Organisateur de la Coupe du monde 2022, le Qatar s’est offert une répétition générale avec la Coupe d’Asie des Nations. Une compétition, remportée par le Japon, vainqueur de l’Australie en finale (1-0), qui a été riche en enseignements. Dans un premier temps, les tauliers ont fait le métier. Keisuke Honda (CSKA Moscou) a confirmé sa belle Coupe du monde 2010, obtenant même le titre de meilleur joueur du tournoi. Shinji Kagawa (Borussia Dortmund), sur la lancée de son extraordinaire première saison en Bundesliga, s’est lui aussi illustré, même si une grave blessure l’a privé de la finale.

Harry Kewell (32 ans, Galatasaray), auteur de trois buts en six matches, et Mark Schwarzer (38 ans, Fulham), très en vue, ont quant à eux montré que le talent ne comptait pas le poids des années. En Corée du Sud, Ki Sung-yong (Celtic) et Lee Young-pyo (Al-Hilal) se sont eux aussi montrés à la hauteur de l’évènement. Mais derrière ces valeurs sûres, de jeunes premiers ont pointé le bout de leur nez. Honneur au vainqueur avec les deux plus grandes révélations nippones, Shinji Okazaki (24 ans) et Yuto Nagatomo (24 ans). Avec 3 buts, le premier a séduit le continent asiatique et le VfB Stuttgart.

Quant au second, dans la droite lignée de ses six bons mois avec Cesena, il a époustouflé tous les observateurs par son coffre et son activité sur l’aile droite au point d’être transféré à l’Inter Milan dans les dernières heures du mercato ! L’expérimenté Australien Sasa Ognenovski (31 ans, Seongnam Ilhwa) a également retenu l’attention des spectateurs avec son aisance à stopper les attaquants adverses. Le Sud-Coréen Ji Dong-won (19 ans, Chunnam Dragons) s’est lui mis en évidence par sa capacité à mener le secteur offensif des Guerriers de Taeguk et à servir Koo Ja-cheol (21 ans).

Ce dernier, meilleur buteur du tournoi avec cinq réalisations, a dans la foulée signé un contrat avec Wolfsburg, amateur de talents asiatiques. D’autres pourraient bien prendre le même chemin. À commencer par les éléments clés de la sensation de l’année, l’Ouzbékistan, étonnant demi-finaliste. Odil Ahmedov (23 ans, Pakhtakor), milieu offensif reconverti défenseur central, s’est distingué grâce à sa fine technique et rêve de venir jouer en Europe. Tout comme son partenaire Server Djeparov (28 ans, Bunyodkor), élégant meneur de jeu et véritable star nationale.

On citera également le Qatari Yusef Ahmed (22 ans, Al-Sadd), fierté du pays hôte, le Koweïti Fahad Al Enezi (22 ans, Kazma), habile dribbleur, ou encore le Bahreïni Ismaeel Abdullatif (24 ans, Al Riffa), auteur d’un retentissant quadruplé, au rayon des découvertes. Des noms que l’on verra peut-être bientôt évoluer sur les pelouses du Vieux continent à l’avenir. La France, quelque peu réticente à se servir dans le vivier asiatique, seuls 3 joueurs évoluant à l’heure actuelle en Ligue 1 (Nam Ta-hee à Valenciennes, Park Chu-young à Monaco et Jung Cho-gook à Auxerre). Dommage…