« Didier Deschamps est comme au début de la compétition : détendu (...) En plus on a eu la chance de voir nos familles et nos femmes, donc je pense qu’il doit être détendu là… », a confié un Samuel Umtiti un brin taquin face à un auditorium hilare dimanche à Istra. Guy Stéphan en a rajouté une couche lundi en reprenant la formule du Barcelonais au moment de parler de celui dont il est l’adjoint. Une visite des proches qui a donc eu l’effet attendu sur les Bleus. Plongés la tête la première dans leur Coupe du Monde, les Tricolores s’impatientaient à l’idée de retrouver leurs familles après de longues semaines de séparation comme l’avait expliqué Florian Thauvin en conférence de presse. « C’est sûr que nos proches nous manquent beaucoup. Ce n’est pas facile de vivre sans les gens qu’on aime. Après, on passe du temps ensemble, on rigole, donc le temps passe vite. On se sent bien. Mais c’est vrai qu’on est pressé de l’arrivée de nos proches parce qu’on a envie de les revoir et les serrer fort contre nous ».

Le joueur de l’Olympique de Marseille comme ses coéquipiers ont enfin pu retrouver femmes, enfants et amis après le match face au Danemark. Un match auquel les proches des Français ont assisté avant de rejoindre Istra pour une journée. C’est le cas de Yassin, le petit frère de Nabil Fekir. « Je me suis rendu en Russie pour assister au match contre le Danemark. J’y suis allé avec mon père et un de mes frères. Ça faisait 20 jours que je n’avais pas vu Nabil. Il est rentré en fin de match. Ça m’a fait plaisir pour lui. On est très fiers de lui. Le voir jouer un Mondial est magnifique ». Luc, le père d’Hugo Lloris, a lui préféré laisser son fils en famille. « Hugo est un grand garçon, je préfère qu’il passe du temps avec sa femme et ses enfants ». Ce qu’il a pu faire après la qualification pour les huitièmes de finale. L’occasion pour la famille Fekir de se retrouver comme le souligne Yassin. « Nabil était très content de nous voir. On a parlé de tout, pas uniquement de foot. J’ai senti que ça l’a un peu reboosté de nous retrouver. Il était heureux ».

La visite des familles a fait du bien aux Bleus

Ce qu’a confirmé son meilleur ami, Saïd Mehamha, qui a eu le joueur de l’OL au téléphone. « Ça lui a fait du bien. C’était important pour lui que sa famille soit là ». C’était bien sûr le but de la manœuvre. Après le match à Moscou mardi, tout ce petit monde a regagné Istra pour une journée. Les joueurs comme le staff ont pu profiter de moments en famille dans leur camp de base. « On a reçu nos proches », a précisé Matuidi aujourd’hui en conférence de presse. « Ça fait toujours plaisir. Ce sont toujours de bons moments à passer pour ceux qui ont des enfants, pour ceux qui ont des copines. Ce sont de bons moments à passer ensemble. Passer un mois sans voir nos familles, c’est toujours difficile. On a l’occasion de voir nos enfants, nos femmes, nos copines, nos frères, nos sœurs s’il y a la possibilité. Sans oublier les mamans et les papas, parce que souvent les mamans sont jalouses aussi. Elles aiment bien passer avant les femmes (rires) ».

Une parenthèse enchantée qui a pris fin mercredi dernier. La plupart des proches sont repartis. D’autres, comme les familles Griezmann ou Mbappé ont assisté au quart de finale face à l’Argentine. La mère de Kylian a d’ailleurs fait le voyage à Kazan dans l’avion avec les journalistes français pour soutenir son fils, auteur d’un match exceptionnel. En revanche, d’autres vivent cette Coupe du Monde à travers un écran de télévision comme Luc Lloris, le père du capitaine tricolore. « Je suis en France et je travaille. Donc je suis Hugo et les Bleus à la télévision. (....) On regarde les matches en étant assez supporter quand même. Mais c’est vrai qu’on vit ça de l’extérieur. On a qu’une seule envie, c’est d’y aller ! Peut-être que pour le prochain match je ferais le déplacement. Mais pour le suivant (la demi-finale), c’est certain ».

Messages et coups de téléphone quotidiens

Une présence bienvenue pour les Bleus, qui auront besoin du soutien de leurs proches. Des proches avec lesquels ils échangent quotidiennement depuis leur arrivée en Russie. Said Mehamha a régulièrement son ami au téléphone comme il le raconte. « On s’appelle pratiquement tous les jours avec Nabil. Mais c’est déjà le cas dans la vie de tous les jours. Si on ne s’appelle pas, on échange par message. Quand il fait de bonnes choses, je lui dis que c’est bien. Je le soutiens. Quand il a un peu moins de temps de jeu, je le rassure, le motive. Tout ce qu’un ami peut faire pour soutenir un pote. Ça doit lui faire du bien. On est là pour le soutenir. Le savoir heureux, le voir vivre un Mondial, c’est un plaisir. On est fier de lui ». Et ces moments permettent d’aider le joueur à s’aérer l’esprit. « On parle souvent d’autre chose que de foot la plupart du temps. Après ou avant un match, c’est sûr qu’on va en parler. Mais en règle générale, on parle de tout et de rien », déclare Mehamha.

Même discours du côté de Luc Lloris. Le papa du gardien de Tottenham se fait un devoir de ne jamais parler de la vie des Bleus. « Quand Hugo est en équipe de France, je l’ai rarement. Depuis toujours ils ont des règles en interne. Je ne sais pas combien de temps libre il a. Je suis en contact avec lui. Mais je n’aborde jamais sa situation avec l’équipe de France ou avec le groupe. Jamais ». Les proches jouent un rôle important pour les Bleus, qui doivent gérer la compétition et l’éloignement. Yassin Fekir, qui a souvent son frère sur WhatsApp, nous explique : « La séparation avec sa famille est dure. Mais Nabil a souvent sa petite fille en Facetime. Ce n’est pas évident. Mais il est concentré sur le Mondial ». Said Mehamha ajoute : « C’est sur que quand tu vis tous les jours avec ta femme et tes enfants, l’éloignement est compliqué. Ça lui manque. Mais il y a une Coupe du Monde et il aura tout le temps de les retrouver après ». Avec peut-être un trophée de champion du Monde à ramener à la maison. C’est tout le mal qu’on peut souhaiter aux Bleus !