Ce Mondial 2010 déjoue décidément tous les pronostics. Après l’équipe de France, voici que l’Italie sort à son tour de la compétition. Décevante depuis le début de la compétition, la Squadra Azzura croyait en ses chances et était sûre de pouvoir passer ce premier tour. Mais c’était sans compter sur une surprenante équipe de Slovaquie qui aura réalisé une incroyable performance. En profitant de l’attentisme d’une équipe italienne apathique, les coéquipiers de Robert Vittek s’offrent leur ticket pour les huitièmes de finale.

Dès le début de la rencontre, les hommes de Marcelo Lippi semblent hors du coup. Incapables de tenir la comparaison avec les Slovaques, les Italiens vont logiquement encaisser un but sur une mauvaise relance de Daniele De Rossi. Robert Vittek n’en demandait pas tant et ouvrait le score d’une belle frappe croisée des dix-huit mètres (24e). Impuissants, les champions du monde en titre sont même tout près d’encaisser un second but sur une frappe de Strba, détournée du bout du doigt en corner par Marchetti (35e). À la mi-temps, l’Italie est en plein doute et est éliminée du Mondial.

À la reprise, Marcelo Lippi insuffle du sang neuf et fait entrer Maggio et Quagliarella. Si ces entrées vont faire un bien énorme aux Italiens, rien ne change et la Slovaquie tient là un incroyable exploit. Malgré une incroyable occasion de but d’Antonio Di Natale repoussée par Skrtel sur sa ligne (67e), l’Italie n’y arrive pas et va même encaisser un second but par l’inévitable Robert Vittek qui signe un doublé en reprenant victorieusement un centre d’Hamsik, devenant par la même occasion le meilleur buteur de la compétition avec Gonzalo Higuain avec 3 buts. C’est alors que le match va s’emballer dans les dix dernières minutes lorsqu’Antonio Di Natale réduit le score sur un but qui ressemble étrangement au but de Malouda face à l’Afrique du Sud (81e). Mais alors que la pression italienne est à son paroxysme, Kopunek va crucifier l’Italie en marquant le troisième but slovaque suite à une longue touche d’Hamsik (89e). La superbe réduction du score en toute fin de match de Quagliarella restera anecdotique (90e +1). L’Italie termine également dernière de son groupe et sort du Mondial par la petite porte, mais ne méritait finalement pas mieux.

L’homme du match : Vittek (7,5) : l’attaquant slovaque a été vraiment brillant. À la 24e minute de jeu, l’attaquant ouvre le score, d’une frappe sans contrôle et en taclant, trompant ainsi la vigilance du dernier rempart italien. A remis le couvert à la 74e minute de jeu. Coupant la trajectoire du centre d’Hamsik au premier poteau, l’avant-centre y est allé de son doublé. Utilisé comme pivot, Vittek a éclairé le jeu des siens, permettant à son bloc de remonter et offrant des solutions à ses coéquipiers. Jouant pleinement son rôle de premier défenseur, l’ancien Lillois a tenu son rang à merveille, n’hésitant pas à aller au charbon pour empêcher les relances de la Squadra Azzurra. D’ailleurs, il a été averti à la 39e minute suite à une faute sur Fabio Cannavaro. Un match plein de la part de l’homme fort slovaque, marchant sur l’eau durant cette partie. Remplacé par Sestak (92e).

Slovaquie

Mucha (5) : le dernier rempart n’a vraiment pas eu grand-chose à se mettre sous la dent en première mi-temps. Dans les 45 dernières minutes, le portier a fait le métier, intervenant à maintes reprises, sans pour autant se montrer très rassurant pour ses défenseurs.

Pekarik (5,5) : l’arrière droit a mis à mal les attaquants transalpins. Très solide défensivement, le défenseur a fait preuve d’une technique certaine, lui permettant d’assurer ses interventions et de participer aux actions offensives de son équipe.

Skrtel (6,5) : le défenseur central de Liverpool semble retrouver peu à peu ses jambes. Ayant réalisé une saison moyenne avec les Reds, le tatoué a cette fois retrouvé ses jambes d’antan. Auteur d’interventions pleines d’à-propos, le joueur a dû rendre le sourire aux supporters d’Anfield Road. Auteur d’un sauvetage miraculeux sur sa ligne, propulsant la Slovaquie en huitièmes de finale (67e).

Durica (5,5) : un peu moins en vue que son compère de la charnière slovaque, Durica a malgré tout fait le métier. Solide et dur sur l’homme, le joueur n’a certes pas été aussi présent que Skrtel, mais a tout de même été à la hauteur.

Zabavnik (5) : l’arrière gauche a été lui aussi costaud. Annihilant tant que possible les offensives transalpines venant sur son couloir, Zabavnik a fait le métier sans apporter un réel plus sur le plan offensif. A baissé de pied en deuxième période.

Strba (6) : une performance XXL de la part de la tour de contrôle du milieu de terrain de la Slovaquie. Récupérateur hors pair, le joueur a donné du fil à retordre à ses adversaires du jour, allant au duel quitte à y laisser des plumes. Remplacé par Kopunek (87e) qui a trouvé le temps de marquer, d’une balle piquée trompant astucieusement le gardien italien.

