Qualifiée pour l’Euro 2020 avant la rencontre, grâce au nul entre la Turquie et l’Islande (0-0), l’équipe de France avait l’occasion de fêter ça avec son public face à la Moldavie. Et pourtant, la fête a bien failli tourner court, puisque les visiteurs profitaient d’une erreur de Clément Lenglet pour ouvrir le score tôt dans la partie (8e) et mettre en difficulté les Bleus pendant près d’une demi-heure, jusqu’à l’égalisation de Raphaël Varane (36e). Ces quarante-cinq premières minutes n’ont pas, mais alors pas du tout plu à Didier Deschamps.

« Ce n’était pas suffisant ce qu’on a fait en première mi-temps, on était trop statiques. (...) Par rapport à l’animation, avec le potentiel et la qualité que l’on a... Je répète, la deuxième mi-temps est plus conforme à ce qu’on est capables de faire, en y ajoutant un peu plus d’efficacité. Mais la première ne m’a vraiment pas plu », a-t-il lancé à La Chaîne L’Équipe à l’issue de la partie, avouant avoir été dur lors de sa causerie à la pause. « Des fois, je peux être dur, trop dur parfois mais par rapport aux joueurs que j’ai et ce qu’ils sont capables de faire... », a-t-il expliqué.

« En colère »

De passage en zone mixte, ses joueurs ont confirmé le discours musclé du sélectionneur national. À commencer par le capitaine Raphaël Varane. « Il a eu un discours assez ferme pour nous demander de faire mieux, de faire plus, de nous montrer plus disponibles, de vouloir le ballon, dans les pieds et la profondeur pour déstabiliser ce bloc qui nous attendait assez bas sur le terrain. C’est ce qu’on a réussi à faire en deuxième mi-temps (victoire finale 2-1) », a confié le défenseur du Real Madrid. Même son de cloche pour Benjamin Pavard.

« On s’est dit les choses. On n’a pas été bon. On n’a pas existé offensivement. Défensivement, on n’a pas fait les courses ensemble. On était souvent arrêté, il n’y avait pas fluidité dans notre jeu. On sait qu’on a fait une première mi-temps qui n’est pas de notre niveau », a lâché le pensionnaire du Bayern Munich. Corentin Tolisso a lui avoué que DD était particulièrement remonté au retour aux vestiaires. « Je peux dire qu’il était en colère, après, très en colère, c’est lui qui vous le dira », a-t-il concédé avant de poursuivre.

« Il a eu raison de nous remonter, de nous dire les choses, parce que, voilà, ça a payé. Il fallait que tout le monde se remette en question parce que la première mi-temps n’était pas du tout bonne. Il nous a dit les choses. Et voilà, ça a payé en deuxième mi-temps », a conclu le milieu bavarois. Irrité, Didier Deschamps a donc su trouver les mots musclés pour piquer ses hommes. La réaction, même plutôt timide, a permis d’arracher la victoire. L’essentiel. Mais le technicien, qui fêtera sa 100e sur le banc des Bleus dimanche, en Albanie, attendra sans doute bien mieux. Ses protégés sont prévenus.