Il n’y a pas que la Juventus Turin et le Paris SG qui ont été sacrés champions ce week-end. Le PAOK, large vainqueur de Levadiakos à domicile (5-0, 29e journée), a décroché le titre en Superleague. Le premier depuis trente-quatre ans pour l’écurie de Salonique, qui fêtait ses 93 ans en cette fin de semaine, et le premier pour un club hors d’Athènes depuis 1989. Pour le plus grand bonheur du président Ivan Savvidis, interrogé par NOVA Sports. « Plus important encore, nous avons fait le début. Nous avons lancé la saison. Je tiens à remercier toutes les personnes qui ont été avec nous depuis le début. Il est difficile de réaliser ce qui s’est passé. Merci à tous ceux qui se trouvaient à l’intérieur et à l’extérieur du stade d’aujourd’hui. Tombons amoureux de ceux qui aiment les couleurs noir et blanc. Nous avons beaucoup de travail devant nous. Il faut avoir du tempérament, de la patience et l’avenir est devant nous », a-t-il confié.

Il faut dire que le patron du club hellène revient de loin. La saison passée, il y a près d’un an, il avait défrayé la chronique en pénétrant sur la pelouse lors d’un match face à l’AEK, une arme à feu à la main, pour contester un but refusé aux siens pour hors-jeu. Un fait qui lui avait valu trois ans de suspension et un retrait de points à son équipe en plus d’une suspension du championnat pendant quelques semaines. Au début du présent exercice, le PAOK a raté la qualification en Ligue des Champions, en barrages, face à Benfica (1-1, 1-4). Et pourtant, malgré un retrait de 2 points, les hommes de Razvan Lucescu, ancien sélectionneur de la Roumanie notamment, allaient tout écraser sur leur passage en Grèce.

Des ex de L1 dans le lot

Toujours invaincu en championnat (25 succès, 4 nuls), le PAOK s’est appuyé sur une défense de fer (14 buts encaissés seulement, la meilleure du pays), incarnée par Alexandros Paschalakis (29 ans), 15 clean-sheets au compteur. L’expérimenté défenseur espagnol José Crespo (32 ans) explique le secret des siens. « La clé du succès réside dans les vestiaires, l’unité de notre équipe et la qualité de l’effectif. Peu m’importe si j’ai gagné le titre de MVP de la saison, le fait est que nous avons remporté le championnat. Je le dédie à ma famille et à M. Savvidis », a confié l’Ibère à NOVA Sports. Un son de cloche confirmé par le champion d’Europe 2016 Vieirinha (33 ans), capitaine, revenu au club après un passage de plusieurs années au VfL Wolfsbourg.

« Je suis très heureux de cette équipe, c’est la meilleure que j’ai connue dans ma carrière ! », a confié l’international portugais avant de poursuivre. « Notre coach nous soutient pour atteindre nos objectifs. Je me suis souvenu de la première fois où je me suis retrouvé à Tumba, mais aussi de tous les moments passés dans l’équipe. C’est un honneur pour moi que les gens m’appellent par mon nom, me montrent leur amour et leur soutien à l’ensemble du groupe. Je dédie ce titre à ma famille, à mes coéquipiers et à notre monde ». Leader du groupe (5 réalisations, 4 offrandes), le gaucher, qui est entré en jeu à une minute de la fin du dernier match malgré une rupture des ligaments croisés du genou, a animé le vestiaire avec l’ensemble du clan lusophone, composé par le Cap-Verdien Varela, les Brésiliens Leonardo, Leo Jaba, Mauricio et Pedro Henrique (ex-Stade Rennais) mais aussi le Portugais Sergio Oliveira.

La patte Mario Branco

Ce titre porte aussi le sceau de deux anciens espoirs de la planète football ayant enfin réussi à mettre leur talent au service d’un collectif : le Néerlandais Diego Biseswar (31 ans, ex-Feyenoord et Pays-Bas Espoirs), 8 réalisations au compteur, et l’Anglais Chuba Akpom (23 ans, ex-Arsenal et Angleterre Espoirs), auteur de 5 buts. Son succès, le PAOK le doit aussi à son directeur sportif, le Portugais Mario Branco. Ce dernier s’est par exemple résolu à vendre Aleksandr Prijovic (29 ans), son meilleur buteur lors de la première partie de saison (9 réalisations en 13 matches) aux Saoudiens d’Al-Ittihad, cet hiver et de réinvestir sur l’ancien Nantais Sergio Oliveira (prêté par le FC Porto), le retour de l’ex-Rennais Pedro Henrique (qui était prêté à Astana) ou l’arrivée du jeune buteur polonais de Jagiellonia Karol Swiderski.

Passé par Leixões, l’Hajduk Split, Estoril, Astra ou le Wisla Cracrovie à différents niveaux de responsabilités (directeur sportif, manager, scout), ce dirigeant a réussi à consolider le vestiaire et à construire un groupe solidaire. « Je suis honoré et privilégié de faire partie de cette aventure historique et heureux d’avoir pu contribué à ce succès. Mais la saison n’est pas terminée, nous devons rester unis, soudés et travailler encore plus dur pour être doublement récompensés », nous a-t-il fait savoir. La belle histoire n’est d’ailleurs peut-être pas terminée. Le PAOK est en effet en lice pour le doublé Super League-Coupe de Grèce. Il n’est plus qu’à un match de la finale après son succès en demi-finale aller contre l’Asteras Tripolis (2-0) et rencontrerait l’AEK ou Lamia en finale pour tenter de décrocher sa troisième Coupe consécutive. L’histoire est en marche.