Kucka (5,5) : le milieu de terrain slovaque a causé bien des problèmes à l’entrejeu italien. À l’instar de Strba, Kucka a fait parler sa puissance, remportant la bataille du rond central. Auteur d’une reprise de volée inspirée dans les arrêts de jeu de la première mi-temps, qui aurait pu faire mouche.

Hamsik (6,5) : le grand espoir du football slovaque a enfin su faire l’étalage de tout son talent durant un match du Mondial. Virevoltant, bagarreur et n’hésitant pas à se projeter vers l’avant pour apporter des solutions à ses partenaires, le capitaine a su prendre les choses en main. Une performance remarquée, la star du championnat italien adressant même une passe décisive à Vittek sur le deuxième but.

Stoch (6) : la mobylette slovaque a fait tourner en bourrique les défenseurs italiens. Prenant systématiquement le dessus grâce à sa vitesse, le virevoltant ailier gauche a fait souffrir ses vis-à-vis. Une prestation convaincante.

Jendrisek (5,5) : le Slovaque s’est battu comme un beau diable. L’attaquant a apporté un soutien de poids à un Robert Vittek posté seul aux avant-postes. Très en vue durant cette rencontre, le joueur a d’ailleurs réalisé une passe décisive, une belle balle en profondeur envoyant sur orbite Vittek qui crucifie ensuite Marchetti sur le premier but. Remplacé par Petras (94e).

Vittek (7,5) : Voir ci dessus

Italie

Marchetti (6) : invité-surprise de ce Mondial côté italien, suite à la blessure de Gigi Buffon, le portier de Cagliari a parfaitement tenu son rôle en sauvant plusieurs situations chaudes devant le but italien. Il ne peut rien sur les trois buts.

Zambrotta (4) : à l’instar de Canavarro, Zambrotta voit inexorablement le poids des ans peser sur ses performances. Moins tranchant qu’auparavant, le défenseur italien n’a plus cette faculté à se projeter vers l’avant.

Chiellini (4) : a alterné le moyen et le très mauvais. Régulièrement mis à mal par Robert Vittek, le défenseur central italien va avoir toutes les peines du monde à contenir les offensives slovaques. S’il a réalisé quelques interventions intéressantes, son absence sur certaines attaques n’a pas aidé son équipe.

Canavarro (3) : largement critiqué lors des premiers matches, le vieillissant capitaine italien n’a pas fait mieux face à la Slovaquie. Régulièrement dépassé, le champion du monde 2006 a multiplié les fautes et les relances approximatives.

Criscito (4) : trop timoré, le latéral gauche italien s’est fait régulièrement débordé par les offensives slovaques. Incapable de faire la différence sur son côté, il sera remplacé par Maggio (4,5) à la mi-temps. Ce dernier effectuera une entrée prometteuse, mais va rapidement rentrer dans le rang au fil de la rencontre.

De Rossi (3) : coupable d’une mauvaise relance sur le premier but de Vittek, il ne s’en remettra jamais. Le milieu de terrain a réalisé une prestation bien terne, bien en deçà de ce qu’il réalise sous les couleurs de l’AS Roma.

Gattuso (4,5) : le guerrier italien n’a rien lâché durant 45 minutes et n’a pas ménagé ses efforts au milieu de terrain. Malheureusement pour lui, il s’est plutôt illustré en imposant son jeu rugueux comme lors de son duel impressionnant face à Strba, qui y laissera une partie de son genou. Remplacé par Quagliarella (6) à la mi-temps qui va faire une entrée remarquée sur le terrain en apportant un vrai plus offensif. Il aurait même pu égaliser après une reprise de demi-volée sauvée sur sa ligne par un défenseur slovaque (68e) mais va être récompensé de sa bonne entrée en jeu en marquant l’un des plus beaux buts du Mondial sur une merveille de lob (90e+1).

Montolivo (3) : complètement perdu sur le terrain, le longiligne milieu de terrain italien n’a rien réussi. Il a sans doute été l’un des Italiens les plus faibles de la rencontre. Remplacé par le stratège Andrea Pirlo (56e) qui fera beaucoup de bien au milieu de terrain en apportant une touche technique et une qualité de passe qui faisait cruellement défaut avant son entrée en jeu.

Pepe (3) : aligné pour apporter de la vitesse et de la percussion sur son côté droit, le futur joueur de la Juventus a été parfaitement bloqué par les défenseurs slovaques, et n’a que rarement pu offrir de bons ballons à Iaquinta. Encore un peu tendre pour le haut niveau.

Di Natale (5) : invisible en première période sur son côté, son replacement dans l’axe en soutien de Iaquinta en seconde période va lui permettre de toucher plus de ballons, et le meilleur buteur du dernier Calcio va mettre le feu dans la défense slovaque, inscrivant un but.

Iaquinta (4) : beaucoup de déchets techniques pour l’attaquant de la Juve. Rarement servi en bonne position, Iaquinta a raté les occasions qui se sont offertes à lui comme sur cette tête complètement ratée après un centre contré de Maggio (51e). Un léger mieux en fin de match, mais rien de transcendant.