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EdF : les raisons de nourrir des inquiétudes

29/04/2008 - 16 h 30 - Aristide Mamilo

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À moins de quarante jours du début de la phase finale de l’Euro 2008, s’il y a un endroit où sont abonnés les internationaux français évoluant à l’étranger, ce sont les bancs de touche de leurs clubs respectifs. Si on fait un retour en arrière et qu’on se remémore le discours des Bleus victorieux de la Coupe du Monde 1998 et de l’Euro 2000 voire ceux de la finale du Mondial 2006, tous étaient unanimes pour indiquer que la réussite de ces épopées relevait dans le fait qu’ils s’étaient tous imposés dans les plus grands clubs européens.

Aujourd’hui, le moins qu’on puisse dire est que ce n’est pas le cas. En effet, l’équipe de France devrait aborder une compétition de premier plan avec des joueurs-cadres, qui ne font même pas l’unanimité dans leurs clubs respectifs, mais sur qui reposent pourtant les espoirs d’une consécration. Si le football était une théorie, la déduction serait simple : cette campagne prend des allures du naufrage de la Coupe du Monde 2002. Heureusement, les performances dans une compétition de cette dimension obéissent à d’autres paramètres, mais qui ne lèvent pas pour autant les légitimes inquiétudes.

Tour d’horizon des Bleus d’Espagne

À l’exception de Zinedine Zidane et Fabien Barthez qui ne sont plus en activité avec l’équipe de France depuis le Mondial allemand, le groupe qui a pris part à la finale contre l’Italie composera dans quelques jours le noyau dur sur lequel devrait encore se reposer le sélectionneur national Raymond Domenech. Même si les fortunes sont diverses, les cadres ont éprouvé cette saison les pires difficultés dans leurs clubs. Abonnés sur le banc pour certains, d’autres à l’infirmerie, et enfin quelques-uns contesté au sein de leurs propres écuries, le tableau n’est pas le plus reluisant.

Lors de la demi-finale aller de la Ligue des Champions qui a opposé Barcelone à Manchester United la semaine dernière, Lilian Thuram est resté sans surprise sur le banc de touche comme ce fut le cas en majorité cette saison (15 matches en championnat, 14 titularisations). Ce qui suscite de l’inquiétude sur le doyen de la sélection (36 ans) ce n’est pas son faible de temps de jeu, mais la qualité de ses prestations lorsque Frank Rijkaard a fait appel à lui. Son rendement médiocre contre le Deportivo la Corogne le week-end dernier en championnat est la synthèse de son année sous le maillot blaugrana.

Que dire d’Éric Abidal, auteur d’un bon de début de saison avec le club catalan, il a ensuite subi une baisse de régime que n’a pas tardé de souligner la presse catalane. À son actif cependant, une copie propre rendue contre Manchester United. Le duel à distance avec Patrice Evra et la présence de Domenech dans les travées du Camp Nou imposaient la grosse performance.

Quant à Thierry Henry qui s’est montré à son avantage lors des quinze dernières minutes de cette partie puisqu’il était une nouvelle fois remplaçant, il n’a pas retrouvé chez les Blaugrana la réussite qui était la sienne à Arsenal. Le pire dans sa situation est que, son entraîneur lui préfère souvent un gamin de 17 ans, nommé Bojan Krkic.

La légion anglaise

Le week-end dernier en Angleterre, l’affiche au sommet en Premier League entre Chelsea et Manchester n’a pas permis à Nicolas Anelka de briller, puisqu’il n’était pas dans le 11 de départ. Depuis son transfert en janvier, l’ex-joueur de Bolton n’a inscrit qu’un but pour les Blues. Florent Malouda n’est pas entré en jeu dans ce match. Désigné flop de l’année des transferts en Angleterre, cela en dit long sur sa saison. Makélélé qui n’a disputé que 17 matches en championnat cette saison, n’a été utilisé par son entraîneur que pour les grandes occasions, ce qui pourrait être un peu juste pour aborder une compétition comme l’Euro. L’avenir dira si c’était un mal pour un bien.

Enfin, au sujet du défenseur d’Arsenal William Gallas auteur d’une saison mitigée, son leadership et son absence lors des grands rendez-vous de la saison font débat en Angleterre.

Les Blessés

Les inquiétudes sont également à souligner au sujet de Patrick Vieira et Willy Sagnol. Tous les deux revenus de blessure, le premier a disputé 12 matches en série A avec l’Inter Milan, alors que le deuxième n’en a disputé que 7 avec le Bayern en championnat et souvent au poste de milieu offensif droit, ce qui a le don de l’irriter.

Dans ce rayon, le retour en forme de Grégory Coupet avec l’OL est à mettre en avant.

À deux mois de l’Euro, les Bleus ne sont vraiment pas au mieux, heureusement que la grande forme de Ribéry avec le Bayern Munich peut être considérée comme l’exception à la règle. Cela dit, deux joueurs en forme sur onze, cela semble quand même juste comme atouts pour nourrir des ambitions dans une compétition relevée.

Mais, pour le sélectionneur Raymond Domenech cette situation qui semble au premier abord préoccupante ne l’est pas en réalité, car il compte sur le mental et la capacité à se transcender lors des grandes occasions des joueurs en question « Je crois aux vertus de la motivation lorsqu’ils enfilent le maillot de l’équipe de France. Ce qui m’inquiète, ce sont les joueurs qui pètent la forme en mai. J’aimerais qu’ils soient au top en le 9 juin (contre la Roumanie). Par moments, je suis très égoïste, je le sais. » a-t-il concédé sans conviction devant la presse régionale il y a quelques jours.