Foot Mercato :La dernière fois que nous nous étions parlé, vous veniez de jouer votre premier match au Cercle Bruges après six mois compliqués à Rennes. Que s’est-il passé pour vous depuis ?

Paul Nardi : Il s’est passé énormément de choses. Je suis arrivé en janvier à Bruges où j’ai fait une quinzaine de matches. On avait pour mission de se maintenir car quand je suis arrivé, le club était en mauvaise posture. Monaco m’avait envoyé là-bas. Au départ, ils étaient sur un partenariat donc ils voulaient absolument que le club se maintienne en D2 Belge. Ce qui a été chose faite. Après un parcours compliqué, on s’est maintenu à deux journées de la fin début mai. Personnellement, j’ai retrouvé du temps de jeu, j’ai pris énormément de plaisir sur le terrain. Mes performances ont été très bonnes. C’était une bonne décision de descendre d’une division pour jouer et retrouver la compétition. Ces six premiers mois ont été tops. Puis ensuite j’ai été prolongé par Monaco jusqu’en 2020 (cet été). L’idée était que je reparte une saison au Cercle de Bruges avec une philosophie et des objectifs totalement différents.

FM : Votre club joue les premiers rôles cette saison.

PN : Oui, on joue plus la montée cette saison. En Belgique, c’est un peu particulier. Il y a deux périodes. La semaine dernière, on a fini la première phase. On a fini troisième à six points du premier. Donc le premier a été champion de la première période. Dimanche, on a enchaîné avec la deuxième période avec l’objectif d’être premier pour faire un barrage avec celui qui a été champion de la première période. Ce serait bien d’être champion en fin de saison.

FM : D’un point de vue personnel, est-ce que vous pensez avoir plus la rage suite à votre mésaventure en Bretagne ?

PN : C’est sûr que ça m’a fait grandir, même si je n’aime pas forcément dire ça. J’aurais bien aimé que ça se passe bien à Rennes et que je puisse jouer. Malheureusement, je n’en ai pas eu l’opportunité. C’est sûr que j’ai retrouvé la rage que j’avais perdue. Je suis vraiment déterminé à rebondir tout simplement.

FM : Comment vous sentez-vous au sein du club belge ?

PN : Je me sens très bien à Bruges. Pour moi, même si c’est un club qui appartient à Monaco, je sens que le club m’apporte beaucoup de confiance. Je me sens vachement concerné. Par rapport à l’an passé, on est seulement deux ou trois joueurs à être restés. Je me sens important et surtout je me sens bien là-bas. Outre le foot, la vie est bien là-bas.

FM : Pourquoi être resté à Bruges, sachant que d’autres clubs avaient un oeil sur vous ?

PN : Il y a eu des clubs intéressés. Mais c’était compliqué parce que les clubs vous savez c’est toujours pareil. Vous avez beau faire quinze bons matches, on va dire que vous n’avez pas fait une saison pleine. Ce sont un peu les discours auxquels j’ai eu le droit. C’est ce qu’on me disait malgré le fait que j’ai fait quinze bons matches. Le truc qu’il ne faut pas oublier aussi c’est que j’étais prêté par Monaco. Le club voulait que je reste, et que si je devais aller ailleurs c’était sous certaines conditions. En pesant le pour et le contre, je préférai refaire une saison pleine à Bruges plutôt que d’aller en France ou à l’étranger dans un club où je revivrai ce que j’ai vécu à Rennes où au début tout était rose et puis au final ça ne l’était pas. Je n’avais pas envie de prendre un nouveau risque pour être de nouveau numéro deux. Je voulais vraiment rester sur le foot et je voulais repartir sur ma dynamique à Bruges. Je voulais me montrer sur une saison pleine pour ne plus que l’on dise que je n’ai fait que quinze bons matches.

Revenir un jour à Monaco

FM : Avant de repartir en prêt, vous avez prolongé votre contrat à l’AS Monaco. Est-ce que revenir au club fait toujours partie de vos projets ?

PN : À la base, j’appartenais à Monaco jusqu’en 2019. C’était une récompense de la part de l’ASM car quand ils m’ont placé au Cercle Bruges j’avais des choses à prouver, même si c’était Rennes qui nous l’avait mise un peu à l’envers. Pour eux, ce n’était pas une excuse, je devais faire plus. Ils avaient totalement raison, ils m’ont mis la pression. Il fallait que je fasse mes matches, que je sois performant. Ça a été un peu une récompense de me faire prolonger. J’ai fait le choix d’accepter parce que je crois en ce projet. C’est sûr que l’année prochaine je ne vais pas vous dire que je serai gardien numéro un à Monaco. Je suis très objectif. On ne passe pas de D2 Belge à numéro un à Monaco en un an. C’est un objectif, j’ai envie de croire en ce projet. Je me donne tous les jours pour atteindre cet objectif. Si je n’y arrive pas, ce sera alors dans un autre club. Mon objectif premier est de jouer un jour à Monaco.

FM : Est-ce que ce vous avez connu depuis votre arrivée et cette saison correspond à ce que le club vous avait "vendu" ?

PN : C’est difficile à dire. Les circonstances ont fait que...Si à Rennes j’avais joué, l’histoire aurait été totalement différente. Mais c’est sûr que le passage à Rennes a été un bon pas en arrière dans mon évolution. Ce n’est pas une excuse du tout. C’est un fait. Je suis aussi à un poste particulier, je suis gardien. Il fallait prendre des décisions et aujourd’hui, je suis totalement épanoui en Belgique même si comme tout le monde j’aimerais jouer la Champions League et être en première division. C’est mon souhait et je me bats au quotidien pour atteindre cet objectif.

FM : À Monaco, il y a cette saison Danijel Subasic (33 ans) et Diego Benaglio (34 ans). Ce sont deux bons gardiens qui commencent aussi à vieillir. Pensez-vous que vous aurez votre carte à jouer prochainement ?

PN : C’est que j’espère. Je souhaite avoir ma chance un jour. Pour le moment, il y a deux gardiens de qualité, qui ont de l’expérience et qui ne sont pas encore trop âgés. On verra pour l’avenir. Je n’aime pas forcément trop me projeter.

FM : L’équipe de Monaco a encore pas mal changé cet été. Comment jugez-vous la saison du club de la Principauté ?

PN  : Si on compare à la même période, ils ont plus de points que l’an passé (26 points l’an dernier, 28 cette année après 12 matches). Malgré les pertes conséquentes qu’ils ont eu, ça tourne toujours bien. C’est vraiment très bien.