Le 31 janvier 2018, l’OL prenait les devants et annonçait la signature du latéral droit, libre à la fin de la saison, après dix ans passés au FC Nantes, de la catégorie U14 au monde professionnel. International Espoir (2 sélections), le capitaine des Canaris paraphait un contrat de quatre ans (2022) et attendait l’été et le terme de sa 4ème saison en Ligue 1 pour rejoindre le club rhodanien. Le 2 juillet, Léo Dubois était présent à la reprise au Groupama OL Training Center. Venu concurrencer les deux latéraux droits déjà installés, Kenny Tete et Rafael, le néo-Gone partait en stage à Saillon et se disait prêt à évoluer n’importe où sur le terrain. « Je suis capable de jouer à plusieurs postes. Ça ne me dérange pas d’évoluer un peu plus haut à l’entraînement, c’est bien. Forcément, je préfère jouer latéral droit car c’est mon poste de prédilection. Si on doit me mettre ailleurs sur le terrain, il n’y aura pas de problème. Le collectif avant tout. C’est dans cette optique que je suis venu à l’OL, » déclarait-il, prudent.

Ses débuts étaient à l’image du club à l’orée de la saison 2018/19, contrastés. Titulaire face à Amiens pour la première de la saison, il participait au succès lyonnais (2-0) et gagnait le droit de débuter à Reims, premier voyage du nouvel exercice. Mais au stade Auguste Delaune, l’OL se faisait surprendre par Chavarria. Laxiste sur le centre de Konan qui amenait le seul but du match, Léo Dubois sortait avant le coup de sifflet final, remplacé par Rafael. Un temps sur le départ, le Brésilien récupérait la place de titulaire sur le côté droit de la défense. Sur le banc face à Strasbourg, Dubois était le 19e homme face à Nice. Il observait depuis les tribunes ses coéquipiers s’incliner au Groupama Stadium (0-1). La rencontre suivante, c’est sur le banc du stade Michel d’Ornano qu’il prenait place. L’apprentissage. De retour comme titulaire face à l’OM, Bruno Genesio le testait ensuite côté gauche face à Dijon. Quand l’OL se déplaçait au Parc des Princes, Rafael lui était cependant préféré. Mais une blessure du Brésilien avant la pause le propulsait sur la pelouse.

Un déclic lors du derby face à Saint-Etienne

Comme ses coéquipiers, il prenait l’eau face à l’armada parisienne, auteur de bonnes montées mais souvent pris dans son dos par un duo Mbappé-Neymar intenable. Il assistait impuissant au quadruplé du prodige parisien, en 13 minutes (5-0). Pour ne rien arranger, Dubois terminait la rencontre touché à la cuisse. Une blessure qui allait l’éloigner des terrains pendant près de deux mois, de la mi-octobre à la mi-décembre. À son retour, Bruno Génésio était passé à une défense à trois (Marcelo, Denayer, Marçal), comme face à Monaco. Kenny Tete évoluait au milieu. Un poste auquel il était testé pour son retour face au Stade de Reims (1-1). Après un nouveau passage sur le banc à Toulouse, le déclic avait finalement lieu lors de la 21e journée, à l’occasion du derby face aux Verts. Sorti du banc à dix minutes du terme d’une rencontre serrée, Léo Dubois sauvait tout d’abord les siens, avant d’adresser sa première passe décisive de la saison à Moussa Dembélé, qui inscrivait le but de la victoire lyonnaise dans le Chaudron, au bout du temps additionnel (1-2).

« Je pense que le déclic sur le terrain ça a été à Saint-Etienne, sur la fin de match. C’est de là que tout est parti en deuxième partie de saison. Tout simplement parce qu’après j’ai enchaîné les matches.Je ne sais pas comment l’expliquer, mais il y a eu un déclic dans ma tête, qui se construit depuis un certain nombre d’années, une progression. On connaît des hauts et des bas dans une saison, je me suis blessé, mais je savais qu’avec rigueur et travail je pourrais m’imposer ici », évoquait-il en conférence de presse, avant l’ultime journée de la saison. Ce 20 janvier, Léo Dubois gagnait le respect du public lyonnais et la confiance de son coach. De la 22e à la 37e journée, il était titularisé 15 fois en 16 matches. Il participait à la Coupe de France et se voyait offrir la chance d’une vie. Titulaire une seule fois lors de la phase de poules de la Ligue des champions (Shakhtar, à domicile, 2-2), le latéral gagnait sa place pour la double-confrontation face au FC Barcelone, en huitièmes de finale. À l’aller, à Lyon, Ousmane Dembélé lui causait parfois du souci à travers ses dribbles. Malgré cela, il contenait bien l’attaquant français, et intervenait avec justesse devant Suarez et Messi.

