Foot Mercato : Comment est née votre passion pour le football ?

Sonia Bompastor : C’est venu dès mon plus jeune âge dans le sens où mon père était arbitre et mon grand frère jouait aussi au foot. Tous les week-ends, le samedi on allait au foot avec mon grand frère et le dimanche avec mon père. Je passais les week-ends sur les bords du terrain. Bien souvent, pour passer le temps je prenais un ballon, je m’amusais toute seule ou avec les enfants qui étaient là. On faisait souvent des parties de foot. Du coup, dans la cour d’école au lieu de jouer avec les filles à la corde à sauter ou à la marelle, j’allais jouer avec les garçons au foot

FM : Vous avez d’ailleurs commencé très tôt. Pouvez-vous revenir sur votre parcours ?

SB : J’ai démarré à l’âge de 8 ans à l’US Mer, dans le petit village où habitent mes parents. Ensuite j’ai joué en mixité jusqu’à l’âge de douze ans. A l’époque, une équipe uniquement de filles s’est crée à côté, à l’US Thoury. L’entraîneur est venu me chercher et m’a demandé si ça m’intéressais de jouer avec les filles. Voilà comment ça a démarré au niveau du football féminin. Petit à petit j’ai évolué. J’ai été ensuite en sport étude à Tours puis j’ai rejoint en 98 le Centre National de Clairefontaine, l’INF pour les filles à l’époque. Et puis les premières sélections jeunes sont arrivées. J’ai joué à la Roche sur Yon en D1 en 2000. Puis en 2002, j’ai rejoint Montpellier avant de signer à l’OL en 2006. Parallèlement à ça, il y a eu la première sélection en Equipe de France A qui est arrivée en 2000.

FM : Vous avez joué à Lyon, Paris ou encore Washington. Quel bilan tirez-vous de votre carrière ?

SB : Une carrière plutôt bien remplie. Assez satisfaite du travail accompli et des titres que j’ai pu remporter. Quand je dis "j’ai", c’est avec les différentes équipes où j’ai pu évoluer parce que le foot reste un sport collectif et toute seule je n’aurais pas réussi à atteindre ces objectifs. Plutôt satisfaite du parcours d’ensemble. Le bilan est positif. Il y a beaucoup de satisfactions dans le sens où j’étais compétitrice. C’est vrai qu’à chaque fois que je répondais à un nouveau projet, avec de nouvelles ambitions, on a réussi à atteindre les objectifs qu’on s’était fixé. Donc soit les titres de championnes de France ou ceux en Ligue des Champions avec l’Olympique Lyonnais. C’est une grosse satisfaction. Une petite fierté aussi. C’est surtout le plaisir de se dire qu’il y a eu beaucoup de travail de fourni et que ça a été récompensé par des titres. Maintenant quand je dois me retourner, même si je ne le fais pas souvent parce que ce n’est pas dans mes habitudes de regarder en arrière, si je dois tirer un petit bilan, aucun regret sur l’ensemble de ma carrière. A chaque fois, quand il y a eu des évènements positifs ou moins positifs, ça m’a permis de grandir en tant que personne. Je suis passée à autre chose assez facilement.

FM : Quel a été votre meilleur souvenir ?

SB : Le meilleur souvenir, c’est forcément les victoires en Ligue des Champions avec l’OL. C’étaient de grands moments. Après il y a eu malgré tout, même si on n’a pas réussi à le concrétiser par des titres, la participation à la Coupe du Monde 2011 en Allemagne et aux JO en 2012 à Londres. On a été pas loin de faire de bons résultats. Ca s’est joué à peu de choses. Mais le fait de jouer une Coupe du Monde en Allemagne, reste un super souvenir. C’était très bien organisé. Il y avait du monde dans les stades. J’en garde de bons souvenirs en Equipe de France. Les JO, pour tout athlète ça reste un souvenir mémorable.

De nouveaux projets professionnels et personnels

FM : Pourquoi avoir raccroché les crampons ?

