« La victoire m’a certainement fait beaucoup plus de mal psychologiquement que ma blessure. La Coupe du monde restera comme une étape noire de ma vie. J’aurais pu gagner la Coupe du monde, jusqu’à la fin de mes jours j’aurai cela en tête. Je ne peux pas me sentir champion du monde. C’est un sentiment étrange : je voulais qu’ils se qualifient mais en même temps, je voulais qu’ils perdent. C’est un côté égoïste mais c’est comme ça. Peut-être que certains vont se demander pourquoi mais c’était mon sentiment à ce moment-là ». Les propos de Laurent Koscielny dans un entretien accordé à Canal+, quelques semaines après le sacre des Bleus au Mondial, avaient beaucoup fait parler à l’époque.

Homme clé du groupe de Didier Deschamps lors des années précédentes, le joueur qui défendait alors les couleurs d’Arsenal avait raté ce grand rendez-vous en Russie à cause d’une grave blessure. Une rupture du tendon d’Achille en mai, quelques semaines avant le début de la compétition, est effectivement venue ruiner ses plans et l’empêcher de faire partie du voyage. Une absence pour le moins mal vécue par celui qui compte 51 sélections et qui retrouve des couleurs avec les Girondins de Bordeaux en Ligue 1 cette saison.

« Qu’on soit d’accord ou pas, ce n’est pas mon souci »

Dans un entretien accordé au journal l’Equipe ce samedi, il est revenu sur ses propos qui avaient fait polémique à l’époque : « ça s’estompe avec le temps mais les cicatrices, on les voit toujours. Pour moi, cette interview, c’était officialiser la fin de l’histoire. Qu’on soit d’accord ou pas, ce n’est pas mon souci. Je l’ai faite pour moi, pour me libérer de tout ça. C’était une manière de faire le deuil. Aujourd’hui, si on me parle de la Coupe du Monde, pas de soucis. J’ai même chambré les Parisiens Kylian Mbappé et Presnel Kimpembe le week-end dernier. Je n’ai aucune amertume, rien ».

« Je lui (Didier Deschamps, NDLR) avais envoyé un message pour lui expliquer que c’était une façon pour moi de tourner la page. J’ai beaucoup de respect pour lui. C’est lui qui m’a donné ma chance, qui m’a fait jouer énormément. C’est une super personne et un coach qui donne beaucoup de confiance. Si je le croise, il n’y aura pas de soucis », a-t-il ajouté. L’ancien des Gunners avait à l’époque, toujours dans cet entretien accordé à Canal+, avoir été déçu par le sélectionneur tricolore. Aujourd’hui, Laurent Koscielny semble plus apaisé et a, enfin, digéré ce titre remporté par ses anciens partenaires en sélection.