Des nouvelles de... Rigobert Song
13/12/2008 - 15 h 14 Autres championnats
Recordman des sélections avec le Cameroun (113 capes), trois Coupes du monde, vainqueur de la CAN 2000 et 2002, champion de Turquie 2006 et 2008, vainqueur de la Coupe de la Ligue 1996 et de la Coupe de Turquie 2005 ... Rigobert Song a bien failli passer à côté de tout ça.
Au milieu des années 90, le futur capitaine des Lions Indomptables n’est qu’un obscur défenseur du championnat local, bien qu’il évolue au Tonnerre Yaoundé. « Mon histoire à Metz est vraiment drôle. Mon oncle envoyait des demandes dans les clubs, la mienne s’est retrouvée dans la poubelle de Joël Müller avant qu’il ne la retire de la poubelle et la repasse sur recommandation de Jacques Songo’o, mon coéquipier en équipe nationale du Cameroun. C’était juste avant la Coupe du Monde 1994 aux Etats-Unis. Joël m’a fait confiance et je ne l’ai pas déçu. Il est aujourd’hui comme mon père spirituel, tout le monde le connait chez moi : il m’a appris le football, je suis devenu ce que je suis aujourd’hui grâce à lui : je lui dois énormément. » Mais, après 4 saisons fastes, Rigobert quitte le FC Metz qu’il vient de qualifier pour la Ligue des Champions et rejoint la Salernitana, petit club du Calcio. 4 matches seulement et puis s’en va. C’est Gérard Houllier, alors entraîneur du grand Liverpool, qui va le repêcher là-bas et remettre le défenseur sur pied. Malgré une présence sporadique, Song devient l’un des chouchous du Kop d’Anfield qui lui voue une véritable vénération. Le syndrome Titi Camara - qu’il retrouve chez les Reds -, sans doute. Après West Ham et Cologne, Song revient en France pour une pige de deux ans à Lens. Un choix qui surprend car Song a des contacts avec le Bayern de Munich et le Bayer Leverkusen mais qui s’explique par la présence de Joël Müller sur le banc de Lens. Deux saisons fastes dans le Nord avant de rejoindre, à 28 ans, la Turquie.
Aujourd’hui, Song joue toujours sur les bords du Bosphore. À Galatasaray, Rigo s’impose vite comme l’un des leaders de l’équipe où il forme un redoutable duo défensif avec le colosse croate Stjepan Tomas depuis 2004. Mais, au cours de la saison 2006-2007, Song peine à retrouver sa forme et, après une altercation avec son entraîneur en plein match, il perd sa place. Malgré des excuses publiques et privées, le coach des Cim Bom reste inflexible. Le nom de cet entraîneur têtu ? Éric Gerets, qui vit d’ailleurs sa dernière saison en Turquie. Le départ du futur technicien marseillais ne change rien, la cassure est définitive entre le Camerounais et le club et Song dépose ses valises à Trabzonspor, le seul club en dehors d’Istanbul à avoir remporté le titre national depuis 1975. Sur les bords de la Mer Noire, il retrouve des anciens visages de L1, Tony Sylva (LOSC) et Daouda Jabi (Lens), qui participent au rêve des Bleus et Grenats de devenir un grand club européen. Pour le moment, cela leur réussi plutôt bien puisque Song et les siens sont leaders de la la Turkcell Süper Lig.
À noter que l’oncle d’Alexandre Song (Arsenal) est le seul joueur, avec Zinedine Zidane, à avoir été expulsé dans deux Coupes du monde différentes, en plus du triste record du plus jeune joueur sanctionné d’un rouge au Mondial. C’était en 1994 contre le Brésil. Song avait 17 ans et sa carrière ne faisait que commencer.
Nicholas Mc Anally
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