Les jeunes entraîneurs ont la cote en Allemagne. Si Julian Nagelsmann, Pal Dardai, Florian Kohfeldt, Manuel Baum et Sandro Schwartz font respectivement les beaux jours du TSG Hoffenheim, du Hertha Berlin, du Werder Brême, d’Augsbourg et de Mayence, Domenico Tedesco n’est pas en reste. Âgé de 33 ans, le technicien allemand s’est vite imposé comme l’un des techniciens les plus prometteurs de sa génération. Rapidement propulsé sur le banc de Schalke 04, il parvient à maintenir son club lors de la saison 2016/2017. Très bien organisée, son équipe ne cesse de progresser et termine dauphin du Bayern Munich l’année suivante. Dès lors, l’idée d’un cycle vertueux et d’un retour des Knappen au sommet commence à prendre l’épaisseur. Malgré les fins de contrat de Leon Goretzka (Bayern Munich) et Maximilian Meyer (Crystal Palace) et les départs de Benedikt Höwedes (Lokomotiv Moscou), Thilo Kehrer (Paris Saint-Germain) ou encore Franco Di Santo (Rayo Vallecano), Schalke 04 se renforçait.

Hamza Mendyl (Lille), Omar Mascarell (Eintracht Francfort), Mark Uth (Hoffenheim), Sebastian Rudy (Bayern Munich), Salif Sané (Hanovre 96), Suat Serdar (Mayence) et Sebastian Skrzybski (Union Berlin) rejoignaient les Königsblauen en l’espace d’un été. Des investissements cruciaux pour se maintenir dans le haut de tableau. Toutefois, la greffe ne se faisait pas. Outre les arrivées tardives de certains éléments, la construction d’un effectif cohérent mettait du temps à se mettre en place. Après cinq défaites inaugurales face à Wolfsbourg (2-1), au Hertha (2-0), à Mönchengladbach (2-1), à Munich (2-0) et à Fribourg (1-0), Schalke 04 se trouvait à la dernière place du championnat. Une entame complètement ratée pour le club de Gelsenkirchen qui n’arrivera jamais à lancer sa saison. Certains cadres tels que Ralf Fährmann et Sebastian Rudy décevaient alors qu’ils étaient essentiels pour la réussite des Knappen. Néanmoins, le problème était plus profond.

En lutte pour le maintien

Tout d’abord, la solidité défensive de Schalke 04 volait en éclat. Grande force du club ouest-allemand depuis plus d’un an, cet aspect du jeu ne réussit plus au Knappen qui faisait preuve d’une grande fragilité. Avec 48 buts encaissés depuis le début de la saison, l’équipe de Domenico Tedesco n’a toujours pas trouvé la solution pour corriger les brèches malgré plusieurs systèmes utilisés (défense à 3 ou à 4). De plus, le secteur offensif n’est pas en meilleure forme (41 réalisations). En championnat, le meilleur buteur est Daniel Caligiuri alors qu’il est utilisé en tant que latéral ou piston droit. Le second ? Nabil Bentaleb est milieu défensif. Recruté pour jouer les seconds rôles Steven Skrzybski compte également trois buts et fait mieux que les titulaires que sont Mark Uth (2) et Guido Burgstaller (2). Au-delà des défections sportives, les tensions dans le vestiaire se font ressentir. Le clan des francophones composé d’Amine Harit, Nabil Bentaleb, Salif Sané et Hamza Mendyl étant particulièrement pointé du doigt. Bild a même expliqué que Domenico Tedesco souhaitant vendre Amine Harit cet hiver pour apaiser la situation mais le directeur sportif Christian Heidel s’y était opposé.

Actuellement quatorzième, Schalke 04 a connu de nombreuses désillusions en championnat ces dernières semaines. Face au Borussia Mönchengladbach (2-0), au Bayern Munich (3-1), à Mayence (3-0) ou tout dernièrement face au Fortuna Düsseldorf (4-0). Une nouvelle contre-performance qui a encore plus fragilisé Domenico Tedesco. Ce dernier a d’ailleurs admis en conférence de presse après cette humiliation que le club était en danger : « nous sommes définitivement dans une bataille de relégation avec cette défaite. C’est toujours à peu près la même chose : la lutte pour la survie. Honnêtement, je l’ai trop souvent manqué aujourd’hui. L’adversaire était plus rapide, plus fort, meilleur. Nous devons simplement nous battre beaucoup plus. » Le climat n’a jamais semblait aussi délétère entre la colère des supporters, ou le départ du directeur sportif Christian Heidel. Domenico Tedesco se retrouve dos au mur et le temps ne joue pas en sa faveur.