Certains joueurs sont éternels. Cette année, Ronaldinho a porté son Atlético Mineiro vers le sacre en Copa Libertadores, tandis que Thierry Henry et David Trezeguet atteignaient respectivement la barre des 400 et 300 buts en professionnel. Cette nuit, Rafael Marquez s’est lui aussi fait une place aux côtés de ses infatigables gagnants. Champion du Mexique avec le Club León, le central polyvalent a été sacré pour la première fois sur ses terres, 17 ans après son départ pour l’Europe et Monaco. Un sacre aussi inattendu que mérité, venu couronner un retour au premier plan impressionnant.

Pourtant, le pari était loin d’être gagné lorsque début 2013, il s’engage avec León, club mythique tout juste de retour dans l’élite après dix ans passés en deuxième division. A cette époque, Rafa Marquez sort d’une expérience douloureuse avec les New York Red Bulls de Thierry Henry, où son corps l’a trahi et empêché de s’imposer en MLS, le nouveau championnat à la mode pour les anciennes gloires du football européen. A première vue, l’ancien Barcelonais débarque donc chez le promu en préretraite, pour encadrer un effectif inexpérimenté au plus haut niveau.

Et si ses premiers mois difficiles ont donné raison à ses détracteurs, Marquez n’aura finalement pas tardé à retrouver ses jambes de 20 ans. Promu capitaine d’une équipe au football attractif et efficace, « Kaiser » profite même de la mauvaise passe de la sélection mexicaine pour faire son retour et participer activement à la qualification in extremis du Mexique pour la Coupe du Monde, brassard vissé au bras droit lors du barrage facilement remporté face à la Nouvelle-Zélande.

A désormais 34 ans, « Rafa » s’est donc forgé une deuxième jeunesse, et il est aujourd’hui difficile de dire où le joueur formé à Atlas s’arrêtera. Car dès janvier débutera pour lui et ses coéquipiers la défense du titre de champion. Quant à la Coupe du monde au Brésil, il est désormais difficile de l’imaginer sans lui, dans une sélection recentrée sur les joueurs évoluant dans le championnat local. Ce serait son quatrième Mondial consécutif, et nul doute que son dernier trophée lui aura ouvert l’appétit.