On attendait la France de Luca Zidane, le Brésil de Leandrinho ou même le Paraguay de Sergio Diaz. Ce sont finalement le Nigeria, tenant du titre, et le Mali qui se disputeront le titre de champion du monde des moins de 17 ans, ce dimanche, à Viña del Mar, au Chili. C’est la deuxième fois seulement que deux équipes africaines s’affrontent en finale du tournoi, après Nigeria-Ghana en 1993. Un choc au sommet entre les deux écuries ayant écrasé la compétition de tout leur talent. Les Golden Eaglets ont réalisé un parcours impressionnant, inscrivant notamment 21 buts en 6 rencontres depuis le début de la compétition. Victor Osimhen s’est imposé comme le patron de cette sélection, lui qui a trouvé le chemin des filets à 9 reprises. Il a ainsi fait aussi bien que l’Ivoirien Souleymane Coulibaly en 2011 et le Français Florent Sinama-Pongolle en 2001.

À tout juste 16 ans, l’attaquant, également auteur de 2 passes décisives, est déjà dans le viseur des plus grands d’Europe à en croire le média nigérian Supersport. Dans son sillage, la formation d’Emmanuel Amuneke, qui s’appuie aussi sur la maîtrise de son capitaine et milieu Kelechi Nwakali très à l’aise dans le jeu de passes et le contrôle du rythme des matches (3 buts et 3 offrandes), peut compter sur le soutien d’illustres anciens, comme Nwakwo Kanu, ancien buteur de l’Ajax Amsterdam, de l’Inter Milan et d’Arsenal. « Merci à tous pour votre soutien et félicitations à nos Golden Eaglets. Bravo à Amuneke et à son staff. Allez le Nigeria », a-t-il confié à Complete Sports, espérant que ses jeunes compatriotes ramèneront le 5e titre mondial de cette catégorie d’âge pour le Nigeria. Le Malien Momo Sissoko, passé par le Paris SG, croit lui dur comme fer au succès des Aiglonnets maliens.

Deux écoles de formation ayant le vent en poupe

« J’ai pris un grand plaisir ! Ils sont excellents, c’est agréable de les voir jouer au football », a-t-il confié à la FIFA. Il faut dire que les hommes du sélectionneur Baye Ba épousent une trajectoire presque parfaite. Invaincus (5 victoires, 1 nul), ils s’appuient sur une défense de fer. Samuel Diarra (17 ans) n’a ainsi encaissé que deux buts en six rencontres. Sidiki Maiga (16 ans), 3 buts et 1 passe décisive, et Ally Male (17 ans), 2 réalisations et 2 offrandes, se chargent eux de planter des banderilles en attaque. Un style qui vient récompenser le travail de fond entrepris depuis plusieurs années par la fédération malienne. « Depuis quelques années, nous avons une politique de jeunes au Mali. Nous nous sommes inspirés de ce qui se fait en Allemagne. Nous avions un directeur technique allemand, Joachim Fickert, qui a mis cette politique en place depuis le départ. L’équipe allemande qui a gagné la Coupe du Monde au Brésil, c’est la génération Mesut Özil qui a passé plusieurs années ensemble », s’est exprimé le technicien avant de poursuivre.

« C’est ce modèle-là qui nous a inspirés. Mettre des joueurs ensemble sur une certaine durée jusqu’à ce qu’ils arrivent à maturité. Depuis deux ans, nous avons fait beaucoup de rassemblements et de compétitions avec les U17, pour prendre les meilleurs et les plus efficaces. Avant, les jeunes avaient tendance à s’éparpiller et les entraîneurs avaient des contrats d’objectifs, avec licenciement en cas de mauvais résultats. Maintenant, nous avons des contrats de longue durée, qui nous permettent de travailler plus sereinement. Notre objectif ici est de former les jeunes, et de les rendre compétitifs. Il y a beaucoup de talents individuels au Mali, mais c’est le mental qui manquait, parce qu’il n’y avait pas de suivi au départ », a-t-il conclu. Le travail porte ses fruits, puisque le Mali, emmené par le Monégasque Adama Traoré, a terminé sur la 3e marche du podium lors du Mondial U20, en Nouvelle-Zélande cet été. Alors, qui du Nigeria ou du Mali écrira son nom au palmarès ? Réponse ce dimanche.