Des insultes à la mi-temps, un entraîneur lâché par ses joueurs, une grève de l’entraînement surréaliste, l’équipe de France a affiché un pitoyable visage à la face du monde ces derniers jours. Si ces évènements ont évidemment fait jaser la presse mondiale, une sélection n’est pas passée loin de telles déconvenues. Mais à la différence de l’équipe de France, elle est dirigée par un homme à poigne. On parle bien sûr de l’Angleterre, entraînée par Fabio Capello.

Comme pour les Bleus, les deux premiers résultats de la phase de poule ont déçu. Pas de défaite certes, mais les deux matches nuls face à des formations de niveau inférieur ont fait trembler les fondations pourtant solides bâties par le sélectionneur de nationalité italienne lors des matches de qualifications. La « République des joueurs » n’existe pas qu’en Hexagone. Cela s’est constaté avec les déclarations de John Terry, qui a publiquement réclamé des changements dans l’organisation de Capello. Ce genre de récriminations, qui, en France, a abouti à la mise à l’écart de Gourcuff et à bien d’autres problèmes par la suite, a été étouffé dans l’œuf. Terry, forte tête, a eu du répondant. Capello n’est pas homme à se laisser critiquer publiquement par un de ses joueurs en pleine Coupe du Monde.

Le résultat, le voici : « Je suis venu à la conférence de presse dimanche dans l’intention d’être honnête. On m’a posé une question sur Joe Cole et peut-être ai-je été trop loin. Mais je n’ai jamais eu l’intention de contrarier le sélectionneur ou les joueurs. Et si j’ai contrarié qui que ce soit, je m’en excuse. J’ai dit au sélectionneur qu’il avait mon soutien total », a lâché John Terry aujourd’hui. La contestation a été tuée par Fabio Capello avant qu’elle ne prenne une envergure trop grande. « C’est une grande erreur, une très grande erreur », avait réagi l’Italien. Interrogé sur les risques de voir la situation dégénérer comme avec l’équipe de France, Capello n’a pas molli. « Ce n’est pas une révolution, c’est l’erreur d’un joueur ».

En stigmatisant immédiatement une sortie médiatique de John Terry, à qui il avait enlevé le capitanat lors de la fameuse histoire de coucherie avec l’ex-femme de Wayne Bridge, Fabio Capello a de nouveau affirmé une autorité pourtant mise à mal par deux premiers résultats décevants. Il faut dire que, contrairement à Domenech, il est sous contrat jusqu’en 2012 et bénéficie du soutien total de sa fédération. Il a également annoncé qu’il prendrait ses responsabilités en cas d’échec en démissionnant de son poste... Aujourd’hui, la sélection des Three Lions est totalement concentrée sur son match décisif face à la Slovénie et acquise à la cause de son entraîneur. Et ce, malgré quelques voix dissonantes et le scepticisme sous-jacent de certains joueurs. Mais tout cela passe au second plan face à l’urgence de la situation. Une bonne leçon pour nos Bleus.

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