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Edf : la montée en puissance d’Evra met la pression sur Abidal

02/04/2008 - 16 h 03 - Aristide Mamilo

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Avec Éric Abidal et Patrice Evra, le sélectionneur de l’équipe de France Raymond Domenech tient à sa disposition deux arrières gauches d’une telle qualité, qu’ils pourraient tous les deux postuler à un poste de titulaire chez les Bleus, mais également dans n’importe sélection du monde.

En perspective de l’Euro qui se rapproche à grands pas, l’un des deux va malheureusement faire les frais du choix de l’entraîneur. La question du mérite n’est pas la problématique ici, mais le sélectionneur va devoir opérer un choix.

L’expérience, le profil pour l’EdF, la performance dans la saison sont autant de critères fondamentaux dont va tenir compte Raymond Domenech au moment de se déterminer.

L’expérience

Titulaire au sein de l’équipe de France qui a disputé la finale du Mondial 2006, le défenseur du FC Barcelone Éric Abidal (28 ans) est sans aucun doute mieux nanti que Patrice Evra, qui ne possède que 9 sélections à son actif avec les Bleus, sans aucune participation à une phase finale.

Ceci étant, se distinguer dans une compétition comme la Ligue des Champions, est également un élément objectif qui pourrait rétablir l’équilibre concernant le défenseur de Manchester United Patrice Evra (26 ans).

Le profil

Le schéma préférentiel de Raymond Domenech depuis la retraite de Zinedine Zidane est un dispositif en 4-4-2. Les deux joueurs évoluent dans le même registre en club, du moins concernant l’animation défensive, sachant que, selon qu’on joue au Barça dans un système en 4-3-3 ou à United dans un 4-4-2 variable, les tâches sont différentes.

Evra comme Abidal sont donc capables d’être performants dans n’importe quelle configuration, parce qu’ils ont du talent, la pratique et l’expérience du haut niveau.

Mais un critère pourrait faire pencher la balance en faveur de l’un ou l’autre, il s’agit du choix du joueur appelé à composer le duo du couloir gauche. La mise à l’écart de Florent Malouda à Chelsea aura-t-elle une incidence sur sa titularisation à l’Euro ? En tout cas, si c’est lui qui joue sa complicité avec son ex-compère de l’OL est un argument de poids.

Dans le cas contraire, Patrice Evra pourrait en tirer les avantages.

La performance

Le sélectionneur français Raymond Domenech était présent dans les tribunes du Stadio Olimpico pour assister à la rencontre entre l’AS Rome et Manchester United, mardi soir (0-2). Il a pu se rendre compte une fois de plus le niveau atteint par Evra depuis deux saisons.

À l’origine du départ de Heinze au Real Madrid à l’intersaison, Evra est devenu l’un des remparts incontournables d’Alex Ferguson. Son activité débordante, sa vitesse, sa technique, sa percussion et son fighting spirit font de lui aujourd’hui l’un des meilleurs spécialistes du poste au monde, si ce n’est le meilleur.

Après trois saisons lyonnaises réussies, Abidal a rejoint le grand Barça à l’intersaison pour 15 millions d’euros. Il n’a pas tardé à s’imposer jusqu’au point où la presse catalane l’a finalement considéré comme l’un des fantastiques, les vrais peinant à assumer ce qualificatif dithyrambique. Mais depuis quelques semaines, il est à l’image de son équipe. L’ex-one peine à confirmer ce qu’il avait démontré jusque-là. Hier contre Schalke en quart de finale aller de la Ligue des Champions, il n’a pas rendu une copie brillante, comme d’ailleurs en championnat le week-end dernier contre le Bétis où la presse catalane avait qualifié sa performance de "pánfil" ("niais" sic).

Heureusement pour Raymond Domenech les problèmes qui lui sont posés ne sont que l’apanage des riches. Vaudrait mieux avoir des interrogations sur deux excellents joueurs, que sur deux moins bons.