
Le chantier de la défense française est la préoccupation numéro un du sélectionneur Raymond Domenech. Et pour cause, les Bleus démontrent une fébrilité étonnante et n’ont pas vécu un match sans encaisser de but depuis la rencontre face à la Roumanie pendant l’Euro. Depuis la retraite de Lilian Thuram, personne n’a réussi à s’imposer et la question qui revient à chaque rassemblement est : qui à côté de Gallas ? Eric Abidal, Jean-Alain Boumsong, Philippe Mexes ou Sebastien Squillaci, tous se sont vus associer à William Gallas en défense centrale. Le Gunner est considéré depuis son passage à Chelsea comme un élément indéboulonnable de l’arrière-garde française.
A tel point que son statut n’a jamais été remis en cause. Même depuis que son aura de capitaine d’Arsenal a fortement baissé. Critiqué dès la fin de la saison dernière au sein de son club pour son comportement parfois limite, comme lors du match face à Birmingham (voir article), l’ancien Marseillais ne se montre pas toujours à la hauteur de la tâche et de sa renommée. Depuis le début de la saison, William Gallas n’a pas retrouvé le niveau qui faisait de lui un pilier à Chelsea et qui lui valait des éloges hebdomadaires de la part de Jose Mourinho. En témoigne le deuxième but pris par Arsenal ce week-end face à Aston Villa, où le numéro 10 gunner se fait incroyablement balader par Agbonlahor.
Taillé en Angleterre, intouchable en France
Mis en cause par certains anciens Gunners (voir article) pour son manque de leadership, critiqué par Arsène Wenger , ou mis sous pression par Cesc Fabregas qui se verrait bien capitaine, le Frenchy vit des moments difficiles avec son club. Heureusement pour lui, cela ne se répercute pas dans les choix de Raymond Domenech en équipe de France. Tout le monde ne serait-il pas logé à la même enseigne ?
Apprécié pour sa bonne humeur et son franc-parler, William Gallas a réussi à se rendre indispensable au sein du vestiaire bleu. Devenu le seul leader de la défense du fait des absences de Willy Sagnol, il a acquis une légitimité que personne n’ose contester. Ses performances pures ne sont donc pas forcément analysées avec la même sévérité que celles d’un Eric Abidal ou d’un Philippe Mexès. Mais à l’heure où Gallas se montre moins tranchant qu’à sa plus belle époque, Domenech se refuse à aligner des charnières centrales sans l’ancien Marseillais.
Contre l’Uruguay, le Gunner sera une nouvelle fois titularisé et devrait avoir comme compère Boumsong ou Abidal. Encore une fois, Gallas sera le patron d’une défense en faillite. Mais les patrons ne payent-ils jamais leurs erreurs ?
Aurélien Léger-Moëc
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