

Ils l'ont fait ! Les Lyonnais sont allés chercher avec les tripes leur qualification pour les quarts de finale de Ligue des Champions en tenant le Real Madrid en échec (1-1). Unique buteur côté rhodanien, Miralem Pjanic est le héros de tout le peuple gone. Le président Jean-Michel Aulas tient enfin son exploit en Coupe d'Europe.
L’Olympique Lyonnais vient d’écrire la plus belle page de son histoire en éliminant le Real Madrid, leader de la Liga. Jean-Michel Aulas tient peut-être enfin la performance qui lui permettra de conquérir le cœur des Français. Pour assister à l’exploit, il ne fallait pas arriver en retard à Santiago Bernabeu ce soir. Le Real Madrid, bien décidé à se qualifier, démarrait pied au plancher. Cristiano Ronaldo remettait les deux équipes à égalité sur l’ensemble des deux matches (1-0, 5e) d’une frappe sèche. L’Olympique Lyonnais parvenait presque miraculeusement à conserver ce score jusqu’à la pause. Malgré bon nombre d’occasions merengues et notamment un poteau de Gonzalo Higuain (26e), la Casa Blanca ne donnait pas vraiment l’impression de jeter toutes ses forces dans la bataille.
Au retour des vestiaires, cette impression se confirmait. D’autant que les hommes de Claude Puel revenaient avec de bien meilleures intentions dans le jeu, grâce notamment à l’entrée de Kim Källström et Maxime Gonalons à la pause. Les Gones allaient ainsi réaliser l’exploit. Le but de Miralem Pjanic offrait la qualification pour les quarts de finale (1-1, 75e). Les Madrilènes tentaient bien le tout pour le tout, mais se heurtaient à des Rhodaniens solidaires, qui s’offraient même deux très grosses occasions en toute fin de rencontre. L’OL peut désormais penser tranquillement à son quart de finale. En attendant les Girondins de Bordeaux peut-être (voir les détails de la rencontre Real Madrid-Olympique Lyonnais).
Homme du match : Miralem Pjanic (6,5) Le match de tous les paradoxes pour le milieu offensif. Longtemps, l’international bosniaque a livré bien trop de fausses notes dans sa partition. Des ballons de contre-attaque mal négociés et un impact bien trop mince dans le jeu lyonnais. Disponible malgré tout, il offre la qualification à son équipe en venant fusiller de près et du gauche (75e) Casillas. Un but qui entre dans l’histoire de l’OL. Remplacé par Ederson (85e).
Casillas (5) : Malgré quelques hésitations et une fébrilité inhabituelle, il a pourtant sauvé son équipe en réalisant deux grosses interventions devant Lisandro (19e, 54e). Il ne peut pas grand-chose sur le but de Miralem Pjanic.
Arbeloa (4) : Sidney Govou l’aura beaucoup fait souffrir. Offensivement, le latéral gauche n’a quasiment rien apporté. Difficile de donner le meilleur à gauche lorsqu’on est droitier. Remplacé par Mahamadou Diarra (84e), qui n’aura pas eu l’occasion de se mettre en évidence.
Garay (5) : Prestation correcte du défenseur argentin. Solide face à Lisandro, il s’est montré à l’aise dans la relance.
Albiol (5) : À l’image de son compère en défense centrale, il n’a pas été énormément mis en difficulté par les attaquants rhodaniens, sauf en fin de seconde période lorsque son milieu a abandonné la bataille de l’entrejeu.
Ramos (5) : Après quelques hésitations en début de match, l’international espagnol est bien revenu dans la partie. Ses montées ont profondément gêné la défense lyonnaise. En seconde mi-temps, César Delgado et Aly Cissokho l’ont dérangé en phase défensive. Toujours précieux sur coups de pieds arrêtés.
Lass (4,5) : Beaucoup de déchets pour l’international français ce soir. Un peu laissé à l’abandon, il n’a pas su à lui seul combler les espaces laissés par ses attaquants. Pire, il a souvent été dépassé dans l’impact physique, qui fait pourtant d’habitude sa force.
Guti (5) : Sa présence bonifie le jeu collectif madrilène. Bien aidé par les largesses du marquage lyonnais, il a distillé un nombre incalculable de bons ballons. À noter son ouverture décisive sur l’ouverture du score de Cristiano Ronaldo. Bien moins incisif en seconde période après le renforcement de l’entrejeu rhodanien.
Granero (4,5) : Ses orientations de jeu intéressantes ont été trop sporadiques pour réellement peser sur le jeu des Merengues. Toujours simple, privilégiant le jeu de passes courtes, il souffre d’un manque de densité physique au haut niveau. Averti (38e), il sera remplacé par Rafael Van der Vaart (62e), qui aura essayé de bousculer la défense lyonnaise en tentant quelques frappes et centres.
