Face à l’Islande (2-2), cinq jours auparavant, on croyait que la prestation d’ensemble très moyenne de l’équipe de France était principalement due au contexte d’un match amical sans enjeu. Contre l’Allemagne, les Bleus étaient donc logiquement annoncés bien plus motivés pour cette rencontre comptant pour la Ligue des Nations, un rendez-vous de gala au Stade de France. Mais après 45 minutes de jeu, les boudeurs du Roudourou étaient à nouveau de sortie (seulement deux actions de but côté français). Menés au score, les hommes de Didier Deschamps ont affiché un visage pas franchement à la hauteur de l’événement. Fébriles en défense, absents des débats dans l’entrejeu, inoffensifs devant, les champions du monde en titre se sont fait balader par une Nationalmannschaft annoncée pourtant en crise.

Et s’ils ont finalement su réagir pour réussir à l’emporter 2-1, les coéquipiers d’Antoine Griezmann le doivent au Colchonero, mais surtout à un coup de gueule du sélectionneur dans le vestiaire. « Il y a eu ce problème (l’absence d’effort collectif, ndlr). Mais Antoine, il ne pousse pas de coups de gueule. Mais il donne plutôt des coups de tête et ça nous aide bien parfois. Les coups de gueule, c’est plutôt moi qui les pousse. Concernant la problématique qu’il a soulevée, tantôt c’est l’un, tantôt c’est l’autre. Et face à une équipe de cette qualité, on ne peut pas se permettre de le faire. Notre solidarité, c’est notre force, il ne faut pas la perdre. Le haut niveau c’est ça. Mais cela a été rétabli en deuxième période », a déclaré Deschamps au micro de L’Equipe.

Deschamps a secoué le vestiaire à la mi-temps

Un recadrage confirmé par Benjamin Pavard. « Oui, on savait qu’on était passé à côté de la première période. On n’a pas fait les efforts ensemble, offensivement et défensivement. On s’est dit les choses à la mi-temps. Le coach n’était pas content comme nous. On a réagi. En deuxième période, ça s’est vu. On a montré qu’on avait une équipe soudée ». Une belle réaction également saluée par Antoine Griezmann. « C’était un peu le même état d’esprit que contre l’Islande. Ce n’était pas nous. Le coach a parlé et quelques joueurs aussi. On a revu l’équipe qui était championne du monde, qui travaille les uns pour les autres, qui est chiante à jouer. C’est ça qu’on veut et qu’on recherche. Il y aura des matches où ce ne sera pas ça, mais dans les moments difficiles, il faut répondre présent, et c’est ce qu’on a fait. C’est dans les moments compliqués qu’on voit les grandes équipes ».

Une formation tricolore capable de gagner contre vents et marées qui a même amené certains observateurs du match, dont l’ancien international anglais Gary Lineker, à remettre au goût du jour le célèbre dicton finissant par "et à la fin, c’est l’Allemagne qui gagne". Mais si les Bleus peuvent être ravis de cette réaction d’orgueil, leur capitaine Hugo Lloris a tenu à rappeler les troupes à l’ordre en vue des prochains rassemblements. « On a su trouver les solutions pour revenir avec de meilleures intentions en deuxième période. Grâce à notre générosité, à notre mental et notre talent, on a su gagner ce soir. C’est une belle satisfaction. Ça situe le niveau de confiance, notre mental, notre personnalité. Tous les matches sont difficiles avec ce statut (de champion du monde, ndlr). On est attendu, les adversaires sont ultra motivés, ils se préparent de la meilleure des façons. Et nous on se doit d’être à la hauteur de ce statut. Il y a quelques leçons à retenir de ce rassemblement pour éviter de vivre pareil scénario. Il ne faut pas trop s’habituer (à être mené au score), on préfère mener au score. Être mené contre l’Allemagne, ce n’est pas facile de gagner ensuite. Ça montre notre qualité, notre état d’esprit. Il faut le garder le plus longtemps possible pour rester sur la voie du succès ». À bon entendeur...