Nommé à la tête du Bayern Munich l’été dernier, Niko Kovac a fait d’excellents débuts. Tout d’abord, une victoire 5-0 en Super Coupe d’Allemagne face à l’Eintracht Francfort, le club qu’il a quitté pour rejoindre le Rekordmeister. Puis quatre victoires probantes en championnat face à Hoffenheim (3-1), Stuttgart (3-0), Leverkusen (3-1) et Schalke 04 (2-0). Plutôt intéressant lors de se premières sorties, le club bavarois va néanmoins perdre pied rapidement avec deux périodes de creux. La première est marquée par deux lourdes défaites face au Hertha Berlin (2-0) et au Borussia Mönchengladbach (3-0) tandis que la seconde est symbolisée par un succès du Borussia Dortmund (3-2) dans son Signal Iduna Park. Une défaite méritée pour des Munichois qui se retrouvaient à une inhabituelle troisième position en Bundesliga. Une catastrophe donc pour une institution qui avait fait de la première place une routine depuis six saisons.

Très vite, la chasse aux sorcières se met en place et Niko Kovac se trouve particulièrement visé. Tout d’abord pour ne pas avoir su maîtriser son vestiaire où les cadres historiques (Manuel Neuer, Thomas Müller, Arjen Robben, Franck Ribéry, Mats Hummels et Jérôme Boateng) n’ont pas apprécié ses méthodes et ont fait front pour demander la tête du technicien croate. Une requête que n’ont pas suivie les dirigeants bavarois. Même critiqué lors du rendez-vous annuel des actionnaires du Bayern Munich, le président Uli Hoeneß est resté droit dans ses bottes et a décidé de maintenir son coach. Il a néanmoins fait évoluer sa stratégie sur le marché des transferts en promettant plus d’investissements en vue de la saison suivante : « l’été prochain, l’équipe sera changée à certains postes. Nous allons être très actifs sur le marché des transferts. Nos caisses sont bien remplies. » Le quotidien allemand Bild avait révélé une enveloppe de 200 millions d’euros avec plusieurs noms (Ante Rebic et Luka Jovic de Francfort, Matthijs de Ligt de l’Ajax Amsterdam ou encore Nicolas Pépé du LOSC).

Retour en tête de la Bundesliga

Si le climat se calme autour du club suite à une prise de conscience des dirigeants, le retard sur le Borussia Dortmund semble très important et les espoirs d’un succès en Ligue des Champions très minces. Néanmoins, l’appui des dirigeants permet à Niko Kovac de retrouver un peu plus de sérénité pour travailler. Notre confrère de Fussball Transfers, Matthias Rudolph nous a donné son avis sur cette prise de position du club bavarois : « je ne sais pas vraiment ce qu’il s’est passé avec Ancelotti, mais je pense qu’il n’y avait pas une grande confiance en lui et en ses méthodes de travail. Kovac a moins d’expériences et ils ont décidé de lui faire confiance dans les semaines difficiles. Avec l’espoir qu’il peut apprendre et gérer cette situation. » Sans être vraiment flamboyant, le Bayern reprend peu à peu un rythme de croisière digne de son standing. Terminant en tête de leur groupe de Ligue des Champions devant l’Ajax Amsterdam, les Roten remontaient au classement grâce à cinq victoires de rang juste avant la trêve. Une série rêvée qui leur permettait de remonter au deuxième rang à six longueurs du leader.

Devant retrouver plus de solidité sur le plan défensif, Niko Kovac a dû faire un choix fort selon Matthias Rudolph : « il a décidé de faire de Niklas Süle un titulaire indiscutable tandis que Mats Hummels et Jérôme Boateng se partagent la seconde place dans l’axe. Ç’a été une décision forte de sa part. » Voulant reconstruire un groupe soudé, le technicien croate a décidé de repartir sur des bases saines et a restreint ses choix. « Il y a moins de rotation en ce moment. Au début de la saison, il y a en eu beaucoup, plusieurs joueurs ont été en colère et cela s’est fait ressentir sur le jeu de l’équipe. Le grand gagnant, c’est Javi Martinez. James Rodriguez aussi et revenu plus fort et a eu un rôle plus important. Tous les joueurs sont à un bon niveau ces derniers jours » nous a expliqué Matthias Rudolph. Un autre joueur a également profité de cette période de tension pour s’affirmer : Serge Gnabry. Revenu cet été après des prêts convaincants au Werder Brême puis à Hoffenheim, l’ancien joueur d’Arsenal a mis du temps à s’affirmer. Devenu désormais un titulaire sur le flanc droit de l’attaque - il a également évolué à gauche à plusieurs reprises - il facture 7 buts et 3 passes décisives en Bundesliga.

Cet avènement de l’international allemand marque également la fin de l’ère Robbery. Moins en vogue cette saison, les deux ailiers, Arjen Robben et Franck Ribéry vivent leur dernière saison sous la tunique bavaroise comme l’avait annoncé Uli Hoeneß le 2 décembre lors de la réunion des actionnaires du Bayern Munich « Ribéry et Robben vont probablement faire leur dernière année au Bayern. » Une déclaration qui a permis au club de se tourner vers le futur et de faire évoluer son jeu. Matthias Rudolph le décrypte : « je veux dire qu’il y a un bon mixe entre la défense et l’attaque actuellement. Cela est possible grâce à Javi Martinez qui est un vrai numéro 6. Kovac a utilisé Thiago Alcantara à ce poste, mais il manquait quelqu’un avec une idéologie défensive pour récupérer des ballons. » Après avoir rongé son pain noir, le Bayern Munich a su relever la tête de la meilleure des manières et compte 7 succès sur ses 9 matches disputés en 2019. Les derniers matches de championnat avec des succès flamboyants contre le Borussia Mönchengladbach (5-1) et le VfL Wolfsbourg (6-0) tendent à confirmer cette tendance. Plus solide et avec une attaque retrouvée, le Rekordmeister a retrouvé la tête de la Bundesliga. À égalité de points avec le Borussia Dortmund, mais avec une meilleure différence (+35 contre +33), l’équipe de Niko Kovac peut rêver plus que jamais d’un septième titre de rang. Mieux, le rêve européen peut se poursuivre. Pour cela, il faudra s’imposer contre Liverpool (huitième de finale retour de la Ligue des Champions à suivre mercredi à 21h sur notre live commenté) après le match nul 0-0 obtenu à Anfield lors de la rencontre aller.