À quelques mètres près, l’Iran était tout proche de réaliser l’exploit d’éliminer le Portugal du Mondial en Russie. Mais le nul final entre les deux écuries qualifiait les champions d’Europe 2016. Pendant et après le match, Carlos Queiroz, sélectionneur... portugais de la Team Melli, avait regretté plusieurs décisions liées à la VAR lors de la rencontre. Une posture qui n’avait pas franchement plu à certains acteurs et au pays. Longuement interrogé par le quotidien généraliste portugais Publico, le technicien lusitanien a tenu à rétablir ses vérités. « Je suis heureux, nous avons fait un excellent travail. Nous avons bloqué l’équipe sur tous ses points forts. Ne pas avoir l’humilité de reconnaître notre mérite, c’est vraiment un manque de respect. (...) Si l’on excepte l’action de génie de Quaresma, le Portugal ne nous a pas mis en danger. Je dis ce que beaucoup de gens aimeraient dire mais ne disent pas », a-t-il confié avant de poursuivre.

« Je n’ai pas critiqué l’arbitrage, contrairement à ce qui a été dit. J’ai simplement parlé de la VAR. Je veux juste savoir comment cela fonctionne. Qu’est-ce qui se passe ? Qui arbitre le match ? Il y a des doutes soulevés par tous les entraîneurs. Le public aussi ne sait pas et doit savoir. J’ai parlé de ça avec Fernando Santos à la FIFA et nous avons tous des doutes », a-t-il martelé avant de pointer du doigt certains comportements lusitaniens. « J’ai aussi été triste que certains joueurs portugais refusent d’échanger leurs maillots avec les Iraniens. Je le réaffirme : ce ne sont pas ces valeurs que j’ai reçues, de respect, d’humilité, d’éthique et de tolérance. Elles ne doivent pas s’oublier, même quand tu es le plus grand du monde. (...) Quaresma ? Dire que je n’ai pas respecté les joueurs portugais… Comment peut-on dire ça ? J’ai été heureux que trois joueurs soient venus me saluer en fin de match : Adrien, Bruno Alves et Beto », a-t-il indiqué avant d’insister.

« Ne puis-je pas être portugais et honnête ? »

« Personnellement, je ne m’identifie pas à certaines choses qui se passent dans l’équipe portugaise. Ne pas saluer un entraîneur qui a servi pendant 12 ans les intérêts des différentes sélections portugaises. J’ai gagné des Mondiaux et des Euros, avec des réformes et des idées. L’histoire de la Fédération Portugaise de Football n’a pas commencé sur l’île de Madère avec Cristiano Ronaldo. Les valeurs que m’ont transmises José Augusto, Simões, Eusébio, Torres, Jaime Graça, Humberto Coelho ou Toni ne sont pas celles-là. Je ne dis pas qu’elles sont mauvaises, je dis simplement que je ne les partage pas », a-t-il glissé. Mis au banc après son échec sur le banc de touche du Portugal lors du Mondial 2010 en Afrique du Sud, le coach a lavé son honneur, pointant du doigt les critiques au pays. « J’en ai déjà eu pour mon compte en Afrique du Sud. Certaines des personnes qui ont tenté de détruire ma vie personnelle et professionnelle sont aujourd’hui accusées, certaines sont même en prison ou proche d’y finir. (...) Et la traditionnelle presse portugaise qui, depuis 2010, à chaque fois qu’elle me croise insinue que je suis moins portugais que d’autres », a-t-il lâché avant de marteler.

« Contrairement à certains commentateurs qui m’ont critiqué après le match, je ne dois rien à personne. Je les connais tous et les présidents qui les payaient pour parler aussi. Et c’est pour ça que certains d’entre eux ne m’aiment pas. La vérité blesse. (...) Je suis habitué à être l’homme qui vit contre une partie de la nation et qui a une partie de la nation contre lui. C’est un stigmate presque politique depuis le Mondial en Afrique du Sud. Quand je suis sur un banc de touche, je défends les intérêts de mon équipe et quand il y a une erreur, je le dis. Ne puis-je pas être portugais et honnête ? (...) Et je parle en tant que Carlos Queiroz, professionnel et entraîneur de l’Iran, pas supporter du Portugal. (...) Une partie de la presse m’a accusé de cacher un cas de dopage parce qu’il s’agissait d’un joueur de Manchester United (Nani). C’était une honte. Je n’ai pas de compte à régler, mais je n’oublie pas », a-t-il conclu, amer. Pas sûr que ces cicatrices se referment...

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