France-Bosnie : les notes du match

France-Bosnie : les notes du match

11/10/2011 - 23 h 26 Foot français » Equipe de France Commentaires

Samir Nasri envoie les Bleus à l'Euro 2012Samir Nasri envoie les Bleus à l'Euro 2012©Maxppp

L'équipe de France ira à l'Euro 2012 organisé en Pologne et en Ukraine sans passer par la case barrages, et ce, malgré un match nul poussif concédé au Stade de France face à la Bosnie (1-1). L'essentiel est là mais...

Pendant plus d’une heure, l’équipe de France a cru devoir disputer les barrages pour se qualifier pour l’Euro 2012 en Pologne et en Ukraine. Pendant plus d’une heure, les Bleus ont bien cru qu’ils ne parviendraient pas à prendre la mesure d’une Bosnie solide et expérimenté, parfois même séduisante. Mais Samir Nasri est sorti de sa boîte pour sauver les siens.

Sur un ballon presque anodin, le meneur de jeu poussait Emir Spahic à la faute dans sa surface de réparation. Le néo-Citizen se chargeait lui-même d’exécuter la sentence (1-1, 78e), ramenant les protégés de Laurent Blanc à hauteur des Bosniens. Ce penalty envoie donc directement la France à l’Euro 2012. Une qualification presque inespérée au vu de la terne prestations des Français.

Car avant le but de Nasri, Hugo Lloris et ses partenaires ont été bousculés par la bande à Edin Dzeko. Et si celui-ci, buteur en fin de première période (0-1, 39e), s’était montré un poil plus réaliste face aux buts durant les soixante-quinze premières minutes, les Tricolores n’auraient certainement pas pu composter leur billet direct pour la Pologne et l’Ukraine l’été prochain...

On retiendra donc la réaction d’orgueil des Bleus et leur qualification directe. Pour le reste, le match est à oublier au plus vite, de nombreux joueurs s’étant montrés bien trop tendres et inconstants, voire même parfois transparents, à l’image d’un Adil Rami malmené par Dzeko. Le sélectionneur national a donc du travail devant lui pour faire de l’équipe de France une candidate crédible au sacre continental l’an prochain...

L’homme du match : Samir Nasri (7) : le sauveur de la patrie ! À l’instar de ses partenaires, il a livré une première période effrayante. Invisible, il a très peu touché le ballon et n’a jamais réussi à accélérer le jeu ou servir Rémy. Il a sonné la révolte en seconde période, avec quelques coups d’éclat personnels et notamment un coup-franc direct sauvé par Begovic (72e). Et c’est lui seul qui a sorti les Bleus du traquenard en allant chercher un penalty mérité au duel avec Spahic. Un penalty qu’il s’est chargé de transformer sans trembler (78e). Libéré après cette égalisation, il a bien combiné avec Martin et aurait pu inscrire un second but (87e). La France du foot peut lui adresser un grand merci.

France :

Lloris (5) : l’imprécision des attaquants bosniens en première période l’a privé de travail... jusqu’au but de Dzeko (40e). Il a malgré tout vu une vague de tirs déferler sur ses cages. Un peu plus de travail par la suite, où il s’est montré vigilant, sauf sur une faute de main (75e) heureusement sans conséquence.

Evra (4,5) : une très grosse activité sur le plan offensif. Malheureusement, cela implique également des problèmes de replacement défensif. Pjanic n’a pas souvent débordé, posant des problèmes au latéral français.

Abidal (4) : il a laissé Dzeko à Rami et a évolué plus en libéro, mais il n’a jamais su aider son coéquipier en difficulté. Souvent en retard dans ses interventions, il n’a jamais été capable de rassurer sa défense.

Rami (2) : Dzeko lui a fait vivre un calvaire. En souffrance permanente, il s’est fait bouger dans tous les duels, habituellement son point fort, et a offert des relances calamiteuses (6e, 18e). À la rue sur le but de Dzeko, qui l’élimine en un contrôle orienté. Un peu mieux après la pause, surtout en raison de la baisse de régime de l’attaquant de Man City.

