Foot Mercato : Il y a un peu plus d’un an, vous avez signé au Qatar Sports Club. Comment s’est passée votre saison là-bas ? Était-ce une bonne expérience ?

Habib Habibou : L’année avait bien commencé pour moi. Ensuite, j’ai été blessé. Ça n’a pas été évident. Quand vous quittez la France pour le Qatar, il y a une grande différence de niveau, dans le sens où certains joueurs n’ont pas une bonne base de football. Le climat a rendu les choses encore plus dures. Au niveau de la qualité de vie, c’était bien (...) C’était une bonne expérience malgré tout. J’ai pu découvrir une autre mentalité, une autre culture. Dans l’ensemble, je suis satisfait. Mais pour être honnête, si c’était à refaire je ne le referais pas.

FM : Que pouvez-vous nous dire du championnat qatari ?

H.H : On peut dire qu’il y a trois équipes au-dessus. Al-Duhail, qui est le champion régulier. C’est une équipe qui ne perd quasiment jamais et qui gagne souvent largement. Ensuite, il y a Al Sadd, où joue Xavi. Le titre se joue entre Al-Duhail et eux. Enfin, il y a Al Rayyan, qui est le club du peuple. Avec Al-Gharafa, on peut dire que ces équipes font partie du Big Four. Le reste des formations du championnat sont un cran au-dessous. Tout le monde peut battre tout le monde. Le niveau n’est pas très élevé. Mais dans les équipes qui sont au-dessus, il y a de très bons joueurs de ballon. En ce qui concerne l’ambiance, les stades sont souvent vides. Vous vous retrouvez dans un stade de 80 000 places et il y a 70-80 personnes dans les tribunes. On va dire que ça m’a changé de Bollaert.

FM : C’est un pays qui va accueillir la prochaine Coupe du Monde, en 2022. Sentez-vous justement que le Qatar s’y prépare et développe le foot dans cette optique-là ?

H.H : Selon moi, le développement du football là-bas va être difficile. Ils essayent de faire venir de grands noms. Mais je pense que c’est plus pour l’image que pour le développement du foot qatari. Il y a une minorité de bons joueurs qataris. Pour la Coupe du Monde, je ne sais pas. Je ne rentre pas dans ce genre de débat.

FM : Revenons à vous qui êtes libre aujourd’hui. Où en êtes-vous ?

H.H : J’ai résilié mon contrat récemment pour diverses raisons. La meilleure solution pour tout le monde était de résilier avec le club afin de pouvoir passer à autre chose. Je suis libre et prêt à revenir en Europe pour relever un nouveau challenge et me rapprocher de ma famille.

Habibou est libre et prêt à relever un nouveau challenge

FM : Le championnat a repris un peu partout. Dans quel état d’esprit êtes-vous ? N’est-ce pas une situation compliquée à gérer ?

H.H : C’est un peu frustrant. Le mercato a été très long. Je me suis bien préparé durant cette période et je continue d’ailleurs de m’entretenir avec un préparateur physique pour maintenir un bon niveau de forme. J’ai eu des offres, mais elles n’étaient pas satisfaisantes ou intéressantes pour ma famille et moi. Il y a eu aussi des propositions où on a dû attendre. Et à force d’attendre, d’autres offres n’étaient plus là. Ce n’était pas un mercato évident. Mais le plus important était de garder la forme, surtout pour être prêt à tout moment. Aujourd’hui, je suis fit et je continue à me préparer pour les échéances à venir. Mais, oui c’est très frustrant d’être en attente. Je n’ai jamais vécu ça avant, de résilier un contrat et d’être dans l’attente.

FM : Avez-vous eu des touches ?

H.H : J’ai été approché par des clubs en Belgique, en Suisse. Il y a un club avec lequel c’était avancé. J’avais même passé ma visite médicale. Les tests physiques étaient positifs. On a attendu et à la fin on a perdu des offres qui étaient très intéressantes. C’est le football, c’est comme ça. On fait avec.

FM : Quels sont les projets qui peuvent vous intéresser aujourd’hui ?

H.H : Un projet sportif surtout. Je veux jouer, faire une grosse saison, marquer des buts. J’ai déjà montré partout où je suis passé que sur une période courte, je pouvais être efficace. Je ne suis pas inquiet de ce côté-là. Mais j’aimerais rejoindre un club stable, ambitieux et avec un bon projet sportif.

FM : Revenir en France, est-ce une option ?

H.H : Oui, revenir en France est une option que j’envisage. Je connais le championnat. Le mercato est terminé. Mais je suis un joueur libre et je peux signer n’importe quand. Il peut y avoir des blessés, ce que je ne souhaite pas, ou des méformes, donc je me tiens prêt si un club veut faire appel à moi. J’ai la niaque, beaucoup de détermination. J’ai beaucoup à donner à un club. J’ai envie de reprendre du service et de jouer à un bon niveau.