Quelle meilleure manière de clore ces huitièmes de finale de la Coupe de la Ligue que de s’offrir un Classico opposant le Paris Saint-Germain à l’Olympique de Marseille ! Entre un club de la capitale déterminé à remporter un trophée cette saison, et une écurie phocéenne triple tenante de ce trophée, la partie promettait de valoir le détour. Et ce sont d’entrée de jeu les Rouge-et-Bleu qui mettent le pied sur le ballon, mais la tentative de Matuidi (6e) est sans danger pour Mandanda. Le PSG pousse et, sur une excellente remise de la tête de Thiago Silva, Bodmer (18e) se retrouve seul face au but, mais sa reprise s’envole inexplicablement au-dessus de la cage adverse. Mais l’OM n’est pas en reste et, suite à un bon travail de Cheyrou, une frappe enroulée de Valbuena (21e) fuit de peu le cadre. Un raté que les Marseillais vont regretter.

Car dans la foulée, Hoarau part dans la profondeur et est retenu par Fanni. L’arbitre n’hésite pas et, de manière très sévère il faut bien le dire, adresse un carton rouge au défenseur en plus de siffler pénalty. Une aubaine pour Thiago Silva (28e) qui prend à contre-pied Mandanda. 1-0, le PSG vire en tête. Et si Cheyrou (43e) contraint Douchez à se détendre, ce sont donc bien les pensionnaires du Parc des Princes qui mènent à la pause. Au retour des vestiaires, c’est Pastore (48e) qui prend les choses en main. El Flaco passe un grand pont à N’Koulou, avant de décocher un tir puissant qui passe néanmoins hors du cadre. Ce même Pastore qui, d’une ouverture lumineuse, met ensuite sur orbite Ménez (50e) qui profite de cette offrande pour catapulter le cuir au fond des filets. 2-0, Paris fait le break.

Le match semble alors plié, l’OM en infériorité numérique et mené de deux buts ne semblant pas avoir les armes pour lutter. Le PSG s’en donne à cœur joie, et perce à dose homéopathique. Une fois de plus lancé dans des conditions idéales, Ménez (69e) s’en va défier Mandanda en un contre un, mais voit son petit piqué être dévié sur sa ligne par un défenseur marseillais revenu en trombe. Dans la foulée, Rabiot adresse un centre parfait pour Hoarau (70e), dont la tête est trop décroisée. Les Marseillais sont en souffrance, et Rabiot (72e) est à deux doigts de corser l’addition, son tir frôlant le poteau. Et si Cheyrou (86e) trouve le poteau sur coup franc, c’est bien le PSG qui l’emporte (2-0), et sort l’OM de la Coupe de la Ligue.

L’homme du match : Jérémy Ménez (7,5) : on l’aime ou on le déteste, une chose est sûre, Jérémy Ménez ne laisse personne indifférent. Et ce soir, l’attaquant virevoltant du PSG a fatigué la défense marseillaise par ses déboulés et ses dribbles chaloupés. S’il a manqué de peu d’ouvrir le score en première période, il a inscrit le second but de la rencontre et aurait même pu doubler la mise sans un sauvetage sur la ligne d’Abdallah. Remplacé par Peguy Luyindula (78e)

PSG :

- Douchez (5)  : remplaçant de luxe de Sirigu, l’ancien Rennais avait face à l’OM une chance sans doute unique de faire parler de lui. Malheureusement pour lui, malgré un arrêt sur une frappe de loin de Cheyrou, Douchez n’a pas eu à s’employer devant les attaquants marseillais. Il a même été sauvé par son poteau en toute fin de rencontre.

- Jallet (5)  : quoi de mieux qu’une victoire dans un Classico pour fêter son 29e anniversaire ? Ce soir, Christophe Jallet n’a pas failli, même s’il a connu quelques sueurs froides en première période devant la vivacité et les dribbles de Mathieu Valbuena.

- Z.Camara (7)  : rarement aligné en défense centrale, Zoumana Camara a parfaitement tenu son rôle aux côtés de Thiago Silva. Impeccable dans ses interventions, Papus n’a que très rarement été pris à défaut. Une bonne nouvelle pour Carlo Ancelotti qui peut compter sur lui en cas de coup dur d’un cadre défensif.

- Thiago Silva (7,5) : affublé du titre de meilleur défenseur du monde à son arrivée au PSG, Thiago Silva a prouvé ce soir qu’il n’en était pas loin. Précis dans ses passes, solide dans ses duels, précieux dans ses interventions, et décisif sur penalty, le Brésilien a fait étalage de toute sa classe et n’a pas eu à forcer son talent devant la faiblesse de l’attaque marseillaise.

- Maxwell (6) : incisif dans les duels, l’ancien Barcelonais n’a pas hésité à prendre son couloir pour apporter le surnombre. La qualité de son pied gauche lui a permis de réaliser quelques belles passes, dont une superbe ouverture pour Hoarau sur le penalty et l’expulsion de Rod Fanni.

- Sissoko (5) : loin de son meilleur niveau, le milieu malien a fait le travail au milieu de terrain. S’il a retrouvé sa fougue légendaire, il n’a pas toujours été heureux dans certaines phases de jeu. Remplacé par Adrien Rabiot (61e), auteur d’une bonne entrée en jeu.

