L’équipe de France U17 a brillamment disposé de l’Espagne (6-1) en quart de finale de la Coupe du Monde. Avant de jouer face au Brésil pour une affiche de gala, la génération 2002 emmenée par Jean-Claude Giuntini a brillé depuis le début de la compétition avec 17 buts marqués pour seulement 2 encaissés en 5 rencontres. Les Bleuets impressionnent et ça vaut bien le coup de s’attarder sur les principaux protagonistes de cette épopée. Certains d’entre-eux ont déjà une petite notoriété dans le monde du ballon rond.

Adil Aouchiche (milieu offensif - Paris Saint-Germain) : déjà titularisé par le PSG à Metz en début de saison, le joueur né au Blanc-Mesnil réalise une grande Coupe du Monde. Passeur décisif à 6 reprises depuis le début de la compétition, le meilleur buteur du dernier Euro U17 (9 buts) est le maître à jouer de cette équipe. Sa technique et sa vision du jeu permettent de mettre ses partenaires dans de bonnes dispositions dans les 30 derniers mètres. Fort des deux pieds, bon tireur de coups de pied arrêtés également, souvent juste dans le timing, le vice-capitaine se sera montré indispensable au jeu des Bleuets. Preuve en est face à Haïti. Mis au repos ce jour-là puisque la France était déjà qualifiée pour les 8es de finale, le numéro 10 a fait la différence dès son entrée. Il a attendu ce quart de finale contre l’Espagne pour marquer son premier but de la compétition.

Nathanaël Mbuku (attaquant - Stade de Reims) : lui aussi commence à se faire doucement un nom dans notre championnat. S’il n’a encore jamais marqué en Ligue 1, l’attaquant est déjà apparu à 5 reprises, fêtant même sa première titularisation contre le PSG en septembre dernier. Titulaire dans cette équipe de France U17, il a dû attendre le 8e de finale face à l’Australie pour ouvrir son compteur. Sans doute frustré par la phase de poule où il est resté muet, il a carrément inscrit un triplé face aux Socceroos. Sa vitesse fait des ravages, surtout quand il part de loin. Il dispose également d’un certain sens de l’appel en direction du but, en témoigne sa réalisation, la 4e de la compétition, face à l’Espagne. Il a également su élargir sa palette en décrochant et en venant chercher des ballons dans l’entrejeu.

Isaac Lihadji (ailier droit - Olympique de Marseille) : taulier de cette équipe de France, le Marseillais est rapidement devenu indispensable. Titulaire à tous les matches sur le flanc droit durant la compétition brésilienne, il a fait parler sa vitesse, sa percussion et son coup d’œil pour jouer dans les intervalles. Capable de jouer des deux pieds, il sait varier son jeu entre manger la ligne, croiser sa course ou repiquer dans l’axe. Rien d’étonnant à le voir se régaler avec Aouchiche où ils forment la caution technique des Bleuets. Doté d’un certain sens du but avec trois réalisations durant la compétition (contre le Chili, la Corée du Sud et l’Espagne), il a également pu délivrer deux passes décisives. En attente de signer son contrat professionnel à l’OM avec qui il compte deux apparitions en Ligue 1, il profite de ce mondial pour faire grimper sa cote.

Lucien Agoumé (milieu défensif - Inter)  : capitaine de cette talentueuse formation, ce solide numéro six sait tout faire à son poste. Capable de récupérer, d’être à la transition et de proposer du soutien, l’ancien Sochalien transféré cet été contre 4,5 M€ à l’Inter assure l’équilibre du collectif. Il lui manque peut-être un peu de présence dans la surface adverse. Buteur sur penalty contre le Chili et titulaire à tous les matches de la compétition, le natif de Yaoundé (Cameroun) a affiché toute sa sérénité balle au pied. À l’aise dans le jeu court et le jeu long, le milieu de terrain a aussi montré comme face à l’Espagne qu’il pouvait casser des lignes. Il commet en revanche trop de fautes et sera d’ailleurs suspendu pour la demi-finale mais son travail de couverture fait du bien. En attendant d’avoir sa chance en Serie A, il dispose déjà d’une certaine expérience avec 17 matches pros joués à Sochaux.

Melvin Zinga (gardien - Le Havre) : il est sans doute le moins connu de cette liste mais ses coéquipiers peuvent le remercier. Déjà titulaire lors de l’Euro U17 où il a réalisé une grande compétition, le natif de Montivilliers est sur la même lignée de performances au Brésil. Pas souvent mis à contribution lors des 5 premiers matches, il sait rester concentré dans son style bondissant, qui peut faire penser à Anthony Lopes. Lui préfère Ter Stegen et comme l’Allemand, le Havrais sait être décisif. Il a réalisé deux grosses parades face à l’Espagne, un face à face avec Moreno, et une frappe travaillée d’Ilaix Moriba. Avec son mètre 85, il n’est pas le plus grand mais prend de la place dans son but car il sort vite. Il doit cependant être plus autoritaire dans ses interventions, où on l’a vu repousser des ballons dans l’axe, et communiquer davantage avec sa défense.

Georginio Rutter (attaquant - Stade Rennais) : absent du onze de départ lors des deux premiers matches et face à l’Australie, l’attaquant a pris la pointe contre l’Espagne au détriment du Parisien Arnaud Kalimuendo-Muinga. Bien en a pris à son sélectionneur Jean-Claude Giuntini puisque le champion de France U19 avec Rennes a inscrit son 3e but de la compétition, après son doublé contre Haïti. Avec son physique de déménageur, il dispose d’un sacré jeu de tête et fait valser n’importe quel adversaire au duel. Le gaucher prend d’ailleurs le meilleur sur trois défenseurs lors de son but sur corner contre la Rojita. Celui qui a signé son premier contrat professionnel en août 2018 manque tout de même de constance sur un match et ne lit pas toujours correctement les intentions de ses coéquipiers.