France-Japon, voilà donc le test offert aux Bleus avant de défier l’ogre espagnol pour le compte des éliminatoires au Mondial. Consciente de l’importance d’une bonne mise en route, l’équipe de France se montre directement dangereuse, et une tête sur corner de Koscielny (4e) manque de peu le cadre. C’est ensuite Giroud qui s’offre une belle percée ponctuée par un centre, mais la tête de Benzema (6e) est bien trop molle. La sélection nippone est asphyxiée mais, grâce à Havenaar (16e) parvient à se créer une mini-occasion, sans danger pour les hommes de Didier Deschamps.

Hugo Lloris et ses coéquipiers ont la maîtrise des débats et, suite à un bon centre de Debuchy, un bel enchaînement de Benzema (24e) passe à côté de la cage adverse. Benzema (31e) est dans tous les bons coups, mais son nouveau coup d’éclat manque encore une fois le cadre. Jamais deux sans trois dit-on, et Benzema (39e) tente à nouveau sa chance. Son coup franc prend la direction du but, mais trouve les gants d’un Kawashima vigilant. Au retour des vestiaires, le Japon sort de sa torpeur. Et, sur un coup franc joué rapidement et pourtant a priori anodin, Lloris se met en difficulté et repousse non sans mal le tir lointain de Nakamura (53e). Les deux équipes se rendent coup pour coup dans un deuxième acte plus équilibré, mais ni Ribéry (72e) ni Havenaar (76e) ne parviennent à forcer la décision.

Et si Giroud (87e) est à deux doigts de marquer sur une frappe à l’entrée de la surface déviée parfaitement par le gardien japonais, ce sont les Nippons qui finissent par ouvrir la marque. Sur un contre, Kagawa et les siens remontent le ballon à vitesse grand V. Nagatomo est trouvé sur le côté droit, et son centre à ras de terre trouve Konno (88e) plein axe, qui marque sans difficulté. Score final 1-0 pour le Japon, coup de théâtre au Stade de France, pour des Bleus qui s’inclinent pour la première fois de leur histoire devant cette équipe. Difficile de faire pire préparation pour l’Espagne, vainqueur de son côté 4-0 en Biélorussie.

L’homme du match : Shinji Kagawa (7) : placé sur le côté gauche du secteur offensif nippon, le joueur de Manchester United n’a dans un premier temps pas eu le rendement qui peut être le sien lorsqu’il évolue en qualité de meneur de jeu. Malgré tout, cela n’a pas empêché celui qui arborait le numéro 10 de briller, grâce à sa vista et sa classe sans pareille. Une qualité technique clairement au-dessus du lot, qui lui a permis de conserver le cuir sans problème, et d’adresser quelques belles passes. Replacé en dix après la sortie de Nakamura, il a fait un malheur.

France :

- Lloris (4)  : il n’a rien eu à faire jusqu’à cette 53e minute et un ballon relâché sur une frappe molle de Nakamura. Une faute de mains qui aurait pu coûter cher au portier des Bleus. Du mieux par la suite sur deux sauvetages face aux attaquants japonais. Il ne peut rien sur le but japonais.

- Debuchy (5)  : une belle activité sur son côté droit et de nombreux déboulés en début de match. Il a baissé de niveau au fil des 45 premières minutes avant de s’effacer. Remplacé à la mi-temps par Christophe Jallet (4), qui a vécu une seconde mi-temps très compliquée tant il a pris le feu sur son côté droit par Inui et par Nagatomo.

- Koscielny (4,5)  : pas vraiment inquiété devant les offensives japonaises, le défenseur des Gunners est loin de dégager la sérénité nécessaire. Pas à son avantage sur les offrandes de Jeremy Menez, il a raté deux têtes faciles (3e, 7e). S’il joue face à l’Espagne, il devra hausser son niveau de jeu sous peine de vivre une soirée cauchemardesque.

- Sakho (6) : un match serein de la part du roc défensif du PSG. Présent dans les duels et à la récupération, Sakho a sauvé à plusieurs reprises quelques situations chaudes en fin de rencontre. Il a assurément marqué des points à 4 jours d’affronter l’Espagne et a été l’un des rares à surnager.

- Clichy (5) : trente premières minutes fantomatiques et du mieux par la suite. Pas vraiment dérangé devant le faible Sakai, le latéral gauche a pris confiance sur son côté et a beaucoup tenté, sans vraiment de succès malheureusement.

- Capoue (5) : un match discret et appliqué du milieu toulousain. Moins en verve que lors de ses dernières sorties avec les Bleus, il a ratissé de nombreux ballons devant un milieu de terrain japonais souvent dépassé par les événements. A sérieusement baissé de pied devant la vivacité japonaise en seconde période. Remplacé par Maxime Gonalons (68e).

- Sissoko (5) : de la présence athlétique et une puissance impressionnante de la part du milieu toulousain. Lorsqu’il décide de porter le ballon vers l’avant, Sissoko arrache tout sur son passage et a été à l’origine de belles combinaisons avec Karim Benzema en première période. Beaucoup moins incisif en fin de rencontre…

- Matuidi (6) : une grosse activité, beaucoup de dédoublement avec Benzema sur le côté gauche et quelques centres intéressants. Après 45 bonnes minutes, il a été remplacé par Clément Chantome à la mi-temps. Le Parisien tente beaucoup, mais semble quelque peu stressé par sa première sélection. Du coup, il n’a pas toujours fait les bons choix. Blessé, il a vécu des débuts en bleu compliqués et été remplacé par Bafé Gomis (75e), auteur d’un but refusé.

