Entretien avec... Olivier Monterrubio : « Je ne partirai pas pour faire n’importe quoi »

Entretien avec... Olivier Monterrubio : « Je ne partirai pas pour faire n’importe quoi »

19/12/2008 - 14 h 49 Autres championnats Commentaires

©Maxppp

La Suisse, ses montagnes, son chocolat et... sa Super League de football. Olivier Monterrubio fait partie des 9 Français qui évoluent dans le méconnu championnat suisse. Parti de Lens suite à la descente du club sang et or en Ligue 2, le gaucher a succombé à l’appel du FC Sion. Champion de France avec Nantes en 2001 et double vainqueur de la Coupe de France avec le club canari en 1999 et 2000, le gaucher revient pour FootMercato sur son adaptation en Suisse et sur un éventuel retour dans l’Hexagone.



FootMercato : Comment se passe votre première saison en Suisse ?

Olivier Monterrubio : Personnellement, ça va. Par contre, les résultats collectifs ne sont pas ceux que j’espérais (NDLR : Sion est actuellement 7e à 25 points du leader, le FC Zurich) et ceux que le club espérait non plus. C’est un peu dommage. On ne peut être que déçu.

FM : Qu’est-ce qui vous a le plus marqué à votre arrivée dans le championnat suisse ?

OM : Surtout le monde dans les tribunes. Il n’y a pas beaucoup de spectateurs, les stades sont petits. Maintenant, c’est un championnat qui est assez intéressant. Il y a trois-quatre grosses équipes contre qui on prend du plaisir. Après, cela reste un peu plus faible.

FM : La différence de niveau se ressent beaucoup ?

OM : Oui, on la ressent.

FM : L’aventure suisse vous plait-elle autant que vous l’espériez ?

OM : Si les résultats étaient là, oui. Parce que la vie là-bas, c’est extraordinaire. Cela fait un mois qu’il neige tous les jours. Mes enfants se régalent à faire de la luge et du ski chaque week-end. Je suis très tranquille ici. Sur le plan sportif, c’est une déception, mais à côté, pas de soucis.



« Pas d’offre concrète de Strasbourg »

FM : La Suisse n’était pourtant pas une priorité l’été dernier quand vous avez quitté Lens ?

OM : Cela n’a jamais été une priorité de partir à l’étranger. Maintenant, je n’ai pas eu une seule offre concrète d’un club français. Le FC Sion a lui manifesté son intérêt pour moi dès la fin du championnat et n’a pas lâché le morceau. J’ai visité les installations, vu à quoi ressemblait la vie ici et j’ai été rassuré. Et puis, je suis en Suisse romande donc les gens parlent français.

FM : Depuis que vous êtes arrivé en Suisse, avez-vous été contacté par des clubs français ? On parle notamment de l’intérêt de Strasbourg.

OM : J’ai lu comme vous dans le journal l’intérêt de Strasbourg. Pour l’instant, je n’ai pas d’offre concrète. Les agents font le tour des clubs, mais pas à ma demande. Ils le font à chaque mercato. On ne sait jamais ce qui peut arriver, mais je n’ai jamais demandé à quitter mon club. Si jamais il y a une opportunité intéressante, pourquoi pas ? Mais je ne partirai pas pour faire n’importe quoi.

FM : Le challenge de la Ligue 2 pourrait vous intéresser ?

OM : Strasbourg est un club qui a de grosses ambitions, qui veut remonter dès cette année, donc on discutera. Pour le moment, il y a juste prise de contact, il n’y a pas d’offre concrète. Donc pour moi, ce n’est rien du tout pour le moment.

FM : Sion serait prêt à vous laisser partir dès le mercato d’hiver ?

OM : Je n’en sais rien. Avant de partir en vacances, je ne suis pas allé voir mon président pour en parler avec lui. Je suis parti en vacances naturellement. On verra s’il y a des choses intéressantes pour moi et pour le club de Sion.



« Aucun intérêt de la part de Nantes »

FM : A part la piste Strasbourg, avez-vous eu des contacts avec des clubs de Ligue 1 ? Nantes pourrait par exemple avoir besoin de vos services.

OM : Je ne sais pas si les Nantais ont besoin de mes services parce que je les ai contactés en juin et ils n’ont manifesté aucun intérêt. Je ne vois pas pourquoi ils en auraient un maintenant.

FM : Nantes est en mauvaise posture aujourd’hui...

OM : Oui mais je leur avais dit que j’étais prêt à leur donner un coup de main et à revenir chez eux. Je n’étais pas du tout la priorité du recrutement donc, j’ai lâché l’affaire. Je ne vais pas les appeler tous les six mois pour savoir s’ils sont intéressés.

FM : Et si aujourd’hui Nantes vous proposait de revenir, l’accepteriez-vous ?

OM : Je n’ai aucune rancoeur envers eux. C’est moi qui les avais contactés avec mes agents. On ne leur a pas mis le couteau sous la gorge. S’ils reviennent vers moi, on discutera, comme pour n’importe quel club.



« Rennes, un coup de couteau dans le dos »

FM : Suivez-vous les résultats de vos anciens clubs ?

OM : Oui je suis tous les résultats des clubs par lesquels je suis passé, que ce soit Nantes, Rennes ou Lens. Tous les dimanches, je regarde les résultats qu’ils ont faits, ça m’intéresse.

FM : Pour lequel de ces trois clubs avez-vous une affection particulière ?

OM : Dans tous les clubs que j’ai faits, il y a eu d’énormes satisfactions et des regrets. Mon regret à Nantes, c’est d’être parti comme ça après le titre de champion, sans que l’entraîneur ni les dirigeants ne veuillent particulièrement me garder. À Rennes, je regrette de n’avoir gagné aucun trophée avec cette équipe. J’ai fait tout mon palmarès avec Nantes, alors que j’ai connu de superbes saisons à Rennes. Et puis pour Lens, j’ai deux regrets : ne pas avoir disputé la Ligue des Champions quand je suis arrivé et la descente, que je n’ai toujours pas digérée. Mais j’ai connu d’énormes satisfactions à Lens. C’est un club extraordinaire, un public extraordinaire, une ville extraordinaire.

FM : Pouvez-vous nous rappeler les circonstances de votre départ surprise de Rennes en janvier 2007 pour rejoindre Lens ?

OM : Le 31 janvier au matin, je me suis rendu compte que les dirigeants rennais avaient acheté un joueur qui évoluait à mon poste (NDLR : Olivier Thomert). Je n’ai pas du tout apprécié. Je n’avais pas été mis au courant. Quand vous passez plus de 5 saisons dans un club et que des choses comme ça se passent, vous avez l’impression de prendre un coup de couteau dans le dos. C’est un petit peu dommage, mais ce sont les aléas du football.

Aurélien Léger-Moëc

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