Le plus décisif d’Europe à son poste

Après être resté muet lors de ses deux premières saisons en Ligue 1, avoir délivré 8 passes décisives à Nantes en 2016/17 (41 matches), inscrit 4 buts et offert 5 passes décisives en 35 matches avec les Canaris en 2017/18, le latéral qui reste persuadé que son rôle premier est de savoir défendre, et qu’une fois la tâche bien faite, il lui reste à apporter offensivement, pour se montrer décisif, devenait le plus efficace des 5 grands championnats européens à son poste, avec 3 buts et 5 passes décisives en 33 matches avec l’OL en 2018/19. Une fois le retard à l’allumage laissé loin derrière lui, les choses se sont accélérées pour Léo Dubois. Ce qui n’est pas forcément pour lui déplaire. « Tout est arrivé vite cette année, mais je suis prêt. J’accueille ça positivement. Enchaîner tous les trois jours, être régulier, c’est quelque chose que je ne connaissais pas, il fallait que je découvre et que je me mette au niveau très rapidement. L’objectif en partant de Nantes l’an dernier était de passer un palier, de découvrir le très haut niveau. Je ne pensais pas découvrir le niveau international tout de suite, mais c’est quelque chose qui va arriver j’en suis très fier. »

Didier Deschamps a fait appel à Léo Dubois plutôt qu’au champion du monde, auteur d’une mauvaise saison, Djibril Sidibé, et s’est justifié. « On le suit depuis un bon moment. C’est un jeune joueur donc le niveau international il ne peut pas l’avoir, car il n’est jamais venu. Il le connaît quand même car il connaît la Ligue des Champions avec l’OL. Il a été embêté par quelques blessures et a eu un début de saison un peu compliqué entre un transfert de Nantes à Lyon et la concurrence avec deux internationaux. Il a gagné en sérénité et en performance sur les phases défensives. Ça va être une découverte pour lui. À lui de faire en sorte de revenir le plus souvent possible » a prévenu le sélectionneur. En état de grâce avec Lyon, Léo Dubois tentera de faire perdurer l’euphorie face à la Bolivie, la Turquie et Andorre. Travailleur, celui qui sera accompagné par Ferland Mendy et Tanguy Ndombélé à Clairefontaine sait ce qui lui reste à faire. « Je veux rester moi-même, c’est le plus important, c’est ce qui fera que j’y retournerai. Je veux garder mes valeurs de travail et me donner les moyens d’y retourner. On me donne ma chance, j’ai conscience que je doive la saisir pour y retourner. »

Les moments clés de la saison de Léo Dubois (24 ans)

- 1er juillet : arrive à l’Olympique Lyonnais, où il a signé pour 4 ans.

- 12 août : débute à l’OL, titulaire lors de la 1ère journée face à Amiens (2-0).

- 20 octobre : blessé à la cuisse face au PSG, il est éloigné des terrains près de 3 mois.

- 20 janvier : décisif pour la première fois de la saison, il participe au succès de l’OL dans le derby, à Saint-Etienne, en offrant le ballon du 2-1 à Moussa Dembélé.

- 19 février et 13 mars : il est titulaire lors de la double-confrontation des 8es de finale de Ligue des champions face au FC Barcelone.

- 18 mai : il conclut la saison par 15 titularisations en 16 matches de Ligue 1 et termine l’exercice avec le statut honorifique de latéral droit le plus décisif des 5 grands championnats européens (3 buts, 5 passes décisives).

- 21 mai : il est pour la première fois sélectionné en équipe de France.

10% sur tout Foot.fr avec le code FM10