- Menez (6) : il a plus provoqué en 5 minutes avec les Bleus que durant les cinq derniers matches du PSG. Précieux sur corner, Menez n’a rien lâché durant la rencontre et a affiché une belle combativité. À noter toutefois sa propension à trop garder le ballon et à toujours vouloir trop en faire. Dommage. Remplacé par Franck Ribery (66e), auteur d’une très bonne entrée grâce à ses dribbles.

Giroud (4) : un jeu en pivot intéressant, mais de trop rares combinaisons avec Karim Benzema. Il n’a pas toujours fait les bons choix offensivement hormis sur une belle frappe repoussée par Kawashima (87e). Décevant.

- Benzema (5)  : placé sur son côté gauche, il a affiché beaucoup de disponibilité et a souvent cherché à combiner avec Sissoko, Matuidi ou Menez. En 45 minutes, il s’est créé plusieurs occasions de but mais a manqué de réussite. Tout d’abord sur une reprise qui passe largement à côté (24e), ensuite sur une frappe trop croisée (31e) et sur un coup franc bien repoussé par Kawashima (39e). Préserve pour le match face à l’Espagne, il a été remplacé par Mathieu Valbuena (5) à la mi-temps qui a apporté sa fougue et sa rage de vaincre sans toutefois se montrer dangereux.

Japon :

Kawashima (7) : ayant devant lui des défenseurs pour la plupart à la dérive, le gardien de but a vu les attaques tricolores se succéder. Et s’il a souvent été aidé par la maladresse des Bleus, loupant souvent le cadre en première période, le dernier rempart s’est distingué sur quelques coups, comme sur un bon coup franc de Benzema. Au retour des vestiaires, il a continué sur sa lancée et a pris feu, arrêtant tous les tirs français, de Ribéry ou bien encore Giroud.

Nagatomo (6) : le latéral de l’Inter Milan est censé être l’une des valeurs sûres de la sélection de Zaccheroni. Mais le défenseur n’a pas vraiment justifié ce statut dans le premier acte, en souffrance sur les offensives tricolores. Sa qualité technique lui a en revanche permis de se montrer nettement plus à l’aise lorsque son équipe avait le ballon. Revenu avec de meilleures intentions à la reprise, le Nerazzurro s’est mis en évidence, et a cassé la baraque en deuxième mi-temps, adressant même la passe décisive.

Konno (5) : comme tous ses coéquipiers du secteur défensif, l’arrière central a passé une soirée plutôt compliquée. S’il n’a pas été le pire de tous, le joueur n’a pas vraiment réalisé de grandes interventions, gêné au possible par ses vis-à-vis. Malgré tout, c’est lui qui inscrit le seul et unique but du match en toute fin de partie.

Yoshida (4) : pas vraiment aidé, il faut bien le dire, par un latéral droit aux abonnés absents ou presque, le défenseur central a souvent vu les attaquants français débouler dans son secteur. Du coup, le joueur a lui aussi été souvent pris à défaut.

Sakai (3,5) : ou comment prendre l’eau dans une partie. D’entrée de jeu, le latéral a eu bien du mal à contenir les assauts français venant de son côté. Et cela s’est poursuivi tout au long du match, chaque offensive tricolore le mettant en énormes difficultés. Plus à l’aise ballon au pied, les rares fois où il a pris son couloir.

Endo (5) : le milieu de terrain a, comme la plupart de ses coéquipiers à vocation plus défensive, eu du mal à exister dans cette partie. Gêné par ses adversaires, il n’a que rarement pris le dessus dans ses duels, peinant à jouer son rôle à plein régime. Malgré tout, ballon au pied, le joueur de 32 ans a su orienter plutôt intelligemment le jeu des siens, notamment au retour des vestiaires.

Hasebe (4) : le capitaine de la sélection nationale n’a pas vraiment donné l’exemple. Le récupérateur a éprouvé les pires difficultés dans l’entrejeu, souvent pris en vitesse et en puissance par les Français. La preuve en est avec une faute pour le moins grossière en première mi-temps devant un Ménez plus virevoltant. Remplacé par Hosogai (62e).

Kagawa (7) : voir ci-dessus.

Nakamura (6) : le maître à jouer japonais n’a pas à rougir de sa prestation. Si on l’a déjà connu meilleur par le passé, le redoutable tireur de coups de pied arrêtés s’est distingué sur quelques actions, grâce à sa bonne patte. Ce n’est pas Lloris qui dira le contraire, lui qui s’est quelque peu loupé sur une frappe lointaine du Nippon. Remplacé par Inui (62e) qui a mis le feu sur son côté gauche, Christophe Jallet peut en témoigner.

Kiyotake (5) : le moins en vue des milieux à vocation offensive de la sélection nippone. Il faut dire que rivaliser avec des joueurs tels que Kagawa et Nakamura n’est pas forcément chose aisée. Malgré tout, il s’est bien battu et a livré une belle bataille défensivement, se repliant avec application.

Havenaar (4,5) : seul en pointe, l’avant-centre n’a eu que très peu de ballons à se mettre sous la dent. Malgré tout, et s’il a parfois fait preuve de grande maladresse, le joueur d’origine néerlandaise a su se montrer dangereux sur certains coups, auteur d’une tête en première mi-temps et provoquant un vent de panique dans la défense en fin de partie. Remplacé par Takahashi (86e).