L’équipe de France a eu chaud, très chaud. Invaincus depuis treize matches avant le coup d’envoi de la rencontre amicale face à l’Islande, les Bleus de Didier Deschamps ne pensaient pas vraiment mettre un terme à leur série contre une équipe qui restait sur deux gifles reçues face à la Suisse (0-6) et la Belgique (0-3). Mais hier soir, les champions du monde en titre ont pu voir de leurs propres yeux - s’il fallait vraiment le rappeler - que leurs qualités individuelles intrinsèques ne suffiront plus à battre des nations moins huppées. Face à l’Islande, le manque d’engagement, les déchets techniques et l’absence de créativité ont failli coûté cher à l’équipe de France qui, sans la belle entrée en jeu de Kylian Mbappé, ne serait sans doute jamais revenue au score après avoir été menée 2-0 (2-2). Et pour expliquer ce coup de moins bien, le diagnostic livré par le sélectionneur national a été très rapide à dresser.

« On n’a pas pris le match par le bon bout même si on a eu énormément le ballon. On manquait de vitesse, de mouvement. On jouait face à une équipe bien organisée, en densité, qui a profité de ses points forts. On est capable de mieux faire, c’est clair. Mais la réaction était là sur la fin. (...) À partir du moment où on a mis peu de rythme, peu de vitesse, peu de verticalité, on n’a pas été dangereux. Cela nous a manqué pendant un bon moment. (....) Je ne suis pas là pour noircir. Évidemment que je ne peux me satisfaire de ce qu’on a fait pendant une heure. Mais la réaction est là. Mardi, l’adversaire ne sera pas le même non plus. On peut avoir une petite chute de tension à un moment. Je ne veux pas minimiser. Mais je ne vais pas aggraver non plus », a-t-il déclaré en conférence de presse.

Un contenu insuffisant

Pas question de tirer la sonnette d’alarme au sein de la maison bleue avant de recevoir l’Allemagne mardi prochain au Stade de France, mais cet avertissement n’est pas à prendre à la légère pour autant. Le capitaine Hugo Lloris l’a bien compris. « C’est important de ne pas avoir perdu le match. Maintenant, ce n’était pas suffisant. Dans agressivité, dans l’intensité, on a manqué de rythme, surtout en première période. Il a fallu être mené 2-0 pour renverser la vapeur. Les joueurs qui sont rentrés ont apporté de l’énergie. C’est une piqûre de rappel, on risque de connaître ce genre de scénario à l’avenir. C’est à nous de trouver des solutions collectivement pour éviter de revivre ce genre de scénario », a-t-il indiqué en zone mixte.

Un discours partagé par Olivier Giroud. « C’est une vraie piqûre dont il faut se servir pour grandir, pour mûrir. Un match de foot n’est pas acquis avant de l’avoir joué. Il faut mettre les ingrédients qu’il faut pour gagner. » Idem pour Benjamin Pavard. « Ce soir on n’a pas été bons. Les Islandais ont marqué deux buts, et nous on ne les a pas mis trop en difficulté. On s’est seulement réveillé vers la fin. On va retenir de ce match qu’on n’a pas perdu ». Enfin, s’il n’a pas livré de propos contraires à ceux de ses partenaires, Lucas Digne préfère se consoler en se disant qu’un tel scénario ne s’est pas produit à un moment crucial de la saison des Bleus. « On est juste mal rentré dans le match. À partir du moment où on manque d’agressivité face à ce genre d’équipe, ça devient compliqué. C’est un rappel, il vaut mieux que ça arrive aujourd’hui que contre l’Allemagne ». Et personne ne dira le contraire...