- Bodmer (6,5) : sa technique léchée lui a permis de se sortir de bien des mauvaises passes au milieu de terrain. Précieux par sa relance, il a pourtant raté l’immanquable aux six mètres, seul devant Mandanda (16e). Sa magnifique ouverture pour Ménez a failli être décisive sans un sauvetage sur sa ligne d’Abdallah.

- Matuidi (7) : une grosse activité en début de match comme à son habitude. Mais si le milieu international tricolore a beaucoup apporté au milieu de terrain, son impact sur le jeu s’est étiolé au fil de la rencontre, la faute sans doute à un manque de fraicheur physique. Reste un sauvetage déterminant en fin de match devant Cheyrou. Remplacé par Siaka Tiené (78e).

- Pastore (5) : s’il ne manque pas d’envie, El Flaco aura encore multiplié les passes ratées et les mauvais choix. Mais l’Argentin reste un grand joueur qui est capable de réaliser de grandes choses. S’il a raté le cadre après un grand pont réalisé devant N’Koulou (47e), il a offert une superbe passe décisive sur le second but parisien de Ménez (50e). Une fois encore, le Parc des Princes a vu un Pastore sur courant alternatif ce soir.

- Ménez (7,5) : voir ci-dessus.

- Hoarau (6)  : en l’absence de Zlatan Ibrahimovic, Guillaume Hoarau était chargé de dynamiter la défense marseillaise. Dans son style de jeu caractéristique de pivot, l’attaquant réunionnais a réalisé une bonne entame de match, régalant par ses déviations. C’est lui qui va amener le penalty après un joli appel de balle suite à une longue transversale de Maxwell. En manque cruel de rythme, il a baissé de pied au fil du match mais s’est tout de même révélé précieux devant.

Olympique de Marseille :

- Mandanda (4,5) : soirée compliquée pour le numéro 2 chez les Bleus. N’ayant pas vraiment eu l’occasion de briller sur des parades décisives, le dernier rempart est en revanche allé chercher le cuir au fond de ses filets à deux reprises. Il y a des matches comme ça.

- Morel (5) : souvent raillé par les supporters marseillais, le latéral gauche n’aura pas démérité. L’ancien Lorientais s’est bien battu, auteur de quelques interventions solides sur le plan défensif, se battant tant que possible. Moins en vue offensivement qu’à l’accoutumée.

- N’Koulou (4,5) : on le connait tellement brillant et déterminant, que voir le Camerounais être quelconque semble étonnant. Et pourtant, le Lion Indomptable n’a pas livré une prestation exceptionnelle, voyant même Javier Pastore lui passer un drôle de grand pont au retour des vestiaires. Suffisamment rare pour être signalé.

- Fanni (non noté) : auteur d’une bonne saison au poste de défenseur central, l’ancien Rennais a rapidement déchanté. Pris par Hoarau, le Phocéen a commis l’irréparable, concédant un pénalty et écopant d’un carton rouge sévère malgré tout.

- Abdallah (4) : tout va très vite dans la carrière de l’ancien chauffeur-livreur, qui voit sa carrière de footballeur prendre une sacrée dimension depuis quelques semaines. Mais ce soir, le latéral droit n’a pas vraiment été à son avantage, souvent pris de court défensivement, et insignifiant sur le plan offensif.

- Kaboré (3,5) : auteur d’une bonne entame de match en qualité de récupérateur, malgré quelques soucis dans la transmission, le Burkinabé a dû reculer d’un cran suite à l’exclusion de Rod Fanni. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le joueur a souffert dans ce rôle, souvent mis à mal par les attaquants parisiens.

- Cheyrou (6) : sans être vraiment transcendant, le gaucher a au moins eu le mérite de mouiller le maillot comme on dit. Beaucoup d’activité dans l’entrejeu, l’ancien Auxerrois a couru énormément pour tenter de récupérer le ballon. S’est également projeté vers l’avant quand il le fallait pour apporter des solutions offensives. Aurait pu marquer, son pénalty en toute fin de match trouvant le poteau.

- A. Ayew (4,5) : une prestation moyenne pour le milieu offensif gauche de l’Olympique de Marseille. Rarement mis dans de bonnes conditions, il n’a pas vraiment eu l’occasion de faire des différences dans son couloir, bien pris par un Jallet vigilant. S’est bien comporté défensivement, où il a fait le boulot. Remplacé par J. Ayew (64e).

- Valbuena (6) : comme souvent depuis le début de la saison, Petit Vélo a été le Marseillais le plus en vue dans ce Classico. S’il n’a bien évidemment pas fourni sa meilleure prestation, le meneur de jeu de poche n’a jamais lâché, toujours disponible pour ses coéquipiers, et tentant de provoquer le danger, à l’image de sa belle frappe enroulée en première mi-temps.

- Amalfitano (4,5) : prestation assez insipide de la part de l’ancien Sedanais. Si sa capacité à se sacrifier défensivement sauve en partie son match, son manque d’impact offensif n’est pas passé inaperçu, lui qui a souvent fait les mauvais choix ballon au pied.

- Rémy (3) : décidément, l’international tricolore a toutes les peines du monde à retrouver son meilleur niveau. Si étincelant ces deux dernières saisons, l’avant-centre est à la dérive depuis son retour de blessure, et cela s’est encore vu ce soir, où l’attaquant a traversé ce Classico tel une âme en peine, incapable de faire la moindre différence et de se mettre dans une situation favorable. Remplacé par Abdullah (72e).