Les Rennais étaient humides dans les couloirs du Stade de France. Entre les gouttes de champagne versées qui perlaient encore sur les équipements de certains et les larmes d’émotion dans les yeux des autres, on pouvait mesurer la joie des Bretons de décrocher un titre, la Coupe de France, quarante-huit ans après leur dernier trophée. Tout le monde avait évidemment le sentiment du devoir accompli en zone mixte après le succès au bout du suspense face au Paris SG (2-2, 6 t.a.b. à 5). « Ça m’a procuré une émotion exceptionnelle. Ça a été une année difficile, et on a beaucoup travaillé pour en arriver là. On est contents, pour Rennes, la famille Pinault et tout le club. C’est une fierté immense », a confié Hatem Ben Arfa, repris par Clément Grenier, au micro de France 2.

« C’était dur dans tous les sens du terme. On a très mal démarré, on a pourtant regardé les vidéos et vu leurs combinaisons sur les coups de pied arrêtés. On sait que face à Paris, ce n’est jamais évident. Mais malgré tout, on est revenus. On est allés la chercher et on a donné le maximum. On voulait faire un grand match dans l’intensité, sans avoir de regrets. La loterie nous a souri. On peut être fiers de notre saison, c’est aussi une récompense. Il nous fallait cette victoire pour tous les Rennais, et aussi pour revivre les soirées européennes », expliquait le milieu rennais. Le son de cloche était le même pour Benjamin Bourigeaud et Benjamin André, encore incrédules, trophée à la main en zone mixte.

Julien Stéphan, grand artisan de cette réussite, a lui aussi savouré en conférence de presse d’après-match. « C’est exceptionnel, c’est le paradoxe de Rennes, on gagne lorsqu’on ne nous attend pas. On était outsiders, mais les joueurs ont fait un match exceptionnel, plein de courage et d’abnégation. On vit de grands moments et ça vient récompenser une saison remarquable en émotions. On va la ramener en Bretagne (la Coupe), et ça nous fera une grande fête. Et ça permet au club de grandir. On n’est plus des losers, mais un club qui a envie de gagner. C’est une victoire collective qui va rendre très fier tous les supporters rennais. On va arrêter de leur parler de la « loose » pour leur parler de ce trophée, qui à mon avis va changer le cours de l’histoire du club », a lâché le jeune coach conquérant, rendant lui aussi hommage à ses propriétaires.

Le témoignage fort de Danzé

Mais l’émotion est encore montée d’un cran lorsque Romain Danzé, présent lors des échecs contre Guingamp en Coupe de France (2009 et 2013) et Saint-Étienne en Coupe de la Ligue (2013) mais en tribunes ce samedi, s’est exprimé face aux micros tendus ! « Ça faisait 48 qu’on attendait donc on profite. On savoure. On en a tellement chié pour en arriver là qu’il faut profiter maintenant. (...) Il y a eu tellement d’échecs retentissants ici, contre des clubs à notre portée... Gagner maintenant, c’est extraordinaire, il suffit de voir l’engouement populaire. Beaucoup de gens ont souffert et sont aujourd’hui (samedi) récompensés de leur soutien envers le Stade Rennais », a conclu le pur produit de la formation bretonne, qui a brandi le trophée avec Benjamin André.

Le début d’une nouvelle ère ? C’est évidemment ce qu’espère le président Olivier Létang, lui aussi satisfait dans les travées du Stade de France. « On voulait jouer cette finale, que le club la vive, que les joueurs la jouent, ils l’ont fait, ils nous ont donné beaucoup d’émotions. On va savourer, en profiter, c’est important. Et ensuite, on va préparer l’avenir. Ramener cette Coupe de France à Rennes, c’est important. Cela signifie qu’on jouera le Trophée des Champions contre le PSG et qu’on aura la chance de rejouer une compétition européenne la saison prochaine pour que tout le public rennais puisse à nouveau en profiter et communier », a-t-il déclaré. Le Roazhon Park en trépigne déjà d’impatience !

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