Depuis ce week-end, et suite à l’annonce des joueurs retenus par Didier Deschamps pour les matches face à l’Islande et la Turquie, le Bayern Munich ne cesse de faire passer ses messages. En clair, le club allemand affirme que son défenseur Lucas Hernandez n’est pas apte à jouer avec sa sélection. Non utilisé depuis le 28 septembre dernier, l’ancien pensionnaire de l’Atlético de Madrid souffre du genou. Cependant, malgré les messages répétés de l’entraîneur bavarois Niko Kovac, Didier Deschamps n’a pas remplacé Hernandez, qui est d’ailleurs attendu à Clairefontaine. Relancé sur ce débat en conférence de presse, le sélectionneur national a réaffirmé sa position.

« Je comprends Kovac. On a des intérêts qui peuvent être communs. Les intérêts du club divergent avec ceux de la sélection. On a deux matches importants, voire décisifs. Ce n’est pas comme si on avait deux matches amicaux. Ça ne me gêne pas, j’ai été entraîneur. Qu’ils fassent tout pour les protéger, parfois ça va contre nos intérêts. Dans d’autres cas de figure, quand les joueurs ne sont pas appelés, ils ne sont pas contents non plus. On fait les choses correctement. Ça peut m’arriver d’échanger directement avec les entraîneurs. Les staffs médicaux échangent aussi. Le premier match est vendredi, on a le temps d’évoluer, de définir le programme sur la semaine et prendre des décisions. Je ne suis pas là pour prendre des risques outre mesure. Des fois, il y a des joueurs qui se blessent en sélection. J’ai eu Kovac, j’ai échangé avec lui et, il me l’a dit, il a été sélectionneur, donc il a été confronté à cette situation. »

Deschamps se laisse le temps de décider pour Hernandez

Toutefois, le ton est monté d’un cran de l’autre côté du Rhin juste avant le point-presse de Deschamps. Dans un communiqué, la direction du Bayern a exprimé son fort agacement vis-à-vis du choix du staff tricolore de faire venir Hernandez en France. Le patron du géant germanique, Karl-Heinz Rummenigge, y a d’ailleurs fustigé la déclaration du Bayonnais dans laquelle ce dernier affirmait qu’Hernandez pouvait jouer sur une jambe. « Je suis irrité par le comportement de la fédération française. (...) La déclaration citée par l’entraîneur de la France Didier Deschamps, selon laquelle Lucas Hernandez - si littéralement - était également disposé à "jouer avec une jambe", était très surprenante pour nous ». Une situation tendue qu’a souhaité désamorcer le sélectionneur.

« Je ne suis pas là pour remettre en cause. On connait bien la situation. Qu’ils puissent être irrités… C’était une image, je ne compte pas le faire jouer sur une jambe. Lors du dernier stage, je vous assure qu’il voulait jouer contre Andorre sur une jambe. On sait très bien la situation. J’ai échangé aussi avec Lucas, il y a le ressenti du joueur. Je sais bien qu’il y a un intérêt du Bayern pour bien le faire travailler durant la trêve et je faire jouer après. Il a eu une petite alerte. Dans l’idéal, si on prend zéro risque, on le met à l’abri, mais je sais qu’il s’est entrainé depuis. On va voir dans les prochains jours. C’est toujours délicat. Le joueur est toujours au milieu, et je ne veux pas le mettre en porte à faux. L’employeur, ce n’est pas la fédération. Il est vraiment très attaché à l’équipe de France, il ne faut pas qu’il y ait des tiraillements. J’ai échangé avec Kovac, je ne vais pas appeler Pierre, Paul ou Jacques. Je ne vais pas rentrer dans les détails. Ils sont dans leur droit, mais ce n’est pas remettre en cause leurs examens. Et je le répète, on ne joue pas demain, mais vendredi. » Affaire à suivre.

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