La Coupe de France nous offre parfois des duels inégaux sur le papier entre clubs professionnels et amateurs. Mais dans la lutte entre David et Goliath, le plus fort ne l’emporte pas à tous les coups. Là est toute la magie de cette épreuve. Parmi les images les plus marquantes, on retiendra celle de Michaël Landreau, capitaine du FC Nantes, brandissant le trophée avec Reginald Becque, capitaine de Calais. C’était lors de la Coupe de France 2000. Pensionnaires de CFA, les Nordistes avaient réalisé un parcours quasi parfait. Une aventure qui a débuté au 4e tour avec un 10 à 0 infligé à Campagne-lès-Hedin. Le CRUFC a passé les étapes les unes après les autres en éliminant des clubs régionaux et des écuries de L2 à l’époque comme le LOSC et Cannes. Durant ce parcours atypique, Calais a accumulé les exploits. Le 18 mars 2000, les Rouge et Jaune ont crée la sensation en 1/4 de finale en sortant Strasbourg. Un club alors en élite. Ils se sont imposés 2 à 1 après avoir été mené 1 à 0. Calais remet ça quelques semaines plus tard. Sa victime cette fois-ci est Bordeaux. En prolongations, les joueurs du Pas-de-Calais s’imposent 3 à 1. Parmi les buteurs ce soir-là, on retrouve Matthieu Millien, ailier droit de Calais âgé de 21 ans à l’époque. Pour Foot Mercato, il est revenu sur cette épopée fantastique. « Ça a été un moment marquant de ma vie. On a touché du doigt notre rêve. Le meilleur souvenir a été la demi-finale. L’intensité qu’il pouvait y avoir et le fait qu’on joue au stade Bollaert avec 40 000 spectateurs qui nous soutenaient, c’était vraiment quelque chose de super ».

Calais, un parcours atypique

Sans complexe, les Calaisiens ont fait leur chemin en gardant les pieds sur terre. « Il ne fallait pas qu’on tombe dans la surexcitation de jouer contre des équipes de Ligue 1, explique Matthieu Millien. Le coach nous a préparés à ça. Il fallait qu’on joue tous les matches comme des matches de championnat. Mais forcément dans un coin de nos têtes on savait qu’en face de nous il y avait des pros, des gars qu’on admirait. On y pensait un peu avant le match. Pendant, il est clair qu’on oubliait. C’était une équipe comme les autres qu’on avait en face de nous. Après le match on se disait on a réussi à le faire quand même ». Chemin faisant, les Nordistes ont atteint la finale. Une finale disputée le 7 mai 2000 face au FC Nantes et surtout devant 78 000 personnes au Stade de France. Malgré l’ouverture du score de Dutitre, les Canaris égalisent par Sibierski avant d’obtenir un pénalty transformé dans les arrêts de jeu. Calais s’incline 2 à 1 et échoue donc sur la dernière marche. Qu’importe le club a marqué de son empreinte la 83e édition de la Coupe de France. « Ce que l’équipe a fait est très grand », confiait l’entraîneur Ladislas Lozano après la rencontre. Pratiquement 14 ans après, Matthieu Millien lui en parle avec enthousiasme : « Le Stade de France était impressionnant. Ça reste une image impossible à oublier. Le retour sur Calais sur la place de la Mairie lorsqu’on est revenu de la finale était marquant également. Tout le monde nous attendait » Professeur des écoles, il a désormais raccroché les crampons. Mais cette épopée reste gravée à vie. « Il ne se passe pas une semaine sans qu’on me parle de la Coupe de France. Sur Calais maintenant, le fait de passer deux ou trois tours de Coupe de France, on ressent tout de suite l’engouement. Les spectateurs viennent plus facilement au stade quand c’est la Coupe de France parce qu’il y a une histoire commune avec la Coupe. Il y a une petite effervescence ».

Montceau-les-Mines, une belle aventure

Un autre pensionnaire de CFA a aussi fait des siennes en Coupe de France. Il s’agit du FC Montceau Bourgogne. En 2007, la ville d’environ 47 000 habitants a vibré au rythme des exploits des footballeurs. Comme Calais, le club bourguignon est entré au 4e tour de la Coupe de France. Une entrée en lice sans soucis puisqu’il s’est imposé 4 à 2 face à Chevigny Saint-Sauveur. Le parcours de Montceau-les-Mines est plutôt tranquille jusqu’en 1/8e de finales. Un match au cours duquel l’écurie de CFA affronte Bordeaux. Pour l’occasion, le club dispute ce match à Gueugnon. Le stade Jean Laville est le théâtre du premier exploit des joueurs de Saône-et-Loire. En effet, le 31 janvier 2007 ils éliminent le club au scapulaire au terme d’une rencontre épique. Menés 1 à 0, ils égalisent à la 90e par Bébé Kambou (1-1). Idem en prolongations où de nouveau menés au score ils reviennent à égalité par l’intermédiaire de Ben Hassine cette fois-ci (2-2). Montceau-les-Mines s’impose finalement aux tirs au but (ndlr 5 à 4).

Loin d’être rassasiés, les Bourguignons remettent le couvert en 1/4 de finale. Ils s’offrent cette fois-ci le scalp du RC Lens où évoluaient des joueurs tels que Seydou Keita ou Milan Bisevac. Une victoire 1 à 0 grâce à un pénalty de Christophe Alidor. En 1/2 finale, ils affrontent Sochaux. L’aventure s’arrête là pour les Bourguignons qui s’inclinent 2 à 0 après prolongations. Montceau-les-Mines sort par la grande porte réussissant à être éliminé en étant invaincu dans le temps réglementaire face à des écuries de Ligue 1. Le FC Montceau Bourgogne et Calais, voilà donc des exemples de clubs ayant réussi des parcours honorables en Coupe de France. Dans la même veine, on peut citer notamment Amiens, finaliste en 2001, ou encore Carquefou auteur d’un beau parcours en 2008. Des épopées qui pourraient pourquoi pas inspirer Yzeure, club de CFA tombeur de Lorient qui affrontera l’OL, ou encore le MDA Chasselay de Ludovic Giuly qui a éliminé Istres, pensionnaire de L2, et qui défiera Monaco au prochain tour. Le début de belles histoires ? L’avenir nous le dira...

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