Kaka (4,5) : Sa belle entrée en matière n’a été qu’un feu de paille. Comme à l’aller, le Brésilien a éprouvé les pires difficultés à se placer dans le système de Manuel Pellegrini. Symbole du passage à vide de l’ancien Milanais, il est remplacé par Raul (78e), que l’on n’a pas eu l’occasion de voir à l’œuvre.
Ronaldo (6) : Décisif. Première action, premier but (6e). Ses quelques fulgurances ont fait du bien au Real Madrid. Affublé d’une nouvelle coupe de cheveux, le Portugais a créé le danger à chacune de ses accélérations. Plus brouillon en seconde période, il a été l’un des seuls à ne pas baisser la tête après l’égalisation lyonnaise.
Higuain (4) : L’Argentin n’est décidément pas l’homme des grands rendez-vous. Trois occasions franches (26e, 28e, 40e), trois ratés dont un poteau. S’il en avait transformé ne serait-ce qu’une, le scénario du match aurait sans doute été bien différent...
Lloris (5,5) : Malgré un premier arrêt dès la première minute de jeu, le portier semblait encore bien froid lorsqu’il voyait la frappe de Cristiano Ronaldo lui filer entre les jambes. On craignait le pire, lorsqu’il ratait sa sortie face à Higuain (26e). Il se remit ensuite dans le bain et retrouva sa sérénité. Impeccable en fin de rencontre lorsque le Real joua le tout pour le tout.
Réveillère (6) : Dès le début du match, il laissa filer CR9, qui alla marquer son but. Heureusement, il sut reprendre le fil de la rencontre et se montra très sérieux sur le plan défensif. Les arabesques de Kaka et les débordements de Ronaldo n’ont pas suffi. Quelques montées intéressantes en seconde période.
Cris (6) : Lui aussi coupable sur le but madrilène, le Policier a plié en première période mais n’a pas sombré. Beaucoup mieux au retour du vestiaire, il a parfaitement contrôlé Higuain. Très solide.
Boumsong (5) : Il a fait les frais du coaching gagnant de Claude Puel. En première période, il alterna entre de bonnes interventions et des erreurs de placement et de relance. Remplacé par Gonalons (6) à la mi-temps. Le jeune milieu de terrain s’est parfaitement fondu dans le collectif lyonnais et a contribué largement au redressement du jeu rhodanien. Une belle tête à signaler (49e).
Cissokho (5) : C’est de son côté que sont venues les premières alertes madrilènes. Beaucoup de travail pour contrôler Ramos, Ronaldo ou Granero, qui l’ont fait souffrir. Comme souvent, Cissokho a apporté son soutien sur le plan offensif, et a bien secondé Delgado. Malheureusement, il fut peu en verve sur ses centres. Un caviar non converti par Lisandro dans les arrêts de jeu.
Toulalan (6) : À l’instar de son équipe, une rencontre à deux facettes pour l’infatigable milieu. À la peine face à la grande possession de balle du Real en première période, il fut replacé en défense centrale par Puel. Avec bonheur, puisque Lyon a finalement peu tremblé lors des 45 dernières minutes. Un jeu de tête aussi très précieux.
Makoun (4,5) : Après avoir été le héros du match aller, il aurait pu rééditer lors du retour s’il avait converti son occasion (35e). En difficulté dans l’entrejeu, il a été lui aussi remplacé par Puel à la mi-temps, à la place de Kallström (6). La technique du Suédois a permis à Lyon de reprendre le contrôle du ballon et de sortir de la pression madrilène.
Pjanic (6,5) : voir ci-dessus
Govou (5,5) : Dans ce genre de rencontre, il est d’une importance capitale. Par son investissement défensif, il limita les montées d’Arbeloa. Par contre, il ne fut pas assez dangereux et les offensives lyonnaises se déroulaient prioritairement à gauche. Sérieux.
Delgado (7) : Comme au match aller, il fut le meilleur Lyonnais. Très précieux en défense au plus fort du pressing madrilène, il a fait parler sa vivacité et sa technique pour placer quelques banderilles dans le camp merengue. Il est à l’origine du but de Pjanic, en servant Lisandro dans la surface. Il aurait pu tuer le match dans les arrêts de jeu, mais a envoyé le ballon dans les tribunes. Une très grosse prestation.
Lisandro (6) : Qui aurait voulu vivre la première période de Lisandro ? Isolé à la pointe de l’attaque rhodanienne, il n’a vu que très peu de ballons lui parvenir. Premier rideau pour déstabiliser la relance madrilène, il eut bien plus l’occasion de se mettre en valeur en seconde mi-temps. Très actif, il alerte alors Casillas d’une jolie frappe (55e), avant de décaler Pjanic sur le but. Il aurait pu donner une ampleur plus belle à la qualification lyonnaise en marquant le but de la victoire à la 91e. Seul face au gardien madrilène, il tire à côté. Mais le principal était déjà assuré.
La Rédaction FM
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