Le deuxième match de l’équipe de France dans cette Coupe du Monde 2018 a rassuré en partie les observateurs. Certes la deuxième période des hommes de Didier Deschamps a surtout ressemblé à un atelier "défense intensive", mais les prémices d’un jeu retrouvé lors des 45 premières minutes ont quelque peu dissipé le gros nuage d’ombres apparu lors du choc face à l’Australie. Et même bien avant. Les Bleus ne s’étaient en effet pas encore envolés pour la Russie que leurs prestations face aux Etats-Unis et l’Italie laissaient un goût sucré-salé pas forcément annonciateur d’un festin à venir au Mondial.

Certains Bleus surpris par les difficultés des ténors du Mondial

Et si la victoire très poussive acquise contre les Socceroos a confirmé la tendance, nos Bleus ne sont pas condamnés pour autant à faire place nette aux grands favoris du tournoi que sont l’Espagne, le Brésil ou encore l’Allemagne. Car entre temps, la bande de Didier Deschamps s’est qualifiée pour les huitièmes de finale avant son troisième match de poule, et plusieurs gros bras de la compétition ont affiché un visage loin d’être aussi séduisant qu’annoncé. A commencer par les champions du monde en titre allemands, surpris d’entrée de jeu par le Mexique (0-1) et qui ont dû attendre un exploit de Toni Kroos dans le temps additionnel pour battre la Suède (2-1). Une défaite inaugurale qui a d’ailleurs provoqué une réunion de crise au sein de la Nationamannschaft avant le choc contre la Suède. L’Espagne, elle, n’a pas perdu, mais sa fébrilité défensive affichée face au Portugal (3-3) et son match gagné aux forceps contre la modeste équipe d’Iran (1-0) ont surpris. Tout comme la victoire à l’arraché de l’Angleterre contre la Tunisie (2-1), celle du Brésil face au Costa Rica dans le temps additionnel (2-0) ou encore le fiasco de l’Argentine face à l’Islande (1-1) et la Croatie (0-3).

De quoi reconsidérer les chances françaises d’aller au bout ? Pour Deschamps, ces résultats démontrent, dans un premier temps, qu’il faut se contenter des victoires acquises au lieu d’espérer une équipe de France flamboyante. « J’ai vu l’équipe d’Espagne contre l’Iran qui a passé les dix dernières minutes à défendre. Si vous voulez qu’on batte nos adversaires 5-0, il ne faut ne pas venir à la Coupe du Monde. En tout cas, pas celle-là parce que c’est compliqué pour tout le monde », a-t-il indiqué en conférence de presse après le succès face au Pérou (1-0). Un constat confirmé par Djibril Sidibé samedi en conférence de presse. « Un bon signe ? Je ne sais pas, mais ce qui ressort de tous ces matches c’est qu’on voit que les grandes nations, malgré leur qualité techniques très élevées, c’est la combativité de toutes les équipes. Ça nous montre que ce n’est pas seulement le talent, mais qu’il faut aller à la guerre à chaque match pour vraiment gagner. Pour le Brésil, l’Argentine, l’Espagne, on voit qu’ils ont peiné pour gagner leurs matches. Aujourd’hui, on est dans une situation où, même si tous nos matches n’ont pas été parfaits, on monte en puissance, il y a eu de bonnes choses. On a gagné nos deux premiers matches, on espère gagner le troisième (face au Danemark, ndlr) pour engranger de la confiance ».

Pogba croit au sacre mondial de la France

Interrogé à son tour, même Florian Thauvin a confié qu’il ne s’attendait pas à voir les "gros" du tournoi se bagarrer autant. « C’est vrai qu’on a pas mal de temps libre. Je regarde beaucoup de matches. je suis assez surpris dans cette Coupe du Monde parce qu’on voit que tous les matches sont compliqués, même pour les gros. Ça prouve qu’il faut être à fond à tous les matches. Cette compétition sera dure jusqu’au bout ». Un constat qui n’a, en revanche, pas surpris Paul Pogba, présent en Russie pour son deuxième Mondial. « Vous avez vu la Coupe du Monde, vous avez vu les matches, hier l’Allemagne. Les joueurs qu’ils ont, ils ont gagné la Coupe du Monde... Vous avez vu la difficultés des matches. C’est un match de Coupe du Monde. C’est pas facile. Juste, pour vous dire aussi, au niveau du classement FIFA, on a le groupe le plus difficile, je ne sais pas si vous avez vu ça. Même si on a des joueurs de qualité, il y a aussi des joueurs qui donnent tout pour leur pays. Il n’y a pas de joueurs de bas niveau, de petites équipes. Ce sont des matches de Coupe du monde. C’est le haut niveau c’est tout ».

Un tournoi serré qui laisse donc plus que jamais la porte ouverte à des surprises. Et pour la Pioche, l’équipe de France a les moyens de tirer son épingle du jeu pour viser le couronnement mondial le 15 juillet prochain à Moscou. « On a des joueurs de qualité, un bon groupe. Bien sûr, on joue cette Coupe du Monde. C’est possible (le sacre). Tout est possible. On sait que ça ne va pas être facile. Vous avez vu les matches. Il n’y a pas de petites équipes. Je sais qu’on peut le faire. Il y a encore beaucoup de chemin, il va falloir se batte et être fort ». Qualifiés pour les huitièmes de finale, les Bleus avancent doucement et tranquillement vers leur objectif avoué. Et le match face au Danemark sera une bonne occasion de confirmer leur montée en puissance avant les choses sérieuses.