, j’avais pas mal de sollicitations en Europe, mais un agent tunisien m’a contacté et fait part de la volonté du Club Africain de me recruter en me vendant un projet énorme avec de grandes ambitions sportives et professionnelles. J’avais besoin d’une nouvelle expérience, donc j’ai fait mon choix. Les garanties étaient nombreuses, en termes de temps de jeu, d’exposition médiatique du fait que ce soit un très grand club. Garanties aussi de niveau, de grosses ambitions du club et beaucoup d’attente sur moi. L’agent me fait parvenir l’invitation signée par le secrétaire général du club, et le billet d’avion. J’ai signé au mois d’août pour 4 ans, après avoir passé la visite médicale puis une contre visite médicale avec succès. J’étais logé par le club dans un très bon hôtel, mais je n’avais pas commencé les entrainements. La chose la plus douteuse, c’était qu’à ce moment là le staff en place n’était pas au courant de ma signature. Elle avait été faite par des membres du club que je ne voudrais pas cité pour le moment ».

Ces premiers soubresauts mettent donc la puce à l’oreille au Malien de 21 ans. Et la suite des évènements lui donne raison : « Je suis resté à l’hôtel quelques jours, mais je voyais des joueurs quitter l’hôtel aux heures d’entrainements, mais rien pour moi. Donc je suis allé au siège du club voir un directeur exécutif, je lui ai expliqué ma situation et il m’a fait savoir que tout était ok. L’équipe en place avait déjà atteint son quota de joueurs étrangers, donc la décision a été prise, j’ai dû être prêté à Monastir dans les derniers jours du mercato, sans avoir encaissé le moindre euro du Club Africain. Je m’engage en prêt pour 6 mois en principe, et malheureusement Monastir n’avait pas pu libérer le joueur étranger que je devais remplacer. J’ai donc dû m’entrainer sans jouer. J’ai su à ce moment-là que j’étais dans la m**** ». Dans une situation extrêmement complexe, le milieu de terrain est dans l’expectative, peinant à comprendre ce qui lui arrive :

« Je suis sous contrat avec le club, et on me traite comme un joueur amateur en essai. D’ailleurs, le club ne m’a jamais publié officiellement sur son site internet. Par exemple, la reprise de l’entrainement, je l’apprends par internet ! Je contacte alors le responsable du club qui me dit qu’on ne veut plus de moi, qu’on va me résilier, alors que je ne fais que réclamer mon dû avec mon avocat en rédigeant une lettre de mise en demeure, comme les lois FIFA le préconisent. Mon avocat est en contact avec les dirigeants du club pour trouver une issue au problème. C’est inexplicable, j’en fais des cauchemars. Je ne sais pas ce que j’ai fait pour mériter ça. Les idées fusent dans ma tête. Je n’ai jamais vécu ça de ma vie, même dans le monde amateur. Dans un premier temps, j’aimerais percevoir mon dû, à savoir ce qui me permet de subvenir aux besoins de ma famille et moi. Ensuite, j’aimerais avoir des garanties sur ma sécurité en cas de retour afin de remplir mon contrat comme je l’ai signé. Si ce n’est pas le cas, résilier à l’amiable avec le club. Je n’en veux pas au club car je reste positif. C’est à une bande de personnes que j’en veux. J’’aimerais par dessus tout m’entretenir avec le president du club monsieur Riahi ». Reste à savoir si sa requête sera entendue.