L’exil massif d’anciennes gloires européennes vers le championnat nord-américain est pour l’instant mitigé. Certains cartonnent, à l’image de Didier Drogba ou de Sebastian Giovinco, voire de Kaka, pendant que d’autres sont dans le dur, comme Steven Gerrard. À 34 ans, David Villa fait lui clairement partie de la première catégorie. Il avait déjà mis les points sur les i quelques mois après son arrivée aux Etats-Unis, pour la première saison du New York City FC, dans un entretien accordé à El Pais : « on vient aux Etats-Unis pour jouer, pas pour prendre notre retraite ». Et il n’a pas menti. Après une première saison plutôt bien réussie sur le plan individuel - avec 18 buts en 29 apparitions en saison régulière - son équipe n’avait pas réussi à se qualifier pour les playoffs pour sa première année en MLS.

Cette saison, la donne a considérablement changé, avec un Patrick Viera qui a pris les rênes de l’équipe à l’intersaison. Aligné en pointe dans le système du coach français, il est bien épaulé par Pirlo, qui fait la loi au milieu, par l’excellent passeur Thomas McNamara et Jack Harrison, espoir anglais formé à Manchester United qui évolue la plupart du temps sur l’aile droite. Individuellement parlant, l’Espagnol est tout simplement le co-meilleur buteur de la ligue, avec 15 réalisations, le même total que Sebastian Giovinco, le tout en 24 rencontres. Sur la pelouse du Yankee Stadium, où évolue le club de la Grande Pomme en attendant d’avoir sa propre arène, l’ancien de Valence continue de prouver que son sens du but et la qualité de ses appels se maintiennent intacts.

Des performances qui ne laissent pas insensibles les Américains. Villa a ainsi logiquement été sélectionné pour intégrer la All Star Team de la MLS, et est le 3e joueur qui vend le plus de maillots de la ligue, derrière Pirlo et la star américaine Clint Dempsey. Une popularité croissante de l’autre côté de l’Atlantique qui lui a même valu un passage dans la célèbre série TV destinée aux enfants Sesame Street. En Espagne, certains voulaient même voir l’Asturien à l’Euro avec la sélection ! Del Bosque n’a pas vu les choses de cet œil-là, mais sa présence dans la liste n’aurait pas forcément été scandaleuse... L’Espagnol, qui a tout gagné dans sa carrière, de la Liga à la Ligue des Champions en passant par son titre de meilleur buteur de l’histoire de la Roja, est maintenant devant l’opportunité idéale pour remporter un premier titre hors du continent européen.