C’est un conte de fées comme l’offre souvent l’histoire de la Coupe du Monde. Si Aleksandr Golovin (22 ans) a été prépondérant dans le large succès de la Russie en match d’ouverture jeudi, à Moscou, face à l’Arabie Saoudite (5-0), grâce à un somptueux but sur coup franc et deux passes décisives, on retiendra surtout le doublé spectaculaire de Denys Cheryshev (27 ans). Sur le premier, l’attaquant russe mystifie deux défenseurs saoudiens grâce à un habile contrôle piqué avant de fusiller du droit le portier adverse.

Sur le second, il réalise un superbe enchaînement contrôle-frappe lobée de l’extérieur du gauche laissant le gardien sans réaction. Deux réalisations exceptionnelles, deux images fortes, qui lui vaudront le titre d’homme du match décerné par la FIFA. Un formidable signe du destin pour le pensionnaire de Villarreal, sur le banc de touche au coup d’envoi de la rencontre. Lancé en jeu par Stanislav Cherchesov suite à la sortie sur blessure d’Alan Dzagoev, le natif de Nizhny Novgorod ne s’attendait pas à cela.

« J’étais déjà heureux d’être parmi les 23 »

« Je n’aurais même pas imaginé une journée pareille dans mes rêves les plus fous », a-t-il lancé en conférence de presse d’après-match avant de poursuivre. « J’étais déjà heureux d’être parmi les 23 et je ne pouvais pas rêver mieux. Je respecte toujours les décisions du coach, je n’avais pas à être énervé d’être sur le banc. Je vais continuer à travailler de la même façon. Je suis très content d’avoir aidé mon équipe et heureux pour ma famille. Ils ont beaucoup souffert », a-t-il lâché. Il faut dire que l’ex du Real Madrid revient de loin. Ces derniers mois, il a enchaîné les pépins physiques et les opérations. À force de courage et d’opiniâtreté, il a su revenir et de quelle manière.

Crédité d’un 8/10 par Sport-Express, qui parle de « son deuxième but comme d’une cerise sur le gâteau » pour ce match d’ouverture, il a donné raison à son sélectionneur qui l’a préféré à Aleksei Miranchuk. « Quant à Cheryshev, pour vous, parfois, certaines choses se produisent de façon inattendue, mais pour nous, qui regardons objectivement et attentivement le processus d’entraînement, nous savons quel joueur de football est dans quelle condition - non seulement physique, mais aussi psychologique - d’aider l’équipe. Avec la vitesse que Denis possède, je m’attendais à ce qu’il renforce le jeu », a confié le coach. Avec l’absence de Dzagoev, estimé à trois semaines, Denys Cheryshev aura l’occasion de lui rendre sa confiance et d’étirer sa belle histoire.