Dirigé par Marcelo Bielsa puis Jorge Sampaoli, le Chili n’a cessé de progresser depuis 2007. Tout d’abord avec de bons parcours lors des Mondiaux 2010 et 2014 puis avec deux victoires en Copa America (2015 et 2016). Une période faste due en grande partie à une génération dorée composée d’Arturo Vidal, Alexis Sanchez, Claudio Bravo ou encore Gary Medel. Des joueurs qui étaient des titulaires en puissance dans les plus grands clubs d’Europe (Bayern Munich, Arsenal, FC Barcelone, Inter Milan ...) Pourtant, ils n’ont pas réussi à se qualifier pour la Coupe du monde 2018 alors qu’ils étaient dans une posture idéale. Un terrible coup dur pour une génération qui arrive désormais en bout de course.

Si Claudio Bravo a pris sa retraite internationale et n’a pas souhaité revenir en mars dernier, les cadres sont toujours présent. Néanmoins, ils ne sont clairement pas au niveau des dernières années. Tout d’abord, le leader Arturo Vidal. Le roi Arturo a essuyé une dernière année compliquée au Bayern avec plusieurs blessures. Arrivé au FC Barcelone, il ne joue pas suffisamment pour l’instant et n’a pas encore retrouvé sa forme optimale. Une situation également vécue par Alexis Sanchez. Arrivé en janvier à Manchester United, il n’a jamais réussi à se mettre en évidence et oscille entre prestations moyennes et décevantes.

La nouvelle génération manque de talent(s)

Les autres dans tout cela ? Gary Medel (Besiktas) et Mauricio Isla (Fenerbahçe) restent au niveau en Turquie, mais déclinent lentement. Jean Beausejour et Gonzalo Jara sont retournés au Chili à l’Universidad de Chile tout comme Jorge Valdivia à Colo Colo et terminent tout doucement leur carrière. Souvent décevant dans les clubs où il a évolué tout en se sublimant avec le Chili, Eduardo Vargas n’a pas été sélectionné depuis l’échec des éliminatoires de la Coupe du monde. Bref, la situation ne laisse guère de place à l’optimisme et même le régulier Charles Aranguiz (Bayer Leverkusen) ne peut pas tenir sa place suite à une blessure au genou.

Tant de signaux négatifs qui ne risquent pas d’être effacés par la nouvelle génération. Longtemps bloqués par les cadres, les jeunes chiliens n’ont pas pu s’exprimer et se faire une place. Si Reinaldo Rueda tend à changer cela depuis sa nomination à la tête de la Roja, le 8 janvier dernier, il est tout simplement confronté au manque de talent des jeunes pousses chiliennes. Enzo Roco (26 ans, Besiktas), Erick Pulgar (24 ans, Bologne), Nicolás Castillo (25 ans, Benfica) ou encore Guillermo Maripán (24 ans, Deportivo Alavés) sont des joueurs de bon niveau, mais la comparaison avec leurs illustres aînés fait tache. Rivé sur la Copa America 2019 et la Coupe du monde 2022, le Chili s’apprête à débuter une transition très périlleuse.