SB : Tout simplement parce que j’avais l’impression d’avoir été au bout des choses. J’arrivais à un âge où sportivement j’avais l’impression d’avoir atteint les objectifs que je m’étais fixée. Dans ma vie un peu plus personnelle, il y avait d’autres projets qui me tenaient à coeur. Il était temps pour moi d’arrêter pour pouvoir mener ce projet un peu plus personnel. A 33 ans, j’ai jugé que c’était le bon âge pour arrêter.

FM : Si vous avez pris votre retraite, vous restez tout de même dans le milieu du football. Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur vos nouvelles fonctions ?

SB : Pour l’instant, très modestement j’apprend le métier d’entraîneur. L’année dernière j’étais responsable de la formation des jeunes à l’OL. Le président Aulas a envie au niveau de la section féminine de faire la même chose que chez les garçons c’est-à-dire de s’appuyer sur un centre de formation très performant pour pouvoir sortir de jeunes joueuses qui vont intégrer le groupe professionnel. Il m’a nommé à la fin de ma carrière, responsable de la formation avec les filles. Cette saison, je tiens toujours ce rôle et j’ai aussi un rôle d’ajointe auprès de Gérard Prêcheur avec l’équipe féminine. J’apprends sereinement ce métier qui est très exigeant. Autant quand j’étais joueuse, je me fixais des objectifs en termes de clubs et de titres de manière assez précise. Autant là, je laisse un petit peu venir, je regarde. Je n’ai pas forcément en tête ce que je voudrai faire dans trois-quatre ans. Pour le moment, je prends du plaisir à travailler avec les jeunes et au quotidien avec Gérard Prêcheur. Je ne me projette pas trop pour le moment. Je continue à m’enrichir en travaillant au quotidien et en passant des diplômes pour me perfectionner. L’année prochaine, je compte passer le Certificat de formateur. C’est un diplôme permettant d’être directrice d’un centre de formation.

FM : Vous avez été archiviste à OLTV. On vous a vu aussi collaboré avec W9. Travailler dans le domaine médiatique vous intéresse toujours ?

SB : C’est quelque chose de plaisant à faire. Je vous avouerai que par rapport au domaine télévisuel, j’aime beaucoup le rôle de consultante. C’est vrai que j’avais pu le faire avec W9 lors du Championnat d’Europe en 2013 en Suède. On avait commenté les matches de l’Equipe de France Féminine. Cet été, je devais aller commenter la Coupe du Monde au Canada sur W9 en tant que consultante. J’ai eu un contre temps qui m’empêche d’être présente au mois de juin. Concernant le rôle de femme de terrain, c’est différent. Je pense que quand on est consultante, on peut apporter un peu d’expertise de joueuse de haut niveau. Quand on est femme de terrain, c’est un peu plus le métier de journaliste qui doit rentrer en ligne de compte. C’est un métier et pas forcément une formation que j’ai pu suivre. Je me sens peut-être un peu moins compétente pour le faire.

FM : Vous allez aussi devenir maman dans les prochains mois. C’est un projet qui vous tenait à cœur...

SB : Oui. C’est un projet personnel avec son conjoint et ses proches. Par rapport à ça, il y a différentes manières de voir les choses. A titre personnel, on va dire que j’ai reçu le soutien de mes proches et de mon conjoint. On donne la priorité à la carrière. Il y a beaucoup de compétitions qui a un moment se sont enchaînées quasiment toutes les années. C’était difficile de faire une coupure et de revenir après. A titre personnel, j’imaginais mal le fait de pouvoir mettre au monde un enfant et être moins présente pour l’éduquer parce qu’on doit parfois s’absenter pour aller jouer et préparer des compétitions pendant un mois, un mois et demi. C’est quelque chose que je n’aurais certainement pas bien vécu. Je voulais d’abord vivre pleinement ma carrière de joueuse et c’est pour ça que j’ai arrêté la saison dernière. Je voulais fonder une famille.