Réveillère (4) : Lulic lui a donné beaucoup de travail. Mal entré dans le match à l’image d’un dégagement bien trop fébrile (6e), il a malgré tout sauvé quelques situations chaudes en couvrant bien le deuxième poteau. Trop de pertes de balle sur des relances qui paraissaient simples.

M’Vila (4) : on loue régulièrement ses qualités d’adaptation, mais ce soir, M’Vila a démontré qu’il restait un très jeune joueur, à l’expérience encore trop limitée. Ce fut malheureusement flagrant sur le but des Bosniens, où il ne prête plus attention au ballon. Plus inquiétant, il a rendu trop de ballons et s’est fait manger sur le plan physique. Sa pire prestation chez les Bleus, au moment le plus critique, mais un match qui lui servira pour le reste de sa carrière.

Cabaye (3) : un match catastrophique ! Il nous avait rarement habitué à cela. Il a affiché un déchet incroyable dans ses transmissions, rendant beaucoup trop de ballons à l’adversaire. Il a cherché à presser haut, mais au final, il a couru dans le vide en raison de la qualité technique du milieu bosnien. Remplacé par Gameiro (60e), qui s’est tout de suite positionné dans l’axe. Il a multiplié les appels sans être servi, jusqu’à une passe dans la surface de Nasri qu’il exploita mal (87e).

Nasri : voir ci-dessus.

Malouda (4,5) : l’un des rares Bleus qui a cherché à percuter en première période. Ce fut souvent brouillon mais il a eu le mérite d’essayer. Il voit une frappe qui partait bien se faire contrer (24e) et livre un centre impeccable pour Rémy (47e) malheureusement trop court. Par contre, à l’instar de ses partenaires, il a connu un déchet trop important dans ses passes, à l’image de ce ballon dangereux rendu à la Bosnie (42e). Remplacé par Martin (60e), qui s’est mis en évidence rapidement avec un coup-franc joliment tiré (68e). L’entrée en jeu du Sochalien a fait un bien fou aux Bleus, grâce à la précision et à la vitesse de ses transmissions.

Ménez (6) : invisible en première période et particulièrement horripilant. Mais les suiveurs du PSG savent qu’il est capable de se réveiller. Ce fut le cas en seconde période, où ses percées furent longtemps le seul moyen pour les Bleus de créer du danger. En témoignent les trois cartons jaunes (dont un immérité suite à une simulation) qu’il a provoqués. Bien sûr, il lui manque souvent de la lucidité dans le dernier geste, mais ce soir, ses chevauchées étaient indispensables à l’équipe de France pour se sortir de l’impasse.

Rémy (5) : le match aurait pu être totalement différent s’il n’avait pas poussé son ballon trop loin à la 8e minute, sur ce qui allait être la plus belle occasion collective du match côté français ! Comme à son habitude, il a beaucoup bougé sur le front de l’attaque, mais il n’a jamais été servi dans de bonnes conditions. Un débordement (11e) et une frappe écrasée (56e) comme seuls faits d’arme, avant d’être replacé à droite suite à l’entrée de Gameiro. Remplacé par Alou Diarra (82e), qui a musclé l’entrejeu.

Bosnie :

Hasagic (5) : soirée tranquille pour le portier de l’Istanbul Büyüksehir. Il a néanmoins su rester attentif, réalisant une très belle sortie devant Rémy (8e) et captant plusieurs centres vicieux de Malouda et Evra. Remplacé par Begovic (46e) (6,5). Le gardien de Stoke City a longtemps retardé l’échéance en sortant un coup franc de Martin (69e), une tentative de Nasri sur coup de pied arrêté (72e) et un lob du même Nasri (86e). Il a pourtant dû s’incliner sur le penalty du Skyblue (76e). Presque un sans-faute...

Mujdza (6) : quelle activité ! Le latéral droit de Fribourg a été l’une des belles surprises de sa formation. Volontaire défensivement, il a parfaitement contenu les montées d’Evra et Malouda avant de se lancer vers l’avant dès qu’il en avait la possibilité. Un bon débordement (2e) et quelques centres dangereux à défaut d’être décisifs (48e par exemple). Averti (59e). Remplacé par Maletic (61e). Malgré ses efforts, ce dernier n’a pas eu le même impact, étant mis au supplice sur les offensives de Ménez.

Spahic (4) : très bon en première période dans ses interventions et ses relances, l’ex-Montpelliérain a en revanche énormément souffert lorsque le rythme a augmenté, en témoigne le penalty concédé face à Nasri (78e). En bon capitaine, il n’avait jusque-là jamais renoncé, donnant notamment son corps pour contrer frappe dangereuse de Malouda (20e). Averti (54e).

Pandza (4,5) : le défenseur central de Malines a apporté toute sa présence athlétique dans les duels. Sans fioritures. Mais les petits gabarits français l’ont martyrisé après l’heure de jeu par leurs appuis courts. Averti (68e).

Papac (4,5) : l’expérimenté gaucher des Glasgow Rangers s’est distingué par sa tendance à se jeter facilement sur les incursions tricolores. Son apport offensif limité n’a pas vraiment inquiété les Bleus. Mais au final, sans être extrêmement impressionnant, il n’a pas franchement été inquiété dans son couloir. Il aurait pu être le héros des siens en convertissant de la tête un corner de Pjanic (90e +2). Averti (32e).

Rahimic (5) : à l’expérience, le vétéran du CSKA Moscou a mené le pressing intelligent des siens en début de match avant de baisser logiquement le pied, notamment lorsque Nasri & co ont mis le turbo.

Medunjanin (6) : placé très bas dans le schéma de jeu de Susic, il s’est avéré être une belle rampe de lancement. Facile techniquement, le gaucher a toujours tenté de verticaliser le jeu bosnien, insistant toutefois un peu trop sur le côté gauche. Remplacé par Zahirovic (71e). Il s’est mis au diapason de son équipe sans faire d’étincelles pour autant.

Misimovic (6) : et dans le jeu, et sur phases arrêtées, le n° 10 des Zmajevi a affiché une qualité de passe au-dessus de la moyenne, cherchant toujours le mouvement et le timing justes, à l’image de sa talonnade inspirée et presque décisive pour Dzeko (18e). Il s’est révélé précieux quand il a fallu tenir le ballon loin des buts au cours du second acte. Cela n’a pas suffi...

Pjanic (6) : attendu au tournant après les déclarations de Rami, l’ex-Lyonnais, aérien dans ses prises de balle et ses dribbles, a répondu présent. Sa propension à repiquer dans l’axe a beaucoup gêné l’arrière-garde tricolore. Ses transmissions fines et ses coups francs précis ont inspiré le jeu bosnien en première mi-temps, à l’image de sa passe presque parfaite pour Dzeko (24e). Mais s’il a fait l’effort dans le replacement défensif, le néo-Romain a progressivement disparu au retour des vestiaires à trop courir derrière le cuir.

Lulic (5,5) : beaucoup de courses et d’appels sur son côté droit pour le pensionnaire de la Lazio Rome, mais finalement très peu d’influence dans le jeu de son équipe. Il a même raté plusieurs situations intéressantes dont une, face à Lloris (4e), et une autre, sur une frappe écrasée (66e).

Dzeko (6,5) : Un point d’ancrage essentiel. Sa générosité et sa disponibilité lui ont valu de nombreuses occasions manquées (24e, 38e, 70e, 75e). Mais lorsqu’il est parvenu à se mettre dans le sens du but, le Citizen a été un véritable poison pour l’équipe de France. Après une jolie démonstration technique dans la surface (18e), il a trouvé la faille sur un enchaînement contrôle orienté-frappe enroulée du droit (40e). Un sacré client que Rami n’oubliera pas de sitôt...

La Rédaction FM

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